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Samia Akariou, Une tête bien faite

Une self-made-woman qui s’est faite un nom au théâtre comme au cinéma. Quoique l’actrice ait une prédilection pour le théâtre.

C’est une tête bien faite comme on dit. Ou une Akariou bien faite. Car Akariou n’est autre que tête, et tête n’est autre qu’Akariou. Ainsi l’a voulu le berbère. Quoiqu’on lui accole plutôt son accent du nord… N’empêche, on peut toujours tenter le nord et dire que la tête de l’actrice le garde si bien, ne le perd qu’à l’occasion: quand le veut le rôle. Une tête boulimique de travail. On lui attribuerait sans risquer le vrai, cette phrase de Brel: «Le talent c’est d’avoir l’envie de faire quelque chose, le reste c’est du travail, c’est de la sueur».
Née à Chaouen en 1972, dans une famille touchée par l’art, c’est du chant qu’elle fut d’abord éprise. Un démon qu’elle garde toujours sur elle, et qui sort à l’occasion. Au théâtre comme au cinéma. Quoique l’actrice ait une prédilection pour le théâtre. «Le chant ne manque pas de théâtre, ni le théâtre de chant», nous dit Samia Akariou en réconciliant de mémoire une vocation double et de rajouter: «C’est d’abord être sur scène qui est magique». Une fille du peuple, comme on dit. Une self-made-woman qui s’est faite un nom puis un sourire.

Un sourire qu’on lui reconnait… comme un sourire mérité. Mais à vocation double une peine double. Il fallut que Samia Akariou, en optant pour des études de biologie, qui s’avèrent déjà monstres, tombe pile poil avec la nouvelle ère arabisante qui a fait nos facultés à une époque. C’était en 1990. «Et dire qu’on passait l’année à plutôt faire de la traduction… », nous dit-elle entre deux rires. Le courage lui prit alors de tourner le dos à la science pour donner dans l’art. C’est à l’ISADAC (Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle) qu’elle obtint son diplôme en interprétation. Comme si l’évolutionnisme, toutes proportions gardées, eut prise sur elle.

Actrice sociale
Favorisée plutôt par une sélection académique que naturelle, Samia Akariou ne s’est pas perdue, mais transformée. Laissant tout l’arabe derrière elle, elle s’envole pour Paris où elle fait son stage au conservatoire dramatique. Elle ne s’arrête pas là. C’est sa maîtrise d’études théâtrales à Paris III qu’elle obtint en 1996 avant de retourner au pays. Elle tourne son premier long-métrage, «Lalla Hobby» de Mohamed Abderrahman Tazi, en 1996. Pour l’anecdote ce dernier disait chercher pour son rôle une femme «Harra », qui veut littéralement dire «pimentée », mais dont le sens ici renverrait plutôt à quelqu’un qui met son coeur dans ce qu’il fait. Mais Samia Akariou n’aime pas faire long: l’engagement est un mot qui fait souvent ses phrases.

Ou l’engagement tout court. Actrice oui, mais un oui double pour l’actrice sociale qu’elle est. Membre active de l’association Hajar d’aide aux enfants atteints de déficits immunitaires primitifs et de l’association Le ruban rose de la lutte contre le cancer, l’humaniste ne ménage pas ses moyens pour être là où son coeur l’amène: L’humain.

L’humain qu’elle est va d’abord de l’avant quitte à être derrière la caméra. Oui, le feuilleton «Sir Al Morjane» c’est elle. Le téléfilm «Lâati Allah» c’est elle aussi. Et l’actrice devint réalisatrice… Akariou ou pas Akariou?

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