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Rachid Guerraoui, sommité du domaine informatique

Le Marocain du Collège de France

Rachid Guerraoui a été élu, le 15 juin 2018, au Collège de France. Une première pour un scientifique marocain.

Enfant, Rachid Guerraoui rêvait de devenir footballeur. «J’ai même joué dans les équipes de jeunes de la Renaissance sportive de Settat (RSS) et du Difaâ hassani d’El Jadida (DHJ),» confie le concerné, qui à cinquante ans passés -il les a fêtés l’année dernière- continue de faire régulièrement du sport et arrive à courir le marathon en à peu près 3h20. Mais c’est sur le terrain de la science que depuis plus de trois décennies s’illustre M. Guerraoui, faisant actuellement partie du gratin mondial dans le domaine de l’informatique. Ce 15 juin 2018, le Collège de France, établissement public d’enseignement supérieur dédié à la recherche fondamentale et à l’enseignement et considéré comme le plus prestigieux du genre en Hexagone, l’a élu professeur en calcul distribué, une discipline qui se trouve à la base de la recherche dans le domaine de l’intelligence artificielle, dans laquelle les pays développés dépensent chaque année plusieurs milliards de dollars. C’est le premier scientifique marocain à se voir accorder cet honneur.

Informaticien par hasard
M. Guerraoui travaille sur le sujet depuis 1989 et l’enseigne depuis plus d’un quart de siècle à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse, pays dont il a également la nationalité. Le Maroco-Suisse a aussi travaillé au Massachusetts Institute of Technology (MIT), aux États-Unis, établissement de référence dans le domaine de la recherche scientifique. Malgré son glorieux curriculum, M. Guerraoui se dit surpris par sa désignation au Collège de France.

«On y trouve généralement principalement des scientifiques français, donc je ne m’y attendais pas vraiment,» nous indique-t-il. Natif de Rabat, M. Guerraoui est tombé un peu par hasard dans le domaine de l’informatique, bien que son père ait été enseignant de mathématiques, discipline considérée comme la voie royale pour devenir informaticien -sa mère était enseignante de français. Après son baccalauréat en 1984, il plie bagage pour la France et plus précisément Paris-Sud pour entamer un cycle d’ingénierie.
«Mon objectif c’était plutôt d’avoir un diplôme qui me permette de décrocher un bon travail, donc je mentirais en vous disant que je poursuivais ma passion,» reconnaît M. Guerraoui, qui explique que c’est en assistant à une conférence sur les machines parallèles, c’est-à-dire les ordinateurs fonctionnant avec plusieurs processeurs, qu’il tombe vraiment dans la marmite de la recherche.

Parallèlement à ses engagements à Lausanne, le scientifique a travaillé à la Silicon Valley, où parmi ses anciens employeurs figurent Microsoft et HP. «Une riche expérience,» commente-t-il. Père de deux filles, M. Guerraoui n’a jamais coupé les ponts avec le Maroc. En plus d’y revenir régulièrement, il collabore avec nombre de scientifiques marocains, notamment à l’Université Mohammed-VI polytechnique. S’il écarte de rentrer au bercail en raison des conditions peu propices, il juge le niveau actuel encourageant. «Nous avons les capacités de faire partie de la première division,» déclare-t-il, faisant là sans doute parler l’ancien aspirant footballeur.

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