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Rita Alaoui expose à Casablanca ses « Objets trouvés »

CREDIT PHOTO : Deborah Benzaken 2012

CREDIT PHOTO : Deborah Benzaken 2012

“Je choisis un objet et de ce fait il devient art”

Maroc Hebdo: Votre dernière  exposition a pour titre “Objets  trouvés”. Où étaient justement ces  objets et où est ce que vous avez été  les chercher?
Rita Alaoui:
Les Objets étaient  essentiellement dans leur milieu  naturel, au bord ou au fond de la  mer, autour des rivières, dans la forêt  ou tout simplement sur le trottoir  en bas de chez moi. Certains objets  m’ont été rapportés par des amis qui  savent mon penchant pour les formes  sculptées par la nature. Quand je  parle d’objets, cela concerne aussi  des images que j’ai trouvées et que  j’ai rapportées à l’atelier.

A travers votre travail, vous cherchez  à capter les traces du passage du  temps en capturant les indices de ce  passage sur la nature. Quelle est la  finalité de cette démarche?
Rita Alaoui:
Il n’y pas de finalité  particulière. Il s’agit plutôt d’un  chemin qui m’emmène d’un objet  à un autre, d’une histoire à l’autre,  d’un endroit à un autre… D’un point  de vue philosophique, ce serait peutêtre  affronter la mort par petits bouts.  Nous savons tous que le temps passe,  mais lorsque cette preuve est visible  sur un os qui a subi l’érosion de l’eau  de mer, cela devient plus réel. Alors  on se dit que l’on est vraiment mortel  pour de vrai…

Qu’est-ce qui détermine la valeur  artistique des objets que vous  collectez ?
Rita Alaoui:
Ce qui détermine cette  valeur dont vous parlez, c’est le choix. Lors de mes promenades, je  me penche vers le sol et, comme disait  Miro, «il y a lorsque je me promène  une force magnétique qui m’oblige  à pencher la tête sur tel objet.» C’est  comme avec les personnes que l’on  croise, pourquoi est-ce que l’on va être  attirés par certaines et pas d’autres;  eh bien, je considère chaque objet  comme une rencontre parce que j’ai  senti une vibration que je ne saurais  expliquer. La forme certainement,  le côté mystérieux de la chose qui,  hors-contexte, ne ressemble plus à ce  qu’elle est vraiment. Je choisis donc  un objet et, de ce fait, il devient art.  C’est la manière de regarder un objet  qui lui donne cette place.

Comment travaillez-vous?
Rita Alaoui:
Je cherche, je trouve, je répertorie, j’assemble, je laisse  germer, je lis, j’observe. Parfois,  je ne cherche pas et je trouve. Je  voyage, je fais des rencontres, je  vais au musée, je m’intéresse à  d’autres artistes, à d’autres formes  d’art, j’écris. Disons que ma phase de  recherche est toujours plus longue  que ma phase de création pour le  démarrage d’un projet. Une fois la  machine lancée, cela continue à se  faire simultanément.

Un mot sur l’espace d’art “The Ultra  Laboratory”, que vous avez créé, au  sein de votre atelier à Casablanca?
Rita Alaoui:
Il s’agit d’une résidence  pour artistes dont mon atelier  fait partie. Le désir de partage et  d’expérimentation m’a poussée  à ouvrir les portes de mon atelier  et à proposer à d’autres artistes,  nationaux et internationaux, d’y  venir pour y réaliser leur projet.

Les résidents viennent de un à trois  mois et travaillent en toute liberté  sur leur projet, qui a préalablement  accroché mon attention. Nous  faisons, à la fin du séjour, des  restitutions de résidences ou des  présentations au public sur les lieux  mêmes, ou hors les murs dans un  futur proche. Le rythme est assez  lent, je ne tiens pas à accumuler les  résidents ni les projets, cela se fait à  son rythme, trois ou quatre artistes  par année. Le format reste assez  atypique et novateur sur la scène  marocaine et rentre dans la lignée  des espaces dits “artist run spaces”

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