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La rentrée scolaire 2017-2018 marquée du sceau du plan Mohammed Hassad

Pour une école innovante

En plus d’être encadré par des principes directeurs sur lesquels insiste Mohammed Hassad, le projet ministériel a plus que jamais besoin d’enseignants bien formés et motivés.

Contrairement à l’accoutumée, la rentrée scolaire 2017-2018, qui débute la première semaine du mois de septembre, s’annonce sous le signe du changement. Pour les 6 millions d’élèves qui vont prendre le chemin de l’école, ils n’auront pas à subir l’encombrement des classes ainsi que toutes les défaillances d’un système d’enseignement qui n’intéresse plus personne. Parole de Mohammed Hassad, ministre de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Ce ministre, réputé être un homme d’organisation et un gestionnaire des plus efficaces, promet de tout faire pour rendre l’école publique moins défaillante. Un défi de plus pour cet homme d’État chevronné qui ne manque pas souvent d’idées.

Dès sa nomination à la tête de ce département stratégique, il s’est mis au travail pour dévoiler, dès le 20 juillet 2017 devant le conseil de gouvernement, son plan d’action. Un plan d’action ambitieux dont certaines mesures vont voir le jour dès cette rentrée scolaire. D’autres mesures suivront.

Généraliser le préscolaire
C’est que ce ministre, en homme d’action averti, qui n’a d’autres soucis que celui d’apporter des remèdes à un secteur de plus en plus malade, n’en finit pas de multiplier depuis des mois des visites de terrain et les réunions de coordination, notamment avec les responsables des académies régionales d’éducation et de formation (AREF). Tout en prévoyant la généralisation de l’enseignement préscolaire pour les enfants âgés de 4 ans d’ici 2027, en partenariat avec la société civile et l’appui de l’État, l’objectif du plan d’action de M. Hassad n’est autre que d’améliorer les conditions d’accueil et de travail des élèves du niveau d’enseignement qui le préoccupe le plus, celui de l’éducation nationale.

Pari linguistique
Celui qui enregistre non seulement les taux les plus élevés de redoublement (près de 20% dès le cours préparatoire) mais aussi d’abandon scolaire (entre 300.000 et 400.000 chaque année). Aussi, pour répondre à la problématique majeure de l’encombrement des classes, M. Hassad s’est engagé, dès le 7 août dernier, devant la commission de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants, à assurer des classes de 40 élèves et même de 30 élèves maximum pour la première année de l’enseignement primaire. Ainsi, pour mieux lutter contre la surcharge des classes, son département prévoit le recrutement de 35.000 enseignants en deux temps et de pas moins de 8.000 cadres d’appui administratifs et techniques.

M. Hassad n’a pas manqué également d’affirmer devant les députés que son département s’est penché sur l’élaboration d’un vaste programme de mise à niveau des espaces scolaires pour la prochaine rentrée. Programme qui concerne aussi bien le renouvellement du mobilier scolaire que le remplacement des constructions préfabriquées par des constructions en dur sans oublier la réhabilitation des façades et des espaces intérieurs des établissements scolaires. Ainsi, pour l’actuelle rentrée scolaire, pas moins de 55 écoles sont programmées, dont 26 en milieu rural, tandis que 1948 classes seront agrandies. Par ailleurs 10 internats seront prêts à accueillir leurs pensionnaires dès la rentrée 2017-2018. Concernant un autre aspect du plan d’action, celui du volet pédagogique, notamment au niveau du primaire, l’accent sera mis sur les compétences de base des élèves, ainsi que sur l’apprentissage des langues.

Ainsi, dès cette rentrée 2017, l’enseignement du français démarrera à la première année du primaire, alors qu’auparavant, il ne commençait qu’à la troisième année. Le seul problème qui se pose, si le département de M. Hassad veut réussir ce pari linguistique, est celui d’arriver à former suffisamment d’enseignants à même d’enseigner correctement la langue de Molière. Chose qui est loin d’être assurée pour le moment, vu que, sur les 60.000 bilingues parmi les 128.000 enseignants disponibles, seule une minorité sont en mesure de répondre à ce critère. Donc, beaucoup reste à faire pour atteindre ce but. Concernant le secondaire qualifiant (lycée), le défi est aussi de taille si le département de M. Hassad veut renforcer les capacités scientifiques et linguistiques des élèves. Objectif: leur faciliter le passage au supérieur, mais aussi l’intégration dans le monde du travail, à travers la poursuite de la diversification de l’offre du baccalauréat professionnel, pour atteindre un taux de 10% de l’ensemble des élèves dans 4 ans. Le but ne serait rien d’autre que d’atteindre, à long terme, la généralisation de la création de parcours professionnels au sein des lycées techniques.

Dans la même optique, le département de M. Hassad prévoit d’élargir l’offre des filières internationales sur 3 ans afin d’englober 30% des élèves de l’ensemble des lycées qualifiants, de réduire le nombre des filières du baccalauréat, de diversifier les parcours professionnels adaptés au marché du travail et de publier, par ailleurs, un nouveau manuel scolaire de manière graduelle pour chaque niveau à partir de la rentrée scolaire 2017-2018.

Un tel travail pédagogique n’est pas aisé, car tout projet de ce genre nécessite du temps, de la patience et surtout une vision claire. Pour donner davantage de fruits, ce projet doit plus que jamais être accompagné par une programmation qui doit donner plus de place pour les multimédias et l’apprentissage par la pratique. Le tout dans le cadre de classes plus réduites. Car, une école de qualité ne peut se faire sans engager les compétences et les moyens qui vont avec, si on veut être à la hauteur des ambitions d’un Maroc moderne.

Créer les conditions du renouveau
C’est cette école innovante que les citoyens attendent. Une école qui puisse instaurer entre les enseignants, les élèves et toutes les parties prenantes des relations de respect et de confiance mutuels.

Certes, en plus d’être encadré par des principes directeurs sur lesquels insiste le ministre, comme la décentralisation du système, le retour à la discipline et la lutte contre l’absentéisme injustifié des élèves et des professeurs, sans oublier le soutien social aux familles défavorisées, un tel projet a plus que jamais besoin d’enseignants bien formés et motivés.

Sans cela le plan Hassad ne sera qu’un de plus dans la longue liste de plans qui l’ont précédé. Il n’aura pas répondu alors aux exigences légitimes de tous les parents qui craignent pour l’avenir de leurs enfants et qui n’en peuvent plus de se faire saigner les veines par un système privé trop cher et rarement efficient: créer pour une fois les conditions de renouveau d’une école publique de qualité.

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