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Sacré Wydad !

Le WAC remporte la Chmapions’ league africain

Après la victoire du WAC sur Al Ahly d’Egypte, les jeunes ont fait la fête tard dans la soirée. C’est le Maroc qui a la gagne fêtarde et contagieuse. Le foot a aussi le mérite particulier de mettre en évidence ce Maroc-là.

Ces derniers temps, le foot a pris possession de la rue et des médias. Il n’y a de sujet de discussion d’intérêt partagé et bien compris que pour le foot dans sa double variation équipière ou nationale. Nous sommes dans une lancée qui n’est pas près de s’arrêter. Les RDV se bousculent aux portillons des guichets et des rédactions.

On n’est pas encore totalement remis de l’ivresse joyeuse d’un Wydad champion d’Afrique, qu’une autre rencontre, d’un tonneau encore plus lourd, nous attend pour le samedi 11 novembre 2017, un Maroc- Côte d’Ivoire, à Abidjan. Un match qualificatif pour la Coupe du Monde de Russie en 2018. Il n’y a pas de compétition d’ambiance sur deux semaines footballistiques consécutives. La ferveur populaire ne peut être que la même. Alors, rien n’empêche de les prendre dans l’ordre, en commençant par celle qui s’est affirmée en premier sur un calendrier chargé.

Un engouement sans limite
Rarement un match de foot entre deux équipes; et non pas deux sélections nationales; aura autant mobilisé les esprits bien avant le coup d’envoi de l’arbitre. Les mordus du ballon rond s’étaient d’abord délocalisés ne serait-ce que par la pensée. Ils avaient la tête en Egypte pour un match aller contre Al Ahly. Deux mastodontes du football africain, dans leur réalité présente et leur longue quête historique, s’affrontaient du côté du Nil, samedi 28 octobre 2017 à Alexandrie. Jamais les Wydadis casablancais ne se sont sentis aussi proches du Caire. Un match nul (1-1) a suffi à leur bonheur. Avec un but à l’extérieur, le WAC avait déjà fait un pas vers la consécration finale. Les supporters du grand club de Casablanca l’avaient si bien compris qu’ils ne se sont pas gênés pour crier victoire avant l’heure.

Sur l’aire de jeu, les visages n’étaient pas à la fête. La concentration des joueurs n’avait d’égal que la pression du public. Les rues quasiment désertes ressemblaient à une journée du ramadan à quelques minutes du coup de canon libérateur. Par contre, les cafés affichaient complet. Pas la peine, non plus, d’espérer mettre la main sur un taxi. Trop pressé pour cause du même match. C’était le moment ou jamais pour mesurer la portée mobilisatrice du football. Un phénomène que l’on observe sans se hasarder à des explications qui ne tiennent pas la route, genre «le foot, nouvel opium des peuples». Constamment démentis par des faits imparables, les promoteurs de ce slogan repasseront.

L’engouement pour ce sport dépasse l’entendement. Pour preuve, les billets mis en vente dès le lundi 30 octobre ont disparu de la circulation en quelques heures, achat régulier ou contrebande pas moins de cinq fois plus cher. Quant à la vente aux guichets, il fallait sérieusement jouer des coudes pour avoir gain de cause.

Dans ce match de vérité, il était nécessaire d’avoir un gagnant et un perdant. Il fallait au WAC soit se lancer vers l’avant et tenter de marquer; soit faire valoir ses arrières et empêcher l’adversaire de marquer. L’entraîneur, Houcine Ammouta, a choisi la deuxième option, du moins en première mi-temps. En clair, défense-toute sous la conduite et les mots d’ordre de l’instant d’un Youssef Rabbeh, un vrai patron. L’objectif était de contrer un adversaire déterminé à mettre ce but qui pouvait remettre en question l’avantage rapporté d’Egypte par le Wydad. À trois ou quatre reprises, les assauts des ahlystes ont failli faire mouche. Ils en ont été privés par ce dispositif défensif où la prise de risque est calculée.

Ferveur populaire
À la deuxième mi-temps, un zéro-zéro, bien que gagnant pour le WAC, était dangereusement fragile. Il fallait obligatoirement en découdre en prenant le large par au moins un but d’avance, made in Morocco. Ce fut fait par Walid El Karti, appuyé sur une attaque intelligemment menée par Achraf Ben Charki. Une fois de plus, l’attaque s’est révélée la meilleure façon de se défendre. Ammouta en a usé sans en abuser, à tel point que le Wydad a failli tuer le match à quelques minutes du sifflet final de l’arbitre.

Un mauvais perdant
Approché par le micro-trottoir de la télévision, l’entraîneur d’Al Ahly s’est révélé mauvais perdant. Pour tout commentaire, il a fait le procès de l’arbitre qui aurait offert le trophée africain au Maroc, sans vergogne. Ce n’est pas le meilleur moyen de ramener son équipe au niveau de ses heures de gloire. Après tout, ce n’est pas une onzième plaie infligée à l’Egypte, en plus des dix premières. Ce n’est pas plus qu’une activité ludique où les pharaons du foot avaient piètre mine face à leurs ancêtres des pyramides. Une fois libérés par une victoire méritée, les 50 mille spectateurs du complexe Mohammed V de Casablanca ont envahi les grandes artères de la ville, comme s’ils s’étaient surmultipliés juste pour faire la fête. Une nuit blanche débutait pour la capitale économique devenue capitale du football africain.

Un grand moment de défoulement collectif bienvenu par les temps qui courent. L’apprentissage de la fête sans casse ni empoignades, se poursuit. De ce point de vue, tant au niveau sportif que de la ferveur populaire, le match Wydad-Al Ahly aura été une sorte de répétition générale avant la rencontre capitale Maroc-Côte d’Ivoire du 11 novembre 2017. Une autre fête en perspective.

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