Dépêche
Accueil » Culture » Sortie en salles de Burnout, nouveau film de Noureddine Lekhmari

Sortie en salles de Burnout, nouveau film de Noureddine Lekhmari

Noureddine Lekhmari.

Le Maroc mis à nu

Où l’on voit comment le rire et le beau concourent à concilier dans notre subconscient de téléspectateur des pans de société totalement disparates, pauvres et riches, bons et mauvais.

Burnout, le dernier film en date de Lekhmari, sorti le mercredi 11 octobre 2017, met en avant, en avant même des acteurs, des acteurs comme Anas El Baz, Morjana Alaoui, Driss Roukhe et bien d’autres, les travers ou défis d’une société marocaine.

En avant des acteurs car on les verrait presque entraînés par leurs rôles. Alors, certains s’accrochent jusqu’à rendre au plus fin l’émotion prisée, puis d’autres, qui pour rompre avec la linéarité du film, s’y voient distanciés tantôt par un brin de fausseté, mais qu’est-ce le naturel, après tout? Tantôt par le recul du personnage devant la personne. Est-ce là le naturel? Et alors? Mais ces dérèglements, très relatifs et peut-être voulus par le réalisateur, n’entachent pas pour autant la rime générale du film, qui sonne plus d’une fois pour nous ramener au propos général: «une mise à nue d’un Maroc actuel». L’humour vient à ponctuer le tragique d’une société en prise avec ses démons; une société en phase d’une transmutation de valeurs peut-être, ballotée sûrement entre une mise-à-plat de ses problèmes, et ses tabous à jamais ressuscités. Un humour, non pas fade, mais fin, un humour mesuré et à propos, un véritable contrepoids d’une tragédie continue. Mais un autre facteur, tout aussi preneur, servit également de mesure, c’est cette capacité du réalisateur à rendre le beau au sein même du tragique, Nietzsche disait bien «Nous avons l’art pour ne point mourir de la vérité.»

Noureddine Le khmari a donc su mettre l’art au service du tragique, ne nous a pas écrasé, comme font d’autres, du seul poids du réel. Un réel retravaillé mais qui garde sa teneur une fois transvasé dans l’écran. On voit comment le rire et le beau concourent à concilier dans notre subconscient de téléspectateur des pans de société totalement disparates, pauvres et riches, bons et mauvais.

L’art au service du tragique
Le pivot de ce film était de rapprocher les destinées contraires afin de les désillusionner sur le sort de l’une l’autre, de mettre des tabous ou déviances à l’exercice d’un corps politique, ou prostitué, de celui d’un cireur ou d’un nanti, de les mêler au viol, comme à l’avortement, à l’impuissance comme à la débauche, bref, tout ce qui fait le sensible de l’époque, pour enfin voir comment ils démêleront cela à la manière de la mentalité courante. Le rendu est correct.

Pour ceux qui misent plus sur l’histoire d’un film que tout le reste, sans doute auraient- ils préféré que le film connaisse une intrigue plus ingénieuse, plus alambiquée. Une intrigue marquée d’un dénouement des plus inattendus, jusque-là, hélas! Ils continueront à se plaindre de la fin qui marque souvent un film marocain, une fin qui laisse cet arrière-goût de la chose inachevée.

Hicham Aboumerrouane

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !