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La Samir cherche repreneur désespérément

Les salariés de la raffinerie risquent de ne pas percevoir leurs indemnités

Cela fait deux ans et demi que le Samir, l’unique raffinerie du Royaume, cherche désespérément racheteur après la décision de sa liquidation. La crise financière s’envenime avec la question des indemnités du personnel.

Le sort de la raffinerie demeure la grande inconnue. L’étude des dossiers des racheteurs potentiels a été reportée du 27 novembre au 11 décembre 2017, par Abderrafii Bouhamria, juge commissaire, et Mohamed Elkrimi, syndic de la Samir, désignés par le tribunal de commerce de Casablanca. Ces derniers exigent le dépôt d’une caution de 10% du montant global du potentiel de rachat de la Samir. C’est peut-être là une condition qui, rajoutée aux 44 milliards de dirhams de dettes cumulées, donne à réfléchir aux investisseurs.

Pour l’heure, aucune information ne filtre sur l’identité des sociétés ayant fait des offres de rachat de la raffinerie dont la liquidation judiciaire a été, pour rappel, confirmée par la Cour d’appel de Casablanca, en juin 2015.

Un dossier épineux qui ne cesse de créer des mauvaises surprises. Le Front syndical constitué de salariés de la Samir, syndicats, forces politiques et associations locales de Mohammedia, a organisé, samedi 25 novembre 2017 à Mohammedia, une marche de protestation pour appeler les pouvoirs publics à sauver la raffinerie. Il propose que l’État participerait au capital de la Samir en convertissant en actions la dette de l’État, premier créancier de la Samir, via les créances de la douane, estimées à 13,5 milliards DH.

D’après Belahcen Abdelatif, coordinateur du front de suivi, l’État a une responsabilité morale dans ce dossier. Une autre option propose la nationalisation de la Samir. Cette solution constitue un retour aux sources dans la mesure où la Samir était nationalisée avant sa session en 1997 à la société suédoise Corral Morocco Holdings AB. Puis, en 2006, le groupe Corral Morocco Gas and Oil AB, contrôlé par la société Moroncha Holdings Co. Limited, détenue à 100% par le Cheikh Mohammed Hussein Al Amoudi, le milliardaire saoudien aujourd’hui poursuivi pour corruption en Arabie Saoudite, a racheté 67% de la Samir. Puis, soudainement, le richissime Saoudien, âgé de 69 ans, a décidé la cessation d’activité de la raffinerie, croulant sous les dettes, le 5 août 2015, sans préavis.

Chantage saoudien
La situation est tellement critique que le gouvernement a convoqué l’actionnaire majoritaire pour justifier la cessation d’activité de façon unilatérale. La réunion débouche sur une impasse. L’homme d’affaires saoudien s’est lancé dans une partie de chantage, vu la sensibilité de l’affaire: la Samir emploie 1.000 salariés et doit de grandes sommes d’argent à l’Etat et à ses fournisseurs. Il a voulu jouer la carte de principal approvisionneur. La Samir étant le seul raffineur du pays, et détenant à ce titre plus de 65% de parts de marché. Ça n’a pas marché. Les distributeurs étaient habitués à importer parce que tout bonnement les prix de la Samir sont chers.

Il restait le dossier des salariés qui continuent de toucher une indemnité dérisoire comparée à leurs salaires gonflés autrefois par les primes. Seulement, les salaires basiques qu’ils perçoivent risquent de ne plus leur être versés vu que le compte de la société ne pourrait plus tenir d’ici 4 mois maximum

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