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Satisfecit de Horst Köhler

Horst Köhler lors de sa tournée au Sahara marocain.

Visite de l’émissaire de l’ONU au Sahara marocain à Laâyoune

L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU au Sahara devra taper du poing sur la table pour aider à trouver une solution définitive au conflit dans la région.

Il aura fallu 1.711 jours et la visite de quatre jours que Christopher Ross avait effectuée en octobre 2013 au Sahara marocain pour revoir un envoyé personnel du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) dans les provinces du Sud du Royaume. Ayant des relations plus apaisées avec les autorités marocaines que son prédécesseur, interdit d’aller bourlinguer au sud de la ville de Tarfaya, à l’ex-frontière avec le Sahara espagnol, à partir de novembre 2015 et qui s’était même vu retirer par Rabat sa confiance en mai 2012 en raison de sa partialité envers la junte algérienne, Horst Köhler se trouvait du jeudi 28 juin au dimanche 1er juillet 2018 entre Laâyoune, Smara et Dakhla; avant-dernières étapes de sa tournée au Maghreb, sa deuxième du genre après celle d’octobre 2017, avant de se rendre dans les camps de Tindouf, en Algérie, pour y rencontrer le commandement du mouvement séparatiste du Front Polisario.

Relations plus apaisées
Une visite où l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) et ancien président allemand a pu, à sa guise, rencontrer les différents acteurs de la société civile locale avec qui il souhaitait échanger, qu’ils soient unionistes ou séparatistes. L’occasion aussi, pour les autorités marocaines, de montrer au concerné le développement connu par le Sahara marocain, où elles engagent une cassette de 77 milliards de dirhams d’ici 2025 dans le cadre du nouveau modèle de développement de la région concocté par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et lancé par S.M le Roi Mohammed VI en novembre 2015. Il faut dire que l’Algérie et ses nervis du Polisario, en butte à une série d’échecs diplomatiques face au Maroc sur la scène internationale -la voisine de l’Est est directement désignée depuis deux ans par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) comme partie prenante au conflit du Sahara marocain-, cherchent à instrumentaliser différentes questions, notamment celles de l’exploitation des ressources des provinces sahariennes au détriment des populations locales, pour essayer de gagner quelques malheureux points.

Progrès et développement
Ils tentent ainsi, depuis un peu plus d’une année, d’attaquer le Royaume auprès de juridictions étrangères dès lors que ces ressources y transitent, comme c’est arrivé au Panama et en Afrique du Sud avec du phosphate extrait dans les mines de Boukraâ par le groupe OCP. Cependant que S.M le Roi Mohammed VI avait clairement exposé, dans son discours de la Marche verte de novembre 2014, comment pour chaque dirham gagné, sept étaient aussitôt investis pour assurer le développement de la région concernée.

«Assez de mystification sur une prétendue exploitation par le Maroc des richesses de la région!, » avait-il martelé. Dans une déclaration donnée aux médias à l’issue de sa visite, M. Köhler s’est d’ailleurs félicité des progrès et du développement réalisés au Sahara marocain, notamment sur les plans économique et social. Il a noté que le règlement définitif du conflit dans la région permettra de drainer davantage d’investissements et de créer des postes d’emploi, notamment pour les jeunes. M. Köhler a également pu visiter les sièges des Commissions régionales des droits de l’Homme (CRDH) à Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla- Oued Ed Dahab, où il a pu prendre connaissance des avancées qui y ont été réalisées en matière de promotion et de protection des droits humains, alors même que la question fait partie des thématiques que l’Algérie cherche à exploiter pour embêter le Maroc. L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU s’est dit, à l’issue de sa visite, «satisfait [d’avoir] rencontré de nombreuses personnes et visité différents endroits», reconnaissant avoir «approfondi sa compréhension du dossier ». Il a considéré comme étant fructueuses les différentes rencontres qu’il a tenues. Cependant, beaucoup mettent en doute l’impact de cette visite sur le futur des négociations entre le Maroc et le Polisario, en l’astreignant à un déplacement plus symbolique qu’autre chose.

En effet, depuis sa prise de fonction en août 2017, M. Köhler semble tergiverser, ne donnant pas vraiment l’impression de savoir par quel bout prendre le problème, sachant que celui-ci est clair et qu’il n’implique que deux parties, à savoir le Maroc et l’Algérie, comme l’avait souligné S.M. le Roi Mohammed VI dans sa lettre au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, le 4 avril 2018.

Un impact incertain
Or, on avait l’émissaire onusien multipliant les contacts à tout-va, en allant même jusqu’à rencontrer, le 6 mars 2018 à Stockholm,… la ministre des Affaires étrangères suédoise, Margott Walström! On se demande bien ce qu’elle peut bien apporter au règlement du conflit. À la décharge de M. Köhler cependant de vouloir trouver une solution basée sur le principe de «réalisme et de compromis», comme il y avait appelé dans son dernier rapport à l’adresse du Conseil de sécurité. On imagine mal cela ne pas passer par l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie pour le Sahara marocain, que S.M. le Roi Mohammed VI a à plusieurs reprises désigné comme le seul horizon possible pour la résolution du conflit. Les actes ne suivent cependant toujours pas. Le manque de clarté dans les paramètres de négociation est d’ailleurs en partie derrière le boycott par le Maroc du round que voulait inaugurer le 25 janvier 2018 à Berlin M. Köhler, auquel seulement l’Algérie et le Polisario s’étaient présentés.

Les représentants des autorités marocaines avaient bien fini par prendre langue avec l’envoyé personnel de M. Guterres le 6 mars à Lisbonne, capitale du Portugal, mais seuls. Le diplomate allemand devra certainement taper du poing pour qu’il puisse véritablement jouer le rôle de facilitateur que lui a dévolu l’ONU.

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