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RAP FÉMININ: Les voix douces du hip-hop

Le rap au Maroc change peu à peu de visage. Des artistes féminines ont fait une entrée fracassante dans le milieu et commencent à faire entendre leurs voix à travers des textes ciselés et un rythme entraînant.

Le milieu du rap est souvent considéré comme une affaire d’hommes et le Maroc n’y échappe pas. Les femmes étaient souvent cantonnées à un rôle de choristes avant d’arriver sur le devant de la scène. Une vague d’artistes féminines commencent à se faire connaître du grand public. Elles s’appellent Ilham El Arbaoui (Ily) ou encore Manal Benchlikha et elles s’affirment de plus en plus comme les têtes d’affiche du hip-hop avec des dizaines de millions de vues sur Youtube. Plus besoin d’être un garçon manqué pour faire du rap, les femmes imposent leur style tout en gardant leur féminité.

«Les femmes sont effectivement de plus en plus présentes sur la scène rap et c’est un changement radical car c’était une rareté dans notre pays», explique Ali Melouk, producteur reconnu dans le monde de la musique.

Ily montre la voie
Ces derniers temps, un nom revient souvent dans la bouche des fans de hip-hop: Ily, fille du célèbre chanteur chaâbi Abdelaziz Stati. «Dès son premier titre, elle a cartonné et d’autres rappeuses se sont lancées dans son sillage », note Ali Melouk. La chanson Khelouni (laissez-moi, en darija) culmine, en effet, à 15 millions de vues sur la célèbre plateforme de vidéos en ligne. Depuis, elle enchaîne les tubes et contribue même au succès de ses collègues masculins comme Drizzy sur la chanson Savage ou encore Nizoo sur le titre Ghalin. Un signe de la popularité de cette jeune artiste de seulement 19 ans qui, depuis, a sorti, Illuminaty (6,5 millions de vues en seulement trois mois).

Manal change de style
Le cas Manal Benchlikha est également intéressant dans l’univers du hip-hop marocain. La chanteuse s’est reconvertie dans le rap après avoir débuté sa carrière dans la pop en darija. Son tube Taj, écrit par les membres du groupe Shayfeen, a atteint 16 millions de vues, un record pour la jeune artiste.

Accusé de surfer sur la vague lancée par Ily, Manal s’était défendue en expliquant au HuffPost Maroc qu’elle «est la gentille fille qui rappe aussi». Une manière d’expliquer que «les femmes aussi ont leur mot à dire dans ce milieu là», selon Ali Melouk, qui poursuit: «Quand un artiste, homme ou femme, bosse dur et fait de la bonne musique il n’y a aucune raison pour que cela marche pas».

Pionnières dans le monde du hip-hop, Ily et Manal bénéficient d’une exposition étonnante dans ce milieu. Cela pourrait faire naître des vocations chez les jeunes Marocaines. «Ces artistes ont un large public et les jeunes filles s’essaient de plus en plus au rap. On pourrait assister, d’ici quelques années, à l’éclosion d’une génération de rappeuses qui prendrait le pouvoir», conclut Ali Melouk.

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