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Six grandes écoles françaises s’implantent au Maroc

Les diplômes français se délocalisent au Maroc

École centrale, Essec Business School… de nombreuses écoles françaises ont créé des campus au Maroc. D’autres comme la prestigieuse École des mines et Paris Dauphine y manifestent un intérêt tout particulier.

Si aller en France peut paraître assez coûteux et inaccessible pour une certaine classe d’étudiants aux moyens peu conséquents, c’est la France qui se déplace désormais chez nous. Depuis quelques années, en effet, les grandes écoles françaises, parmi les plus prestigieuses, sont de plus en plus nombreuses à s’implanter dans le Royaume.

Le Maroc fait office, dorénavant, de hub stratégique pour la formation universitaire en Afrique. Une position renforcée par la récente réintégration du Maroc à l’Union africaine, après les multiples périples royaux dans le continent. Aux portes de l’Europe et de l’Afrique, le Maroc offre, assurément, de magnifiques opportunités d’implantation pour ces écoles de rêve dont le désir affiché est, notamment, de conquérir l’Afrique.

Après l’Ecole centrale de Casablanca, présentée pour être une sœur jumelle de l’école centrale de Paris, et l’Essec Business School, à Rabat, c’est au tour de nombreux autres établissements français de franchir le pas pour bientôt. Il s’agit, entre autres, de l’université Paris Dauphine et de la prestigieuse École des mines.

Au total, pas moins de six grands établissements français d’enseignement supérieur se sont installés dans notre pays, et d’autres y manifestent un intérêt tout particulier. Ces établissements accueillent actuellement quelque 500 étudiants. Un chiffre qui pourrait atteindre un rythme de croisière pour un nombre estimé entre 3.000 et 5.000 étudiants d’ici quelques années.

Hub africain
Cet engouement s’explique non seulement par la politique de proximité envers l’Afrique, mais également par la double culture arabo- africaine et francophone du Maroc. Dernier exemple en date, l’Essec, la célèbre Business School française, qui a ouvert, fin avril 2017, son campus universitaire africain et atlantique, dans la région de Rabat. L’inauguration avait été faite par Jean-Michel Blanquer, alors directeur général de l’Essec, avant d’être nommé ministre de l’Education nationale dans le gouvernement Macron. Pour le directeur de l’institut français du Maroc, Jean-Marc Berthon, «L’ambition est claire. Il s’agit de former des jeunes Marocains, naturellement, mais aussi des jeunes de tout le continent africain. Je pense à l’Essec, mais aussi à l’École Centrale, dont le tiers des étudiants dans son campus marocain viennent d’Afrique subsaharienne». Pour sa part, le directeur de la communication de l’Essec Business School Maroc, Yohann Etoré, explique: «Un de nos étudiants peut, par exemple, passer un an dans notre campus à Rabat, deux ans à Singapour, un semestre dans une école partenaire à Londres. Le campus marocain est exactement le même que celui de Paris ou de Singapour. Le diplôme est le même, le tarif, l’exigence».

A 20 km au nord de Rabat, à quelques encablures d’une célèbre plage de la région, se niche, dans un bâtiment flambant neuf à l’architecture épurée, le campus universitaire de l’Essec, entre un parcours de golf, l’académie de football du Paris Saint Germain et des villas de luxe.

Partenariat gagnant-gagnant
Porté financièrement par le groupe Addoha, ce complexe global se veut un nouvel espace de vie pour une certaine classe aisée de Marocains assoiffés de modernité et ambitieux pour leur progéniture. Intégrer l’Essec est assorti de frais de scolarité plus ou moins élevés: entre 6.000 et 12.000 euros annuellement. Des tarifs, selon les responsables de l’école, similaires à ceux pratiqués en France, mais qui ne sont guère plus élevés par rapport à une école privée marocaine réputée. En revanche, près de 20% des élèves pourront bénéficier de bourses.

Côté infrastructures, on parle d’un campus assez grand avec de hauts standards de qualité, semblables à ceux que l’on peut trouver en Europe. Ces implantations, il faut le dire, sont le résultat d’accords signés en 2012 au Maroc entre l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, et son homologue française d’alors, Geneviève Fioraso, en 2012.

Ces délocalisations académiques ont été fortement encouragées par les deux Etats dès 2012, et le sujet a été entériné en 2013, durant la visite de l’ex-président français, François Hollande, dans le Royaume. Pour les spécialistes, français comme marocains, les deux pays y voient un partenariat «gagnant- gagnant»: le Maroc y gagne parce qu’il améliore et agrandit l’offre de formation supérieure pour ses propres étudiants, et se positionne dans la géographie universitaire internationale comme un hub, alors qu’il est un pays sûr dans un environnement régional assez tourmenté et bénéficie de sa proximité avec l’Europe.

Pour sa part, la France est également gagnante dans ce deal universitaire stratégique puisque ses grands établissements vont scolariser plus d’étudiants et accroître, par conséquent, leur rayonnement international. Pour les étudiants comme pour leurs parents, étudier dans les plus grandes écoles françaises tout en restant au Maroc offre de nombreux avantages compétitifs: des frais en moins, notamment ceux relatifs au logement, au transport et à la nourriture. S’ajoute à cela la proximité des enfants avec leurs parents, ce qui peut éviter aux premiers certains risques éventuels de solitude et parfois de dérapages comportementaux liés à la période de la jeunesse.

Tout le monde y trouve alors son compte pourvu que le système français, délocalisé au Maroc, offre exactement la même qualité d’enseignement qu’en France. Ce qui peut sembler, apparemment, difficile à garantir.

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