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Le Raja à la croisée des chemins

Le président du club résiste à la colère du public à l’approche de l’assemblée générale

Instabilité technique, comité fragile, colère du public ou encore l’avenir incertain de certains joueurs. Le Raja Club Athletic vit une inter-saison très difficile. Le bras de fer entre le président Said Hasbane et les supporters est loin d’être fini.

Une poignée de mains manifestement chaleureuse et des sourires tout radieux. Face aux caméras, Said Hasbane, président du comité du Raja Club Athletic, et Juan Carlos Garrido, nouvel entraineur du club, tiennent, chacun par une main la tenue blanche et verte de l’équipe. L’arrivée du technicien espagnol aux commandes du club casablancais est enfin officialisée, le 20 juin 2017. «Très heureux avec ma nouvelle période, Raja Casablanca», pouvait-on lire, le même jour, sur le compte Twitter officiel de Garrido.

Une tournure inquiétante
Mais derrière cette image de joie et de stabilité que les dirigeants du club ont voulu communiquer, une profonde crise secoue le Raja depuis plus d’un an. Une crise qui a pris une tournure assez inquiétante pour les amoureux du club, ces dernières semaines. Sur le plan technique notamment, la nomination, mi-juin, d’Abdelhak Benchikha comme nouvel entraineur en remplacement de M’hamed Fakhir, limogé pour ses «échecs» lors de la saison écoulée, puis sa démission à peine une semaine après en dit long sur la situation internet du club. Des rumeurs évoquaient des pressions voire des menaces à l’encontre de l’entraineur algérien, pour le pousser à abandonner le poste qu’il venait d’occuper, et par la même occasion l’empêcher de venir à la rescousse d’un président décrié par une fraction du public rajaoui. «Je ne m’attendais pas à une telle pression quand j’ai accepté d’entrainer le Raja. Mais quand j’ai réalisé l’ampleur des problèmes et qu’il était impossible de réaliser mes objectifs, j’ai décidé de me retirer aussitôt car je veux préserver mon image et ne pas décevoir le public qui me connaît très bien», commente Benchikha sur la chaine Medi 1 TV.

Gestion des divergences
En effet, l’indignation d’une bonne partie du public rajaoui ne se limite plus à des idées et des commentaires éparpillés sur les réseaux sociaux. Des centaines de supporters organisent des sit-in réguliers devant les locaux du club à Casablanca pour demander entre autres, la démission de M. Hasbane. Le plus récent sit-in, le troisième en mois d’un mois s’est tenu le 19 juin devant les locaux du club au stade Oasis. Cette fois-ci, des employés ont rejoint le mouvement, aux côtés des supporters ainsi que certains adhérents opposés au comité actuel. Ces derniers multiplient de leur côté les initiatives pour parvenir à évincer «légalement» le président actuel, particulièrement en se mobilisant pour atteindre le quorum nécessaire et convoquer une assemblée générale extraordinaire.

Mais dans le camp du président, on préfère relativiser l’importance de la grogne dans les rangs du public. «Ce sont quelques dizaines de personnes qui expriment leur avis et ils ont le droit de le faire, mais ils ne représentent pas tout le public du Raja. Et puis parler de 5000 manifestants est de l’exagération pure est simple», nous affirme Adil Baqili, trésorier du club. Pour ce dirigeant du Raja, la gestion des divergences doit être effectuée dans le cadre légal, précisant que le comité ne s’oppose pas à toute initiative des adhérents dans le cadre de la loi, et qu’il est prêt à se soumettre aux décisions qui résulteront de cette initiative. «Nous avons convoqué une assemblée générale ordinaire et tout le monde est appelé à venir contribuer au débat au sein du club. Et, en attendant, nous continuons de travailler normalement, par exemple en recrutant un entraineur et des joueurs».

Au-delà de la relation tendue entre le président du club et les supporters, et les problèmes d’ordre technique et sportif, la crise financière vient enfoncer le clou. Une situation mise à nu depuis les derniers souffles du mandat de l’ancien président, Mohamed Boudrika. Avec M. Hasbane, la situation ne s’est pas améliorée. Elle s’est même détériorée de l’avis des observateurs. Les joueurs ont multiplié les grèves durant la saison 2016/2017 pour réclamer leurs primes.

Relation tendue
Quoi qu’il en soit, l’actuel patron des Verts ne baisse pas les bras. Dans sa sortie médiatique du 18 juin sur sur Medi 1 TV, il a assuré qu’il continuera à servir le Raja malgré la résistance de certaines parties qui profitaient avant du club. «Je suis prêt à affronter tout pour mener à bien ma mission de nettoyer le Raja», martèle-t-il. En attendant l’AG extraordinaire du 31 juillet, le club, et plus précisément son effectif, risque gros à cause de cette situation. Alors que la reprise des préparations pour la saison 2017/2018 est prévue début juillet, le Raja pourrait être privé de recrutement à cause de ses dettes, qui s’élèveraient à plusieurs dizaines de millions de dirhams. La Fédération royale marocaine de football impose en effet certaines normes à respecter sur le plan financier pour pouvoir prendre part au mercato.

De quoi vexer davantage le public rajaoui, alors qu’un rapprochement avec plusieurs grands noms de la Botola Pro, comme Zakaria Hadraf du Difaa d’El Jadida, Mohamed Lafkih du Kawkab Marrakech ou encore Zakaria El Hilali du Chabab Rif Al Hoceima, a été annoncé dans la presse.

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