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« Sexualité et célibat au Maroc » de Sanaa El Aji

L’hymen, garant d’un idéal puritain

Une sexualité sacrifiée sur l’autel de la société marocaine. Elle en fait autre chose: un reste de sexualité. C’est que quand le couperet moral tombe, le reste suit.

Un live fouillé mais à répétition… fouillé pour garantir son élément sociologique. C’est là l’affaire. Etre au-delà de la restitution des témoignages qui ne valent, au plus, que par leurs témoins. Une quête fouineuse qui fait vite de schématiser la genèse de la sexualité au Maroc. Sexualité et célibat au Maroc, de Sanaa El Aji, est un mal qui se veut écrit et patient. La femme est ici glosée, car tout pèserait sur elle. La femme comme marqueur d’une sexualité qui ne va pas. Une lecture qui ferait peut-être des convertis. Car l’on peut être porté à faire sienne cette vieille rengaine: Si L’homme veut dompter la femme, c’est qu’en elle dorlote son désir le plus fou, le Sex.

Prévision à part, la femme, ici, est faiseuse de sexualité, c’est juste si on ne l’écrit pas. Elle est dans le viseur de nombre de Marocains qui la veulent dépositaire de la moralité publique. Vient corroborer ce caprice une répartition genrée qui fait la petite éducation. Pour la femme, on distille pudeur. Pour l’homme, une misogynie peut-être? Ce qui traduirait sur le tard cette appropriation malvenue de la femme. Pas une femme, pas deux, dit cohabiter avec ce sentiment étrange: ne plus s’appartenir. La femme comme diable de tout. Un livre donc qui entérine cette vérité nietzschéenne qui dit si bien: «Il n’y a pas de phénomènes moraux mais une interprétation morale des phénomènes» Tout est là. Une interprétation qui ne pousse pas que dans les têtes masculines, mais féminines aussi. Selon, le livre, beaucoup de femmes versent dans la culpabilité. La leur. Laquelle? précipiter la dégradation des moeurs.

L’éducation, puis le dieu social ont fini par prendre. Le dieu social est ici à propos, car le livre ne laisse pas de dire que la culture est meilleure maîtresse que la religion. Pour faire vite, parlons hymen. L’hymen, comme garant d’un idéal puritain est ce qui prévaut socialement. A bas les autres interdits, comme celui faisant trembler le trône de dieu même, si l’hymen n’est pas touché. Un puritanisme qui viserait son prochain plutôt que son dieu.

Un masochisme féminin…
Le psyché collectif en rajoute. Pour l’homme, viril est celui qui multiplie les conquêtes. Encore mieux, il doit avoir eu l’expérience de la chair avant l’union sacrée, et nombre de femmes l’attestent. Parlant de la sacralité de l’union, le livre traduit cette fois la suprématie de la loi divine sur celle temporelle. Oui, le mariage à la Fatiha sévit toujours. Le légal pèse peu dans la tête de certains. Une brèche qui encourage les hyperactifs à multiplier les concubines (aux yeux de la loi) ou le mariage des mineurs. Une hyperactivité que nombre de femmes attestent aussi, selon que l’homme serait par nature plus désireux que la femme. Il est ainsi invité à déraper, et à volonté. Certaines femmes seraient-elles masochistes au point d’être elles-mêmes misogynes? Ou serait-ton misogyne à le penser ainsi, nous, hommes?.

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