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La situation plus que difficile des classes moyennes, confrontées à des prix élevés du logement moyen standing

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Rien n’est encore réglé

Les ménages à revenu intermédiaire sont contraints de consacrer une part démesurée de leurs moyens au logement. Ils ont de plus en plus de mal à devenir propriétaires.

Le marché du logement moyen standing semble, d’une année à l’autre, donner des signes de léthargie grave, pour cause de prix à la vente de plus en plus inaccessibles pour une grande partie de ce qu’on appelle les classes moyennes. À part pour une certaine catégorie limitée d’offres, comme celle d’Al Omrane, qui propose des appartements dont le prix du mètre carré peut, dans certains cas, varier entre 6.000 et 6.500 dirhams, rares en sont les acquéreurs qu’on peut facilement répertorier parmi les catégories de la population à revenus intermédiaires. Catégories dont les difficultés à faire face à la cherté de la vie sont de plus en plus importantes.

Elles sont contraints de consacrer une part démesurée de leurs revenus au logement. Et ont de plus en plus de mal à devenir propriétaires. Surtout lorsque l’on sait que la production libre des opérateurs privés présentée comme moyen standing est très loin de correspondre aux attentes de la demande en matière de prix. En effet, les biens proposés sur le segment intermédiaire dépassent souvent le million de dirhams. Très mince est le pourcentage des demandeurs -estimés à 4%, selon une récente enquête du ministère de l’Habitat sur la demande de logement- qui seraient en mesure de payer un tel prix.

Reste le dispositif pensé par les pouvoirs publics pour satisfaire les besoins des ménages à revenu intermédiaire. Or, ce dispositif est très loin d’avoir réalisé les objectifs qui lui ont été fixés depuis la loi de finances 2013. Le ministre de l’Habitat d’alors, Nabil Benabdallah, avait estimé que, pour répondre correctement aux besoins de la classe moyenne, 20.000 logements dédiés à cette cible devaient arriver chaque année sur le marché. Depuis 2012, ce sont donc 100.000 unités qui étaient supposées être livrées. Or, selon certains observateurs avertis, «en comparaison avec les achèvements effectifs et même en rajoutant les logements en chantier, on en est à peine à 2% de l’objectif».

Des maux structurels
De plus, ce dispositif semble faire du surplace dans la mesure où la loi de finances 2018 ne donne aucun signe de relance du secteur de l’immobilier destiné aux classes moyennes. Les opérateurs du secteur en sont plus que déçus par le ministère des finances, qui avance moult arguments pour retarder toute mesure de relance de l’immobilier. En cause, les maux structurels du secteur. À commencer par la persistance de l’opacité du marché foncier et la rétention des terrains urbains, d’où un accès inéquitable et une valorisation non optimale de l’assiette foncière urbanisable. Sans oublier le manque de convergence des actions publiques, notamment dans les nouvelles villes et zones d’urbanisation.

En plus, selon le département de Boussaïd, si tout nouveau dispositif incitatif il y a, il ne doit pas oublier de profiter à l’ensemble des régions du Royaume. Face à cette situation, il ne reste plus alors aux promoteurs immobiliers que de continuer à préférer le logement social, notamment, pour ses incitations fiscales, ou le très haut standing, pour ses marges bénéficiaires

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