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La rentrée scolaire encore plus cher pour les parents

7 millions d’élèves reprennent le chemin des classes

Frais de scolarité et d’inscription sans commune mesure, prix des fournitures et de livres scolaires en hausse… Une rentrée scolaire qui n’est pas de tout repos pour les ménages marocains moyens et aux revenus limités et qui succède au Ramadan, aux vacances et à l’Aïd.

Ils étaient près de 7 millions d’élèves du préscolaire, du primaire, du collège et du lycée, ainsi que les étudiants des classes préparatoires du brevet de technicien supérieur (BTS) à reprendre le chemin de l’école, mercredi 5 septembre 2018.

Comme à chaque rentrée scolaire, les spéculations vont bon train sur l’approvisionnement en manuels scolaires. Et il y a du vrai dans cette histoire. Beaucoup de parents se plaignent de ne pas trouver certains livres scolaires et de devoir attendre parfois un mois après la rentrée pour pouvoir s’en approvisionner. Ce qui ne manque pas de pénaliser l’élève. En juillet dernier, l’Association marocaine des libraires (AML) est sortie de son silence pour dénoncer le refus d’une bonne partie des écoles privées de communiquer à la corporation, à l’avance, la liste des livres programmés pour la rentrée scolaire. Secret de polichinelle, beaucoup d’écoles privées ou celles alignées à l’enseignement français exigent des livres scolaires qui doivent être importés de France.

Concurrence déloyale
Cette tergiversation empêche les libraires de mettre à disposition des élèves les fournitures scolaires dans le délai imparti. Ce conflit dure depuis des années et ne cesse de s’aggraver. Le président de l’Association marocaine des libraires, Mohamed Berni, soupçonne voire condamne même la concurrence déloyale que leur livrent certaines écoles privées qui vendent les fournitures et les livres scolaires au sein de leurs établissements. Une pratique qui devient de plus en plus courante et génère des profits supplémentaires aux écoles qui, chaque année, augmentent les frais de scolarité et les frais d’assurance et d’inscription, qui dépassent dans certains cas les 3.000 dirhams alors qu’une assurance scolaire ne dépasse pas les 150 ou 200 dirhams par an.

Une rentrée scolaire qui n’est pas de tout repos pour les ménages marocains moyens et aux revenus limités qui continuent de débourser de l’argent depuis juin dernier sans répit. Entre Ramadan, les vacances d’été, l’Aïd et maintenant la rentrée des classes, les dépenses ne s’arrêtent pas. En sus des lourds frais de scolarité et d’inscription-assurance, il faut mettre de côté un autre budget alloué aux fournitures, dont le livre scolaire s’accapare la part du lion. Pour les parents dont les enfants sont inscrits dans les écoles privées ou dans les missions françaises, ils se retrouvent devant une longue liste de manuels étrangers dont le coût oscille entre 1.000 et 3.000 dirhams.

Pour ceux qui se rappellent encore, les plus jeunes reprenaient toujours les livres de leurs aînés. Mais, depuis plusieurs années, un certain nombre de livres changent, ce qui signifie que l’on ne peut pas les acheter d’occasion. Cette rentrée a été marquée par le renouvellement complet de 23 manuels scolaires. Il s’agit des livres d’arabe, de français, de mathématiques et d’activités scientifiques de la 1ère et 2ème années du primaire.

De plus, on note une augmentation annuelle de 5 dirhams sur ceux qui ne changent pas. En effet, un livre est donc soit de plus en plus cher chaque année ou bien il est changé et doit obligatoirement être acheté neuf.

Concernant les cahiers scolaires, une large palette de prix est proposée aux parents, en fonction de la qualité. En effet, toutes les fourchettes de prix sont disponibles, que cela soit dans les grandes surfaces, ou chez le libraire du quartier. Et en dépit de l’instauration de mesures antidumping contre le cahier tunisien, le prix de ce dernier demeure abordable. Les enseignes comme BIM, Alfa 55, Marjane ou encore Aswak Assalam concurrencent sérieusement les librairies avec des promotions alléchantes: des sacs à dos à partir de 70 dirhams, des trousses à partir de 20 dirhams…

Dépenses onéreuses
Les produits chinois submergent les marchés populaires les plus fréquentés à Casablanca, comme Derb Omar et Chaouia, au quartier Derb Sultan. Malgré tout ce qu’on dit sur leur qualité qui laisse à désirer, leurs prix bas séduisent notamment les familles nombreuses aux revenus limités, qui en consomment sans modération.

En moyenne, le coût moyen de la rentrée scolaire pour un seul enfant scolarisé est de 3.000 dirhams, entre frais de scolarité et fournitures. Somme toute, c’est une rentrée synonyme de dépenses onéreuses pour le gros des ménages. Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), les prix dans le secteur de l’enseignement ont tendance, ces dernières années, à augmenter continuellement avec un rythme supérieur à l’inflation. Depuis 2007, le prix global dans le secteur s’est apprécié annuellement de 3,4% en moyenne (ce qui a engendré au final une hausse cumulée de 40% sur dix ans).

Les secteurs de l’enseignement secondaire et présecondaire sont plus dynamiques en la matière, avec une hausse moyenne annuelle de leurs prix de 4%. Le HCP note que les frais d’inscription ont le plus tiré vers le haut (+4,7% en moyenne), comparativement aux frais de scolarisation (+3,3%). De quoi s’inquiéter et s’interroger sur le contrôle des prix et de la qualité de l’enseignement dans le privé, en l’absence de garde-fous.

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