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Rendez-vous pris pour Marrakech

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Le Pacte mondial sur la migration finalisé

Dans moins de cinq mois, la ville de Marrakech abritera une conférence clé sur l’avenir de la gouvernance mondiale de la migration.

À problèmes transnationaux, solutions transnationales. Pour évidente voire intuitive qu’elle soit, cette équation était pourtant complètement ignorée par les décideurs internationaux en matière de migration. Mais cela ne saurait éternellement durer. En décembre 2018 dans la ville de Marrakech, au Maroc, les 193 pays membres de l’Organisation des Nations unies (ONU) signeront le Pacte mondial sur la migration, dont l’ultime mouture vient d’être bouclée ce vendredi 18 juillet 2018 dans la ville de New York, aux États-Unis, après plus de cinq mois de négociations.

“Moteur de croissance”
S’exprimant dans la foulée de l’adoption du pacte, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est félicité d’ «un pas sans précédent », dans la mesure où le pacte regorgerait d’un «immense potentiel pour aider le monde à exploiter les avantages des migrations régulières tout en évitant les mouvements irréguliers qui mettent les gens en danger».

«[Les migrants sont un] moteur remarquable de croissance,» a-t-il souligné. Pour sa part, le président de l’Assemblée générale de l’ONU, Miroslav Lajcak, a considéré l’adoption du Pacte sur la migration comme étant «un moment historique», quand bien même il restait «beaucoup à faire» et que le «chemin ne faisait que commencer». «[Le pacte a] un énorme potentiel en ce sens qu’il nous aidera à trouver le bon équilibre,» se réjouit-il, toutefois.

La représentante spéciale de l’ONU pour les migrations internationales, Louise Arbour, a, elle, estimé que le pacte apportera «l’ordre, la sécurité et le progrès économique à tous» et que «les mois à venir seront cruciaux pour bâtir la confiance et lancer l’élan vers la conférence de Marrakech.» La responsable onusienne n’a, au passage, pas manqué de saluer le fait que «le Maroc [soit] très engagé à faire de la conférence de Marrakech un grand succès (…) et [que] les autorités marocaines [soient] pleinement engagées dans la mise en place de cet événement.» Elle prévoit d’ores et déjà que l’événement connaisse «un grand succès». En tout cas, le Maroc a maintes fois exprimé son ambition de faire en sorte que ce soit le cas.

La “voix de l’Afrique”
S’exprimant lors d’une interview à l’American Television Network (ATN), le représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU, Omar Hilale, a fait sien le voeu que «Marrakech [soit] le couronnement de ce que le Maroc avait pu faire sur les plans local, régional, sous-régional et international,» en renvoyant notamment au rôle du roi Mohammed VI en tant que leader de l’Union africaine (UA) sur la question de la migration -il a qualifié le Souverain de «voix de l’Afrique».

Rappelons que S.M. le Roi Mohammed VI avait décliné, lors de l’avant-dernier sommet de la principale organisation continentale africaine -du 22 au 29 janvier 2018 dans la capitale de l’Éthiopie, Addis-Abeba-, sa feuille de route pour régler la problématique de la migration au niveau de toute l’Afrique, avec notamment la création d’un Observatoire africain de la migration (OAM). Ce dernier, qui devrait incessamment voir le jour au Maroc, participe du premier objectif du Pacte sur la migration -qui en compte 23, au total-, lequel objectif consiste à recueillir et à utiliser des données précises et désagrégées comme base pour des politiques fondées sur des données probantes.

Le texte du pacte de l’ONU donne d’ailleurs l’OAM en exemple. Comme l’a souligné M. Hilale dans son interview à ATN, la conférence de Marrakech n’est pas «une fin en soi», puisque son succès repose sur la suite que lui donneront les pays signataires du pacte. Pour rappel, le Pacte sur la migration n’est pas contraignant, et peut tout-à-fait, donc, ne donner lieu à aucune retombée.

Implication de tous
Selon M. Guterres, ses objectifs se déclinent sur trois axes principaux, à savoir la réorientation des politiques nationales de développement et de la coopération internationale pour le développement, le renforcement de la coopération internationale contre les passeurs et les trafiquants d’êtres humains et la protection de leurs victimes et l’augmentation des opportunités de migration légale.

Le fait migratoire concerne à l’heure actuelle plus de 250 millions de personnes, représentant 3% de la population mondiale et contribuant à hauteur de 10% au produit intérieur brut (PIB) mondial. D’ici décembre, il faudra faire en sorte que le pacte soit maintenu en l’état, et ce pour ne pas le dénaturer et ainsi faire, au final, de la conférence de Marrakech un simple événement de routine.

Le fait de céder à des considérations internes pourrait en effet être, pour d’aucuns, plus que tentant. C’est pour cette raison, d’ailleurs, que les pays appelés à signer le pacte devront le promouvoir auprès de leurs opinions publiques respectives. «Il est de notre devoir collectif et individuel de garantir la pleine adhésion de nos autorités nationales et de tous les acteurs concernés, notamment la société civile et les migrants eux-mêmes,» a plaidé M. Hilale. Les cinq prochains mois s’avèrent donc bien décisifs pour aboutir à une situation de gouvernance adéquate de la question migratoire au niveau mondial…

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