Dépêche
Accueil » Politique » S.M Mohammed VI a mis sur pied une nouvelle politique extérieure

S.M Mohammed VI a mis sur pied une nouvelle politique extérieure

©ph:DR

Que vaut notre diplomatie ?

Elle participe de la conjonction de plusieurs paramètres: un cap, une vision, un activisme mobilisateur et un leadership.

Autant, au dedans, la politique paraît passablement heurtée depuis les élections législatives du 7 octobre 2016, autant au dehors, c’est bien une diplomatie en marche qui enregistre des avancées, des succès même, et qui capitalise une crédibilité du Royaume sur la scène régionale et internationale. Pareille situation n’est pas le fruit du hasard ou d’opportunités inopinées qui auraient été mises à profit. Elle participe de la conjonction de plusieurs paramètres: un cap, une vision, un activisme mobilisateur et un leadership. Séparément, il est bien évident qu’une seule de ces données n’aurait pas été suffisante. C’est, en effet, l’interaction entre elles qui donne une synergie et qui nourrit une telle dynamique.

Maintien de la paix
Alors que s’ouvre la 72ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, quels sont les termes de référence de la politique étrangère de Rabat? Les fondamentaux n’ont pas changé et ils relèvent des principes de la Charte des Nations Unies de 1945 ainsi que des axes stratégiques propres à l’insertion du Maroc dans la communauté internationale: paix, stabilité, coopération. Depuis son indépendance, le Maroc n’a pas dérogé à ce corpus: il n’a agressé personne; il a respecté l’indépendance et la souveraineté des autres États, ne s’est immiscé dans leurs affaires intérieures; il a, enfin, activement participé à toutes les opérations de maintien de la paix sous l’égide des Casques bleus de l’ONU. Dans la région, qui peut en dire autant? Pas l’Algérie, qui abrite un mouvement séparatiste depuis 1975 –sans parler d’autres menées subversives dans les années soixante et début des années soixante-dix; pas davantage la Libye du colonel Kadhafi de 1969 à 2011.

Aujourd’hui, le monde est de plus en plus multipolaire et il a fallu réévaluer l’insertion du Maroc dans une optique d’optimisation. Au cours des dix-huit ans écoulés de son règne, S.M Mohammed VI a mis sur pied, par touches successives, une nouvelle diplomatie. Celle-ci prend toujours en charge le poids de l’héritage de quatre décennies de politique étrangère, mais en y superposant un nouveau bloc qui donne une visibilité particulière au nouveau règne. Les relations ont été ainsi améliorées avec les partenaires traditionnels: UE, France, Espagne, États Unis…

Nouveaux atouts
On a même atteint la maturité possible comme en témoignent les accords de libreéchange avec Washington et pas moins de 53 autres pays, l’accord d’association approfondi avec Bruxelles, des partenariats stratégiques avec la Russie, la Chine, l’Inde, le Conseil de coopération du Golfe… Des ouvertures se sont également faites en direction de latitudes où le Maroc était pratiquement absent (Asie du Sud-est, Amérique latine). Un redéploiement mené à marche forcée qui était servi par de nouveaux atouts entre les mains de Rabat: un projet démocratique, une Constitution consacrant de grandes avancées, un Islam modéré et tolérant, enfin une mobilisation antiterroriste. Il faut y ajouter cependant une nouvelle conception des rapports avec le continent, adossé à un principe fondamental de coopération Sud-Sud. Le Souverain s’est fortement prononcé dans ce sens en appelant à ce que l’Afrique fasse confiance aux Africains, qu’elle valorise ses potentialités et qu’elle se fraie une voie vers le développement.

En direction du continent, Rabat oeuvre à mettre sur pied des projets éligibles à plusieurs formules: public-privé, privé-privé. Ils regardent de grands chantiers (usine d’engrais en Éthiopie de 2,2 milliards d’euros, une autre du groupe OCP et Dangote Industries au Nigéria de 2,5 milliards de dollars, aménagement de la baie de Cocody, à Abidjan, et du Canal des Pangalanes, à Madagascar…)

Mobilisation du continent
À un autre niveau, il faut citer des programmes immobiliers, agricoles (riziculture,…), d’aide aux petits agriculteurs, ainsi que tous ceux intéressant la formation professionnelle et la coopération universitaire avec 10.000 étudiants africains au Maroc, dont 7.000 boursiers. Le Maroc est également à l’avant-garde de la politique de protection de l’environnement et des nouvelles énergies renouvelables. La tenue de la COP 22 à Marrakech, en novembre 2016 a assis la priorité donnée à ces domaines et elle a donné une visibilité internationale aux choix et aux priorités du Maroc. L’option africaine est stratégique.

En reprenant sa place légitime au sein de l’Afrique institutionnelle, l’UA, à la fin janvier 2017, le Maroc va davantage contribuer à l’action collective pour le continent et permettant en même temps de mieux faire entendre sa voix. Pour quel message? Celui d’une mobilisation du continent pour son développement et son progrès social; celui de la consolidation de la paix et de la stabilité; celui, enfin, de la lutte antiterroriste. A cet égard, sa diplomatie peut exciper de plusieurs éléments; une expertise et un savoir-faire, une aide opératoire pour former des troupes et sécuriser des frontières dont celles des pays du G5 Sahel. Un redéploiement tous azimuts déclinés aujourd’hui avec la prochaine adhésion à la CEDEAO. Du mouvement, du volontarisme et de l’engagement autour d’objectifs clairement identifiés. Cette diplomatie n’a pu donner toutes ses potentialités que parce qu’une mise au net a été faite. Le dispositif des ambassades dépasse 95 missions et il s’est sensiblement élargi en 2016 à de nouvelles représentations en Afrique australe, en Afrique anglophone, en Europe de l’Est et ailleurs (Australie, …).

Un nouveau style
Une présence permettant de faire entendre la voix du Maroc et de nouer des liens féconds avec ces pays. Elle s’est accompagnée d’une valorisation des ressources humaines du département des Affaire étrangères et de la Coopération par la promotion interne et la sélection des compétences. Elle a été complétée par la nomination de profils issus de la société civile et d’autres secteurs. Enfin, c’est une culture qui l’emporte non plus sur la base d’un état d’esprit “rentier” mais sur la base d’objectifs et d’axes répondant aux exigences de l’action diplomatique.

Pur produit de la boîte, qu’il a intégrée depuis plus d’une vingtaine d’années, Nasser Bourita est bien à la hauteur de sa mission. Il justifie d’une connaissance pointue des dossiers; il a organisé l’administration centrale; enfin, à l’international, il est un interlocuteur estimé et apprécié. Il est aussi offensif, énergique –on l’a vu lors du sommet Japon-Afrique, le mois dernier, tenu à Maputo, capitale du Mozambique. Un nouveau style, des profils éprouvés, une claire vision de l’action à entreprendre servie par le leadership moral et politique de S.M. le Roi: la bonne recette pour faire encore plus et mieux…

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !