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Sortie nationale du film « La moitié du ciel », de Abdelkader Lagtaâ

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Le dernier film du réalisateur  marocain Abdelkader Lagtaâ  est dans les salles du royaume  depuis le 9 septembre 2015. Il est  aujourd’hui soumis au jugement  du grand public après avoir été  sacré «Coup de Coeur» au Festival  international du film de Marrakech  et distingué au Festival national du  film de Tanger 2015, en obtenant  le Prix du Scénario et le Prix des  Ciné clubs, ainsi que dans le  Festival international du cinéma  méditerranéen de Tétouan, où il a  reçu le Prix des Droits de l’Homme.

Avec la «Moitié du ciel», le  réalisateur exorcise un vieux  démon qui le hante depuis les  années 70. Une période qui  correspond à ce qu’il est convenu  d’appeler les années de plomb, qui  constituent un pan de l’histoire du  Maroc marquée par l’oppression  et la violence contre les militants  démocrates. Pendant ces années,  Lagtaâ, qui se trouvait en Pologne  pour ses études de cinéma,  suivait avec un grand intérêt les  événements qui secouaient le  pays. En ces temps difficiles pour  les militants des droits de l’homme  et des valeurs de la démocratie,  l’arrestation du poète et activiste  Abdellatif Laâbi, alors directeur  de la revue contestataire Souffles,  marque particulièrement le  réalisateur. Le désir de porter à  l’écran une histoire qui revient sur  cette partie de l’histoire du Maroc  ne le quitte jamais. Avec son film  «La moitié du ciel» c’est un vieux  rêve qu’il réalise.

Un vieux rêve
L’idée du film commence à germer  dans sa tête quand il découvre, en  2011, le livre de Jocelyne Laâbi,  (épouse de Abdellatif Laâbi), La  liqueur d’Aloès, paru en 2005.  Lagtaâ prend, alors, contact  avec le couple Laâbi. Ensemble,  ils coécrivent le scénario, le film  prend forme, il ne restait plus au  réalisateur qu’à finaliser son oeuvre.  «“La moitié du ciel” n’est pas un  documentaire. C’est un film de  fiction», insiste Abdelkader Lagtaâ.  En effet, le film relate des faits qui se  sont réellement produits au Maroc  mais ils sont enveloppés dans une  fiction qui les éloigne de l’étiquette  documentaire. Le combat pour la  liberté et la dignité qui anime les  héros du film est raconté à travers  le regard d’une femme qui nous fait  vivre de l’extérieur la souffrance  des militants opprimés mais  surtout l’autre combat mené par  les épouses, les soeurs et les mères  des détenus.

Jocelyne, ainsi que toutes les  femmes qui se sont mobilisées pour la libération  des leurs ont joué un  rôle aussi important que celui des  détenus politiques.  Loin de tout misérabilisme, «La  moitié du ciel» s’éloigne de toute  volonté de régler ses comptes  avec l’Histoire. Sobre, presque  didactique, il raconte à travers le  récit de Jocelyne de petites histoires  qui constituent une partie de  la grande histoire du Maroc. Ce  film «grand public», porté par les  acteurs Sonia Okacha (Jocelyne),  Anas El baz (Abdellatif Laâbi),  Boutaina El Fekkak (Kenza), Marc  Samuel (Abraham Serfaty)… aurait  gagné à être réalisé en «darija»  marocain.

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