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SIAM : un événement d’envergure nationale et internationale

La chaleur est étouffante ce mardi 18  avril 2017 dans la ville de Meknès,  où s’ouvre la douzième édition du  Salon international de l’agriculture  au Maroc (SIAM). A l’extérieur des  tentes abritant les stands des participants, pas  un chat ne point à l’horizon. Peut-être est-ce  les chiens des forces de l’ordre, qui veillent au  grain à sécuriser les lieux, qui les ont fait fuir.  Les restaurants de circonstance et les petites  cabines servant de kiosques écoulent comme  des petits pains leurs stocks d’eau en bouteille,  de jus et de sodas. Suant à grosses gouttes,  d’aucuns aimeraient bien piquer un plongeon  dans le bassin de l’Agdal, à la lisière duquel le  salon a pris ses quartiers. On croirait le jour du  jugement dernier arrivé. “Pourtant, les précédents  jours, il faisait assez frais”, nous apprend  un confrère d’un hebdomadaire régional, qui,  bien que grand fumeur, hésite à s’aventurer en  dehors du si bien climatisé centre de presse  pour s’en griller une de temps à autre.

C’est dire si ce n’était pas vraiment manquer  au protocole que de couvrir la (très large) tournée  des stands du président guinéen, Alpha  Condé, et du ministre de l’Agriculture, Aziz  Akhannouch, en tee-shirts et shorts. Les deux  hommes, déjà présents la veille à Meknès  pour les Assises nationales de l’agriculture,  ont pendant plusieurs heures sillonné le salon,  dont ils n’ont perdu presque aucune miette.  L’espace couvre pourtant quelque 172.000 m2,  dont 90.000 m2 réservés aux 1.230 exposants  présents à l’édition de l’année (un record). Pas  de quoi les échauder, pour autant: jusqu’au  bout, ils ont semblé très attentifs aux explications  de leurs différents interlocuteurs. De  temps à autre, ils ont même pris la parole pour  demander davantage de détails.

Un passionné d’agriculture
“M. Akhannouch est un vrai passionné d’agriculture,  nous a confié une responsable de communication  présente au SIAM et qui à maintes  reprises a eu directement à collaborer avec le  ministre de l’Agriculture. Ce n’est pas pour rien  que le Roi lui fait confiance pour diriger un département  aussi stratégique. C’est quelqu’un  qui prend très au sérieux ce qu’il fait.” Même  son de cloche du côté de M. Laname Nayante,  directeur technique de l’entreprise togolaise  Calafi, spécialisée notamment dans l’agro-industrie. “MM. Condé et Akhannouch ont été  d’une grande écoute”, nous a-t-il déclaré.  M. Nayante est arrivé directement de la capitale  du Togo, Lomé, pour explorer de nouvelles  opportunités d’affaires au nom de Calafi. C’est  la première fois que son pays prend part au  SIAM. “Nous venons à peine (deux ans auparavant,  ndlr) d’inaugurer une ambassade au  Maroc et c’était un peu difficile pour nous avant  de participer”, nous a-t-il expliqué.

Commerce florissant
Tenu à ses côtés, l’assistant économique de  l’ambassade du Togo dans la capitale, Rabat,  Abayili Kokouvi W. Abassah, nous a indiqué  qu’il y avait matière à un florissant commerce  entre son pays et le Maroc, d’autant plus que  le Royaume avait formulé une demande officielle,  en février 2017, pour rallier la Communauté  économique des États de l’Afrique  de l’Ouest (Cedeao). L’agriculture et spécialement  l’agrobusiness, thématique de la douzième  édition du SIAM, figurent au premier  chef. “Beaucoup de Marocains ne savent par  exemple pas qu’ils pourraient se procurer du  bon café à moindre prix au Togo, du fait que le  transport maritime entre nos deux pays dure à  peine deux semaines, nous expose-t-il. Nous  produisons également du soja, du sorgho, du  maïs, de l’anacarde, etc. Dans le sens inverse,  le Maroc dispose aussi de nombreux atouts,  qu’il peut user à bon escient pour pénétrer le  marché togolais.”

Hormis le Togo, 65 pays ont également pris  part au SIAM. Parmi eux, l’Italie, invitée d’honneur  en raison de son statut de leader mondial  au plan agricole et dont le ministre des Politiques  agricoles, Maurizio Martina, a spécialement  fait le déplacement à Meknès pour assister  et aux Assises nationales de l’agriculture  et au salon. La Botte a compté 52 exposants  dont certains opèrent déjà au Maroc, à l’instar  d’Agricow. Cette société spécialisée dans  les équipements et les accessoires destinés à  l’élevage de vaches a pris pied au Royaume  en janvier 2017 et compte de nombreux clients  nationaux. Sa directrice des ventes, Michaela  Rossi, considère le Maroc comme une terre  d’opportunité dans le domaine agricole. “De  tous les pays africains, le vôtre est à mon sens  le mieux outillé pour donner lieu à un véritable agrobusiness, nous affirme-t-elle. En tant que  marché, il est impossible de faire l’impasse sur  lui.”

Pour le directeur général de l’Agence italienne  pour le commerce extérieur (ICE), Piergiorgio  Borgogelli, la production de son pays est de  nature à valoriser davantage, à l’aune du Plan  Maroc Vert (PMV), sa vis-à-vis marocaine.

Symbole pour l’Afrique
“En particulier je mentionnerai que les efforts  conjoints de nos deux pays ont permis (…) la  réalisation d’un centre technologique italo-marocain  pour la transformation des viandes  rouges à Meknès, qui est équipé d’une vingtaine  de machines italiennes”, cite-t-il notamment.

Comme à l’accoutumée, le SIAM a été organisé  en plusieurs pôles, à savoir en l’occurrence  les régions, les sponsors et les institutionnels,  l’international, les produits, l’agro-fourniture, la  nature et la vie, les produits du terroir, l’élevage  et le machinisme. Ces pôles sont censés représenter  les différentes parties prenantes de  l’agriculture nationale et refléter ses multiples  facettes. En termes de qualité, les produits  exposés seraient au top, d’après M. Akhannouch:  ils font même, d’après lui, la fierté du  Maroc. “[Ces produits] nous rassurent sur  l’avenir de notre agriculture”, a-t-il affirmé aux  médias présents en marge de l’ouverture du  salon. “C’est avec plaisir que je constate les  progrès accomplis par le Maroc depuis l’adoption  du PMV qui constitue un grand symbole  pour l’Afrique”, avait, pour sa part, déclaré M.  Condé aux Assises nationales de l’agriculture.

Jusqu’au dimanche 23 avril 2017, date prévue  de la clôture, un million de personnes devaient  se rendre au SIAM. C’est la première fois  qu’une telle barre est avancée par les organisateurs,  à savoir le ministère de l’Agriculture.  D’année en année, le SIAM se place pour ainsi  dire comme un rendez-vous agricole d’envergure  non seulement nationale mais aussi,  comme l’indique son nom, internationale

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