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Raja-Wydad, le derby de toutes les passions

© Photo : DR

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[quote font= »1″]Marché noir. Samedi 11 novembre 2015 était l’occasion de revivre, une nouvelle fois, cette  rivalité entres les deux clubs frères-ennemis. Plus qu’une simple rencontre footballistique, le  derby opposant le Wydad athletic club (WAC) et le Raja club athletic (RCA) est un rituel qui  s’étale sur plusieurs jours.[/quote]

Comme toute autre affiche  footballistique prestigieuse,  le 118ème derby  casablancais, comptant  pour la 25ème journée du  championnat national de football,  Botola Pro 2014/2015, se joue à huis  clos. Les tickets, mis en vente cinq  jours avant la rencontre, ont été raflés  par le public en moins de 48 heures.
Les trafiquants du marché noir les  achètent en masse pour les revendre  à ceux qui n’ont pas pu s’en procurer  régulièrement. Les tickets “pelouse”, les moins chers, coûtent alors 80 à  100 dirhams, soit presque le double  du prix officiel. Tandis que le prix  des tickets de la tribune latérale,  plus confortable, passe de 100 à 150  dirhams. Ce marché noir prospère  dans les quartiers comme Hay Hassani,  l’ancienne médina, mais aussi  sur des pages Facebook. Les supporters  retardataires ont tout de même  fait le déplacement pour se procurer  un ticket le jour même du match.
Les trafiquants font les cent pas  aux alentours du stade pour liquider  leur stock en tickets, toujours  avec une marge de bénéfice considérable.  Mais, à moins d’une heure  du début de la rencontre, les prix des  tickets chutent considérablement.  Les supporters peuvent les récupérer  à l’intérieur du stade à 15 dirhams  seulement.
Le grand Jour est arrivé. Le petit  matin, les supporters de chaque  équipe empruntent une voie différente,  avant de se joindre au théâtre  de la rencontre, le complexe sportif  Mohammed V.

9h15
Sous un soleil relativement ardent,  des centaines de supporters, répartis  en groupes, envahissent déjà les  alentours du stade. Les uns entadangement  leurs “préparatifs” en répétant  les chants les plus populaires de  leurs groupes respectifs, tandis que  d’autres préfèrent ménager leurs  poumons pour la rencontre.
Les autorités ont déployé des centaines  de policiers, appuyés par des  éléments des Forces auxiliaires,  autour du stade pour assurer le bon  déroulement du derby. Les organisateurs  ont installé également des  barrières pour maîtriser les points  d’accès au stade, afin d’éviter les  scénarios tragiques ayant entaché certains  matches du championnat, particulièrement  le derby casablancais.

10h30
D’interminables files indiennes de  supporters se forment devant les portails  du stade. L’attente dure près  d’une heure, et l’ambiance devient  de plus en plus tendue. Les agents  de l’ordre répriment les fauteurs de  troubles, majoritairement des adolescents.  Le calme règne de nouveau!  Près de 45 minutes après, les portails  s’ouvrent pour le grand plaisir du  public, et adoucissent l’atmosphère  par la même occasion. Cependant, un  cercle restreint des Ultras, groupes de  supporters des deux équipes, accède  plus facilement à l’enceinte. Certains  y ont même passé la nuit pour finaliser  les préparatifs, notamment les  fameux tifos et l’animation qu’ils  assurent durant la rencontre.

Midi
Des centaines de supporters occupent  les sièges de la tribune latérale, tandis que les ultras arrivent à l’ultime phase  de leurs préparatifs.
Des vendeurs de biscuit, bonbons,  cigarettes et d’autres produits de  consommation, profitent de l’affluence  prématurée des supporters  pour liquider leurs marchandises au  prix double. Pour ces commerçants,  le derby est une aubaine.

15h30
Le stade est comble. Les supporters  font déjà la fête. Les uns répètent les  chants de leurs groupes respectifs,  vantant les exploits de leur équipe,  ou charriant leur adversaire du jour.  Tandis que d’autres, insoucieux de  ce qui se passe autour d’eux, roulent  des joints.

16h30
L’heure de vérité sonne. L’arbitre  donne le coup d’envoi de la rencontre.  A “Frimija” et “Lmagana”, virages  des deux équipes, les supporters les  plus fidèles sortent le grand jeu est  brandissent fièrement leurs tifos et  chorégraphies, au rythme de slogans  rythmés.
Rares sont ceux qui s’intéressent au  déroulement de la rencontre. Les activités  qui animaient les gradins avant  le début du match se poursuivent.  Mais à chaque but ou action dangereuse, la foule entière se concentre  sur le champ de jeu.
Si les joueurs disputent un derby de 90  minutes, les supporters, eux, le vivent  pendant des heures, voire des jours !

Sifflet final
Après 90 minutes de jeu très disputées,  le match se solde par un nul 2-2.  Les deux camps ne cachent pas leur  désarroi, notamment les wydadis,  qui menaient au score à une minute  de la fin. Comme à chaque nul lors  des derbys, les théories du complot  fleurissent. Les insatisfaits crient à  la “combine”, pour dénoncer une  entente entre les deux équipes. «Le  tram est le grand vainqueur de ce  derby, il passera une paisible fin de  journée», ajoutent d’autres avec  humour.
Si ce moyen de transport a échappé  aux “griffes” des supporters après le  match, des accrochages ont éclaté,  notamment dans le boulevard d’Ibn  Sina et l’ancienne médina. Les forces  de l’ordre ont procédé à l’arrestation  de 115 individus, généralement des  adolescents sous l’effet de psychotropes.  105 ont été relaxés, tandis que  les 10 autres seront poursuivis pour  ivresse publique.
Décidément, le hooliganisme à la  marocaine pose encore problème !

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