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Au secours, il veut revenir

Driss Fahli

Les mandats ne doivent plus être renouvelés ad vitam Aeternam.

Du temps où le mot politique avait une autre consonance et où l’on n’avait pas besoin de mentir aux électeurs parce qu’il y en n’avait pas, «La politique était l’art du mensonge». Une citation que l’on attribue aujourd’hui à juste ou fausse raison à Voltaire. Depuis le 18ème siècle, cette assertion a traversé vaille que vaille les siècles pour s’imposer aujourd’hui comme une vérité de fait. Elle a même tendance à se transformer pour devenir «la politique est l’art d’arnaquer le peuple».

Ainsi, on apprend à l’issue de la session extraordinaire du Conseil National du PJD relatif à la préparation du 8ème congrès national de ce parti, que celui-ci est préoccupé par «les indices négatifs qui pèsent sur le processus démocratique» et par «l’affaiblissement des partis et du rôle des instances parlementaires». Aussi, pour ce qui est des manifestations d’Al Hoceima, le Conseil du parti a trouvé, après un débat que je suppose éclairé, que la cause principale des protestations du Rif n’est autre que la vente des illusions et des promesses pipées aux électeurs de la région. Cette arnaque électorale aurait provoqué une perte de confiance dans les partis politiques et dans les instances représentatives.

En lisant les 6 points du communiqué du Conseil, je me suis posé la question du même processus démocratique au sein du PJD eu regard aux multiples tentatives de prolongation de la durée de la vie politique du Secrétaire Général Benkirane. Vouloir bricoler les statuts du parti pour faire vivre un Secrétaire Général blessé et en fin de parcours ne fait pas du Conseil, ni du parti, des chantres de la démocratie. Ma deuxième question a été relative à la responsabilité originelle du fiasco d’Al Hoceima.

C’est le PJD qui était à la tête du gouvernement durant la léthargie des projets de la région. C’est la guerre PJD-PAM et la détestation d’El Omary par Benkirane qui étaient, entre autres, deux raisons du retard au lancement de ces projets. C’est l’incapacité de Benkirane à constituer dans les temps impartis un nouveau gouvernement qui a provoqué la pagaille dans les instances. Ma troisième question est relative aux illusions vendues aux électeurs. Qui avait promis avec force parlotte de lutter contre la corruption et qui ne l’a pas fait? Qui avait promis aux électeurs un taux de croissance irrationnel de 7%? Qui s’était engagé à réduire le chômage structurel du pays? Qui voulait contre toute logique augmenter le SMIG à 3000 dh? Qui avait laissé entrevoir un dialogue social fluide et fructueux pour l’anéantir ensuite?

Autant de questions qui concernent la vente des illusions aux électeurs qui n’ont qu’une seule réponse: Benkirane et le PJD. Maintenant que ce dernier a apprécié le goût du pouvoir concédé, de la lumière des projecteurs et des faux salamalecs, il tente de revenir pour une revanche. Ce n’est pas lui qui le veut, tenons-nous bien, c’est, dit-il, le peuple qui le demande. De quel peuple s’agitt- il? Des peuplades entières, à l’intérieur même de son parti, broient du noir rien qu’à l’idée de son retour aux affaires. De vocation, la politique ne doit pas se transformer en métier. Les mandats ne doivent plus être renouvelés ad vitam aeternam au risque de créer une «mare stagnante de zaïms impotents». Merci Mr Benkirane pour ce moment passé, maintenant il faut forger pour gagner sa croûte.

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