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Samira Yassni en charge des droits de l’Homme auprès de l’Union africaine

Un besoin d’association

Après la politique de la chaise vide, le Maroc se repositionne au niveau associatif africain. Un précieux appoint de la diplomatie officielle. Encore faut-il assurer un minimum d’accompagnement pour les associations les plus actives. La vérité sur la question du Sahara marocain est à ce prix.

La désignation de cadres marocains à la tête d’organismes continentaux ou internationaux continue de surprendre. Les données du problème sont toutes simples: nous y étions très faiblement représentés, quels que soient les indicateurs de référence. Aujourd’hui, ce déséquilibre semble être sur la voie d’un rattrapage laborieux, certes, mais néanmoins réel, depuis peu.

Un dernier fait milite en faveur de cette tendance. L’élection de Samira Yassni, le 11 juin 2018, «Représentante permanente du parlement de la société civile africaine» (PASOCI), auprès de la Commission de l’Union africaine des droits de l’Homme et des peuples. Cette décision a eu lieu lors d’une réunion extraordinaire du Comité exécutif du Parlement de la Société Civile Africaine, à Lomé, au Togo. La dénomination paraît fastidieuse, voire peu engageante, surtout lorsqu’on se réfère à des structures africaines qui brillent plus par leurs cartes de visite que par leur opérationalité effective face aux problèmes du continent et du monde.

Il semble que la leçon ait été retenue au niveau africain. Désormais, on s’organise et on se parle à partir de questions suffisamment définies et des solutions praticables à y apporter. C’est dans ce nouvel état d’esprit que la désignation de Samira Yassni prend toute sa valeur. D’autant plus que le poste est stratégique à plus d’un titre pour le Maroc. Mme Yassni pourra, à ce titre, assister à tous les débats où il est question de droit de l’Homme. Un vaste champ d’actions potentielles où nous n’avons pas été suffisamment actifs, jusqu’ici.

Un apport précieux
Samira Yassni part du principe que la question du Sahara concerne tous les Marocains. Elle ne peut être réduite à la seule activité diplomatique des institutions étatiques. Le mouvement associatif devrait être d’un apport précieux pour la sensibilisation à ce dossier national, dans différents cercles et forums internationaux. Il faut reconnaître qu’à ce niveau, il y a toujours eu un déficit, un manque à gagner en présence et en audience. C’est d’autant plus regrettable que ce conflit se joue exclusivement sur la scène internationale avec ses ramifications officielles et officieuses.

Mme Yassni ne fait pas dans les généralités politiques qui sont du ressort des organismes gouvernementaux. Elle fait la part des obligations des circuits officiels et des convictions de type ONG. À écouter Mme Yassni parler de son activité, on croirait qu’elle n’est que la partie émergée d’une structure étoffée. Rien n’est moins vrai. Son «équipe» se compose de deux personnes, pas plus; encore faut-il qu’elles soient disponibles. Et pourtant, son travail constitue un prolongement précieux des actes officiels. Une manière d’incarner autrement et à partir d’autres tribunes la marocanité du Sahara.

C’est dans ce cadre que la nomination de Mme Yassni à cette fonction ne peut qu’interpeller les instances nationales directement concernées. Il est donc urgent de mettre en place des canaux de communication et de coordination nécessaires pour une optimisation de l’action associative telle qu’elle est conduite par Mme Yassni. Les séquestrés de Tindouf se sentiraient un peu moins oubliés.

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