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Quelle heure est-il?

Abdellatif Mansour

A vrai dire, le public a toujours été sceptique face à ce tripatouillage du facteur temps.

Comme à pareille période de l’année, l’horaire d’été instauré par le gouvernement suscite une vaste polémique qui traverse toutes les catégories socio-professionnelles. Sachant que c’est un débat largement suivi par le grand public, le parlement n’a pas raté l’occasion de devenir audible. Il s’est engouffré dans cette brèche de communication porteuse, par la voix du PAM. Une opposition qui, elle aussi, avait grand besoin de se faire entendre; à défaut de se contenter d’exister, par une sorte de réalité virtuelle.

Que n’avons nous pas entendu dire, lors d’une prise de rendez-vous: «vous parlez heure ancienne ou heure nouvelle?». Cette interrogation quelque peu gênée ne se limite pas aux premiers jours de l’installation de cet horaire. Elle dure et persiste jusqu’à l’arrivée de l’automne. Un peu comme si le réchauffement climatique, cher aux écologistes, n’embrouillait pas suffisamment l’agencement perdu de la succession des saisons. Du haut du système solaire; le soleil, astre du jour, et la lune, astre de la nuit; doivent ressentir quelques parasitages sur leur onde de fréquence avec la planète terre. Avec des couchers de soleil à 21 heures et des aurores à 6 h, c’est tout l’écosystème, dans la vastitude interstellaire, qui est chamboulé.

En fait, toute les catégories du temps, qui ponctuent la vie de tous les jours, ne savent plus où se situer par rapport à une horloge qui va plus vite que la musicalité naturelle du jour et de la nuit. Le temps du travail, le temps scolaire et le temps religieux, pour ne citer que ceux-là, sont les plus touchés par ce remue-ménage horaire. O

n les voit, nos chères petites têtes brunes semi éveillées, prendre le chemin de l’école; pratiquement contraints et obligés. Ce n’est qu’à la récré que l’ambiance scolaire reprend ses droits avec le chahut et les bagarres de rigueur. Certaines académies ont d’ailleurs décidé une rentrée des classes à 9 heures et une reprise à 15 h, histoire d’amortir l’effet indésirable du nouvel horaire.

A vrai dire, le public a toujours été sceptique face à ce tripatouillage du facteur temps. Celui-ci est officiellement justifié par une économie d’énergie et surtout pour être constamment amarré au fonctionnement horaire de l’Europe. Or voilà que l’Europe s’apprête à renoncer à ce changement d’heure par un vote favorable au parlement européen, 384 sur 549. Un score sans appel au premier tour qui devrait être, prochainement, définitivement validé. Les Européens ont mis en avant l’impact de ces nouveaux horaires qui affectent le sommeil, l’alimentation, et l’humeur; un terreau favorable, dit-on, aux difficultés cardiaques. Que fera le Maroc face à ce faux-bond de l’Europe?

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