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Référendum en Catalogne : journée tendue entre forces de l’ordre et indépendantistes

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Le scénario était prévisible notamment après l’envoi la semaine dernière par Madrid de renforts importants de la police et la garde civile à la Catalogne pour empêcher le référendum sur l’indépendance de cette région : la journée a été tendue entre forces de l’ordre et indépendantistes.

Sous une faible pluie intermittente, les Catalans ont commencé à affluer dès les premières heures de la journée vers les bureaux de vote qui n’ont pas été mis sous scellés et dont certains étaient occupés par des sympathisants du gouvernement catalan depuis vendredi soir.

Le Tribunal supérieur de justice de la Catalogne (TJSC) avait ordonné aux Mossos d’Esquadra (police catalane) durant la semaine de fermer, avant dimanche à 06h00, les locaux devant servir à abriter les bureaux de vote mais cela n’a pas été fait.

Devant « l’attitude passive » des agents des Mossos d’Esquadra qui n’ont pas exécuté l’ordre de la justice, la police et la garde civile ont dû intervenir pour achever le travail. Toutefois, les interventions des forces de l’ordre ne se sont pas déroulées sans incidents.

Dans le cas d’un bureau de vote situé sur l’avenue « carrer diputacio », dans le centre de Barcelone, les indépendantistes ont même réussi à empêcher les forces de police d’accéder au local, a-t-on constaté sur place.

Face à une foule déterminée, des policiers anti-émeutes ont tenté d’entrer de force dans le bureau, mais ils n’ont pas réussi à le faire.

Selon le gouvernement régional catalan, plus de 300 personnes ont été blessées lors des interventions de la police et la garde civile espagnoles pour empêcher la tenue de ce référendum suspendu par la Cour constitutionnelle.

Pour sa part, le ministère espagnol de l’Intérieur a indiqué que 11 agents de la police anti-émeutes et de la garde civile ont été blessés lors des altercations avec les sympathisants du gouvernement catalan qui les empêchaient d’entrer aux bureaux de vote.

Le ministère, qui a publié sur sa page web des vidéos d’agressions subies par les forces de l’ordre, a ajouté que les interventions de la police et de la garde civile ont permis, jusqu’à 17H00, la fermeture de 92 bureaux de vote dans la région de la Catalogne.

L’attitude passive de la police catalane, dénoncée par le gouvernement central, a poussé les forces de sécurité de l’Etat central à intervenir, mais sans pouvoir pour autant empêcher le vote dans certains bureaux.

Six tribunaux de la région catalane ont d’ailleurs ouvert des instructions pour vérifier si les Mossos d’Esquadra ont désobéi à l’ordre du Tribunal supérieur de la Catalogne d’empêcher l’utilisation de locaux publics pour le référendum.

La vice présidente du gouvernement espagnol, Soraya Sáenz de Santamaría, a déclaré dimanche que le référendum voulu par les autorités indépendantistes en Catalogne n’a pas eu lieu, car il est « incompatible avec l’Etat de droit » en Espagne.

« Il n’y a pas eu de référendum ni quelque chose qui lui ressemble », a déclaré Mme Sáenz de Santamaría lors d’une conférence de presse au palais de la Moncloa, réitérant l’appel du gouvernement central aux autorités catalanes d’arrêter « la farce » de cette consultation qui « n’a jamais été légale » et qui est « clairement irréalisable ».

Les indépendantistes ont affiché lors de cette journée du 1 er octobre leur volonté d’aller de l’avant dans leur projet au moment où le gouvernement espagnol a réaffirmé sur le terrain sa détermination et sa fermeté de faire respecter la Constitution.

Le bras de fer entre le gouvernement central et l’exécutif séparatiste catalan ne prendra sûrement pas fin ce 1 er octobre 2017. Les événements qui se sont succédé durant cette journée sur fond de tension auront sans doute des conséquences à court et moyen terme.

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