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Quel apport de la finance participative pour les banques marocaines

Lhassane Benhalima

Lhassane Benhalima

Des opportunités juteuses à saisir

Banques. Une fois obtenus leurs agréments, les banques participatives, qui bénéficient d’un marché à fort potentiel, seront opérationnelles dès le 1er semestre 2016.

Vingt décrets d’application  sont en cours de validation  pour permettre aux banques  islamiques, qui ont actuellement  le vent en poupe, de faire partie du  paysage bancaire marocain. Il était  temps, pour le Royaume, qui a mis  plus de vingt ans pour se décider à  saisir des opportunités aussi juteuses  de financement qu’offre un marché  désormais mondial et qui brasse pas  moins de 2.000 milliards de dollars.  Un marché qui a connu jusqu’à la  récente baisse du prix du pétrole, pas  moins de 16% de croissance par an.

La vingtaine de banques marocaines  et étrangères, qui avaient déposé  leurs demandes d’agrément  auprès de Bank Al Maghrib, sont  plus que jamais intéressées par  cette manne financière. En effet,  les produits financiers dits aussi  alternatifs restent très prometteurs,  puisque, selon un sondage effectué  récemment, plus de 80% des  marocains seraient intéressés par ce  financement conforme à la charia.  Soit un moteur de bancarisation  additionnel qui viendrait enrichir le  paysage bancaire national.

Attribution d’agréments
Parmi les institutions financières  marocaines qui sont dans la course  figurent Dar Assafaa, la filiale  d’Attijariwafa bank, BMCE Bank, le  Groupe Banque Populaire, le Crédit  Agricole, la BMCI, CIH Bank et  Crédit du Maroc. Parmi les groupes  étrangers qui ont demandé des  agréments pour investir la finance participative figurent les banques  prestigieuses en provenance des  pays du Golfe, comme celles du  Koweit, de Bahrein, de Qatar et  des Émirats Arabes Unies. D’autres  banques saoudiennes, dont Faisal  Islamic Bank, prévoient également  d’intégrer le marché de la finance  islamique. Sans oublier que des  partenariats sont prévus entre des  banques marocaines et étrangères.

Outre la joint-venture attendue entre  le groupe BMCE Bank et Al Baraka  Banking Group, CIH Bank prépare  une filiale en partenariat avec Qatar  International Islamic Bank. Quand  aux filiales marocaines des banques  étrangères comme la BMCI, elles  entendent créer ce qu’on appelle  des Windows bancaires islamiques,  c’est-à-dire des départements  internes chargés de gérer un pôle  indépendant d’activités de finance  participative.

Le compte à rebours est ainsi lancé  avant l’attribution des premiers  agréments. Agréments qui ne  seraient dévoilés que le 16 mars 2016.  Selon Lhassane Benhalima, directeur  de la supervision bancaire à Bank  Al Maghrib, l’égalité des chances  est donnée à toutes les banques  candidates, à travers notamment la  neutralité fiscale entre les produits  proposés par ces dernières et ceux  des banques conventionnelles.  Même si au final, les autorités  monétaires n’accorderont leurs  agréments qu’à quelques heureuses  élues parmi les banques en  compétition, elles auront fait oeuvre  utile en ne sélectionnant que celles  qui le méritent : celles qui tout en  se finançant de manière plus saine,  sauront prêter à bon escient.

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