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La tuberculose a encore la peau dure

36.000 nouveaux cas recensés chaque année au Maroc

La tuberculose n’a pas disparu du Maroc. Son incidence atteint 91 malades sur 100.000 habitants, avec 36.000 nouveaux cas chaque année.

La 5ème campagne nationale de dépistage de la Tuberculose a été lancée, lundi 26 mars 2017 à Rabat, sous le thème «Ensemble pour un Maroc sans tuberculose» et ce dans le cadre de la célébration annuelle de la Journée mondiale de lutte contre cette maladie, qui coïncide avec le 24 mars de chaque année. Organisée en partenariat avec la Ligue Marocaine de Lutte Contre la Tuberculose, l’association SOS Tuberculose et Maladies Respiratoires, ainsi qu’avec d’autres ONG oeuvrant en la matière, cette manifestation vise à éradiquer cette pathologie, qui demeure un problème de santé publique non négligeable, au Maroc et partout dans le Monde, dont les déterminants sont essentiellement représentés par les conditions socio-économiques défavorables.

Gouvernance chaotique
Mais détrompons-nous! On est loin du compte. La tuberculose n’a pas disparu du Maroc. Son incidence atteint 91 malades sur 100.000 habitants, avec 36.000 nouveaux cas chaque année. Selon des chiffres dévoilés par le président de la Ligue Marocaine de Lutte Contre la Tuberculose (LMCT), Jamaleddine Bouzidi, les deux tiers des patients se concentrent dans les banlieues des grandes villes comme Casablanca, Fès, Salé et Tanger.

Les facteurs de vulnérabilité socio-économiques, notamment la pauvreté, la malnutrition et l’habitat insalubre, jouent un rôle important dans la propagation de cette maladie, qui demeure un sérieux problème de santé publique au Maroc, a affirmé, jeudi 22 mars 2018 à Fès, le ministre de la Santé, Anas Doukkali. Le nouveau ministre de la Santé a du pain sur la planche. Il a hérité d’une gouvernance chaotique de ce dossier. Car, de l’avis de Ali Lotfi, syndicaliste et président du Réseau marocain pour la défense du droit à la santé et du droit à la vie, «On est loin d’une approche globale intégrant les déterminants sociaux de la santé, le diagnostic précoce, l’administration de traitement efficace et suivi et contrôle pour éviter les abandons et la résistance aux antibiotiques, l’allocation des ressources suffisantes au programme». Le militant associatif et syndicaliste ajoute un détail important et fort inquiétant. «La tuberculose au Maroc touche la tranche d’âge entre 14 et 45 ans, soit la jeunesse de ce pays. Et la maladie est considérée par l’OMS et les Nations-Unies comme une maladie infectieuse grave classée parmi les objectifs du développement durable 2016-2030», s’alarme-t-il.

Le budget alloué par le ministère au dépistage et au soin de cette maladie a augmenté de 68% entre 2012 et 2017 ainsi que celui du soutien financier du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, qui a atteint 85 millions de dirhams entre 2012 et 2017, s’est-il réjoui, faisant savoir que la célébration de cette journée s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour atteindre les objectifs du développement durable et mettre fin à l’épidémie de la tuberculose à l’horizon 2030.

Affaire scandaleuse
Pas suffisant ou les moyens qui lui sont consacrés ne sont pas utilisés à bon escient, en tout cas l’affaire scandaleuse de l’hôpital Moulay Youssef, dépendant du CHU de Rabat, qui a demandé aux malades tuberculeux hospitalisés de payer les frais de diagnostic, traitement et hospitalisation malgré que le ministère de la Santé a mis en place un programme national de lutte contre cette maladie, basé sur le principe de la gratuité, a relancé le débat sur la gestion de ce dossier au niveau des hôpitaux publics. «Nous considérons que le comportement de la direction de cet hôpital vis-à-vis des patients est illégal. La direction du CHU devrait rendre à ces malades la totalité des sommes encaissées. L’hôpital vole les malades pauvres. Enfin, je crois que la stratégie nationale de lutte antituberculeuse n’est pas encore classée parmi les priorités de santé publique au Maroc », s’insurge Ali Lotfi.

Avec les conditions de saleté et d’insalubrité qui caractérise plusieurs quartiers de nos villes, l’inquiétude remonte d’un cran et la peur s’installe de voir renaître de ses cendres un fléau contagieux.

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