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Sortie en salles du film marocain “Khnifist R’mad”, de Sanaa Akroud

© Photo : DR

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Un air de déjà-vu

[quote font= »1″]Fiction. A l’affiche  depuis le mercredi 22  avril 2015, “Khnifist  R’mad”, premier film de  la scénariste, réalisatrice  et actrice Sanaa Akroud,  est un divertissement qui  «rend hommage au verbe  marocain».[/quote]

Il était une fois, à  «HmamtLaqssour», un royaume  imaginé de toutes pièces par la  scénariste Sanaa Akroud, un roi,  répondant au nom de Moulay El  Ghali, qui se trouve dans l’obligation  de convoler en justes noces, dans  le plus brefs délais pour avoir un  héritier. «Obligé», parce que cette  directive émane de sa mère qui veut  mettre fin à son célibat… C’est cette  fable que raconte le film de Sanaa  Akroud, scénariste, réalisatrice et  actrice du film «Khnifist R’mad»  actuellement dans les salles de  cinéma de Casablanca, Rabat,  Tanger, Fès et Tétouan.
Pour trouver la perle rare qui mérite  le coeur et surtout le rang de son fils,  la reine procède à un casting parmi  les filles du royaume et leur confie  une graine qu’elles doivent planter  et entourer de leur attention. Et pour  cause. Le jour J, elles seront jugées  non pas sur leur beauté et sur leurs  dons culinaires, mais sur la beauté  de la plante qu’aura donnée la  graine.

Affiche-khnifist-Rmad

L’affiche du film marocain “Khnifist R’mad”.

Le paquet sur les dialogues
Le temps que la plante pousse,  le prétendant a d’autres chats à  fouetter. Une jeune femme du  peuple, qu’il a eu la malchance  de croiser, un jour, alors qu’il se  promenait sur son cheval adoré, lui  donne du fil à retordre. Ce jour-là,  Nejma (Sanaa Akroud), qui n’a pas  reconnu son Roi (Amine Ennaji), lui  fait l’affront de voler sa monture pour  se venger de lui suite à l’humiliation  qu’il lui a, involontairement infligée.
Touché dans son orgueil, le roi  engage des représailles à l’encontre de cette inconnue, qu’il qualifie de  moche et d’insolente pour avoir osé  bafouer son autorité et qu’il baptise  aussitôt «Khnifist R’mad» (scarabée  des cendres).
Entouré de ses deux valets, aussi  ridicules qu’écervelés, il multiplie  les moyens pour la faire capituler.  Mais c’est sans compter avec la ruse  et l’intelligence de Nejma….
L’histoire continue tranquillement  entre ruses et tentatives de les  déjouer, le tout dans des dialogues  rythmés débités à un rythme  endiablé. On suit ces chassés-croisés  entre Nejma la futée et le roi et ses  acolytes, certes légers et amusants  grâce aux deux bouffons, mais on  finit par se lasser de ce dialogue  marathonien, qui maintient un  rythme qui devient, à la longue,  monotone et des péripéties qui  manquent de rebondissements et  de piquant. Les dernières minutes  du film paraissent longues et  interminables.
On imagine toute la recherche  effectuée par Sanaa Akroud en vue  de composer des dialogues aussi  beaux et percutants qui «rendent  hommage au verbe marocain»,  comme elle le précise elle-même.  Mais cet avantage finit par se  retourner contre elle quand le verbe  devient le personnage principal du  film en occultant d’autres éléments.  Par ailleurs, surexploité, la fable de  la femme espiègle et par trop rusée  qui se joue de l’intelligence des  hommes perd un peu de sa fraîcheur  et ne surprend plus. Un air de déjàvu  plane sur le film et lui donne des  allures de film télévisé.

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