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Le Roi limoge Mohamed Boussaid de son poste de ministre de l’Economie et des Finances

Mohamed Boussaid, ancien ministre de l’Economie et des Finances

Un communiqué du cabinet royal a annoncé ce mercredi 1er août 2018, en début d’après midi, que SM le Roi a mis fin aux fonctions de Mohammed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances. Il précise que cette décision se fonde sur les dispositions de l’article 47 de la constitution et qu’elle a été prise après consultation du Chef du gouvernement. Plus intéressant, le communiqué ajoute que ladite décision intervient en application du principe de la reddition des comptes, le Souverain étant soucieux d’appliquer cette règle à tous les responsables quels que soient leurs rangs et leurs responsabilités…

Le renvoi de Mohamed Boussaid a surpris la classe politique et les observateurs qui tentaient de trouver les raisons de ce limogeage. Certains y voient les suites des audits dans la région du rif, lesquels mettent en cause les retards pris par le département des Finances à débloquer les fonds pour l’accompagnement et la finalisation de nombreux projets et chantiers en cours. En particulier, les élus de la région et des communes ont saisi depuis des mois les autorités responsables de la situation ainsi créée. D’autres expliquant le fait que ce ministre était surtout préoccupé par la maitrise des grands agrégats économiques, conformément aux recommandations de la banque mondial et du FMI, et qu’il n’accordait pas la priorité requise à la question sociale.

Lors de la présentation des grandes lignes de cadrage du projet de loi de finances pour 2019, il y a un mois
devant le conseil de gouvernement, M. Boussaid avait invoqué le fait que les ressources budgétaires mobilisables commandaient un choix, soit la priorité au social, soit à la relance économique, et qu’il s’en remettait à la décision du gouvernement. Une alternative qui a été mal reçue et mal perçue et qui apparait aujourd’hui bien décalée par rapport aux orientations données par le Roi dans son discours du Trône le 29 juillet dernier et à la feuille de route assigné à cette même occasion au gouvernement.

La question se pose aujourd’hui à propos de son successeur. Sera-t-il remplacé par un autre ministre du RNI ? Enfin, ce principe de la reddition des comptes appliqué de nouveau par le Souverain, après le limogeage le 24 octobre 2017, de quatre ministres, se prolongera-t-il, à terme, à d’autres ministres, responsables d’entreprises publiques et instances nationales ?

M. Sehimi

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