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Tsouli, histoire d’un cyberdjihadiste

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© Ph : DR

 

Terrorisme. Refoulé  par la Grande-Bretagne,  Younès Tsouli, le  “cyberdjihadiste” le plus  recherché de la planète au  milieu des années 2000,  a bien failli provoquer  une “mini-crise” entre  les autorités marocaines  et leurs homologues  britanniques.

Calme d’habitude si ce n’est  les querelles de voisinage  inhérentes à la vie de tous  les quartiers, le quartier de l’Agdal  à Rabat, un des plus cossus de la  capitale, a vécu une palpitante  journée, ce jeudi 21 mai 2015.  Héros de ce thriller à la sauce  hollywoodienne mêlant terrorisme,  piratage informatique et services  d’espionnage britanniques, le  dénommé Younès Tsouli.

Ce 21 mai 2015 donc, Tsouli,  trente-et-un an cette année 2015,  a failli enclencher une véritable  crise diplomatique entre le Maroc  et la Grande-Bretagne, bien que  l’affaire n’en soit encore qu’à  ses débuts et que le risque d’une  crise ne soit pas encore écarté. Les  autorités marocaines accusent  leurs homologues britanniques,  dans un communiqué du ministère  de l’Intérieur marocain, d’avoir  «refoulé» Tsouli sans les avoir averti  de «l’extrême dangerosité» de  l’intéressé, lequel vient de passer dix  ans en prison en Grande-Bretagne.  Pirate informatique, «hacker» dans  le jargon, proche de l’organisation  terroriste d’Al-Qaïda en Irak, filiale  de la nébuleuse éponyme dont il  fut un temps au plus fort de son «hacktivisme» l’un des principaux  promoteurs sur Internet, Tsouli était  considéré au milieu des années 2000  comme le «cyberdjihadiste» le plus  recherché de la planète. La Justice  britannique l’avait condamné en 2007  à seize ans d’emprisonnement, qu’il  n’a pas terminé de purger après avoir  été relâché.

Maltraitances et agressions
Quelques heures seulement après son  arrivée à la maison de ses parents, le  20 mai 2015 aux alentours de minuit,  Tsouli a commencé à menacer les  membres de sa famille, dont il n’avait  plus revu certains depuis son départ  pour la capitale de la Grande-Bretagne,  Londres, en 2001 pour poursuivre des  études en informatique. Passé de  suite à l’action, il met d’abord le feu  au domicile parental, avant de fuir  et d’atterrir dans un appartement  contigu, non loin de l’avenue Ibn  Sina. «Par hasard», l’appartement en  question se trouve être celui du consul  britannique, en voyage avec sa famille  au moment des faits. Treize heures de  négociations et l’intervention d’une  psychologue attachée à la préfecture  de Rabat plus tard, il se rend à la  police non sans avoir menacé les  policiers à l’arme blanche. Il révèle au  passage avoir subi des maltraitances  et des agressions sexuelles durant son  incarcération en Grande-Bretagne.  Une instruction judiciaire serait  ouverte et transmise à la justice  britannique si l’expertise médicale  venait à confirmer ces accusations,  annonce d’ores et déjà le ministère  de l’Intérieur.

Dans des déclarations au site web  d’information «Hespress», mardi 28  mai 2015, l’ambassadeur de Grande-  Bretagne, Clive Anderton, a nié que  les autorités britanniques n’aient  pas coordonné avec le Maroc le  refoulement de Tsouli, faisant état  de négociations «plusieurs mois  durant»

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