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QATAR BASHING

Driss Fahli

Dans un monde de chariaa islamya, la ruse du voleur qui crie au voleur pour ne pas se faire couper la main tient encore la route.

Hier encore, la coïncidence  et le hasard avaient ceci  en commun: Tous les deux  constituaient des caprices  du destin qui surprenaient, par l’intersection  d’une série de causalités et  d’entrelacs de causes et d’effets, ceux  et celles qui en sont les victimes ou les  bénéficiaires. Tous les deux prenaient au  dépourvu ceux qui se trouvaient en leur  centre au point de faire basculer leur vie  dans l’absurdité ou la félicité.

Aujourd’hui le hasard, transposé dans  le domaine du politique, n’est plus cette  confusion de l’imprévu avec l’imprévisibilité.  C’est un calcul des plus soigneux  destiné à changer la face du monde au  profit d’une oligarchie d’accapareurs.  Ainsi, le hasard des coïncidences n’est  autre que l’action de groupes dominants  pour s’attribuer les commandes des pouvoirs  afin d’influencer la direction des  choses en leur faveur.

En ce moment, le Qatar fait les frais du  hasard des coïncidences dans une série  synchronisée d’évènements. D’abord  une visite de Trump en Arabie Saoudite,  où il est triomphalement accueilli et bien  écouté sous la couverture d’une action  anti-terroriste non dénuée de desseins  US cogités pour la région tels que la  préservation inconditionnelle d’Israël,  l’anéantissement de l’Iran chiite et la protection  des amis qui payent sans compter.  Dans la foulée, le Serviteur des Lieux  Saint de l’Islam lui offre près de 400 milliards  de dollars de méga-contrats. C’est  une façon de participer à la reconstruction  de la grandeur de l’Amérique sous  le slogan «Make America Great Again»  et d’offrande faramineuse du Roi Salmane  destinée à colmater l’ego de Trump  mis à mal par ses pirouettes depuis  son accession au pouvoir. Un pactole qui  représente la moitié du PIB saoudien et  qui couvre largement les 300 milliards  de dollars dont a besoin le monde arabe  pour retrouver sa grandeur irrémédiablement  oubliée.

Puis vient le tour de la republication des  Wikileaks de Hillary Clinton, que l’administration  américaine connaissait depuis  belle lurette, relatifs au financement clandestin  du terrorisme international par le  Qatar et l’Arabie Saoudite.

La messagerie de l’ambassadeur des  Émirats Arabes Unis, Yousef Al Otaiba,  est piratée, fuitée et publiée dans les media  américains, mettant à jour une connivence  des Émirats Arabes Unis avec les  lobbyistes pro-israéliens du FDD (Fondation  for Defense of Democraties) pour saper  le Qatar et l’accuser de financement  clandestin du terrorisme international et  de soutien logistique aux Frères Musulmans,  désignés du doigt comme source  de l’instabilité du Moyen Orient. Le FDD  est l’un des souteneurs les plus influents  pour mener à bout «le Projet sioniste»  qui renait de ses cendres à l’approche de  chaque élection américaine.

Résultat du compte, les instructions de  Trump et sa lubie à vouloir saper l’Iran et  hyper-protéger Israël ont poussé l’Arabie  Saoudite, ses petits suiveurs, les Émirats,  l’Égypte, Bahreïn, qui ne sont pas  du tout neutres dans la promotion des  extrémismes islamiques, notamment  le wahhabite d’entre eux, à designer le  Qatar comme bouc émissaire de tous les  maux et rompre brutalement les relations  diplomatiques avec lui. Dans un monde  de chariaa islamya, la ruse du voleur qui  crie au voleur pour ne pas se faire couper  la main tient encore la route.

Finalement, le mur de Trump n’est pas  construit physiquement au Mexique  mais entre les pays musulmans. Un mur  virtuellement édifié entre Arabes par  l’argent des Arabes et contre les Arabes .  David Ben Gourioun doit s’esclaffer dans  sa tombe

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