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Les propos mensongers de Abdelkader Messahel

Abdellatif Mansour

ALGER SE TROMPE D’ÉPOQUE

Les diffamations du ministre des Affaires étrangères algérien à l’égard du Maroc sont d’une volonté préméditée de diversion par rapport à ses problèmes intérieurs.

L’Algérie nous fait encore une crise de phobie anti- marocaine. Lors de l’université d’été des chefs d’entreprises algériens, tenu le vendredi 20 octobre 2017, à Alger, Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères, a concentré son intervention sur le retour en force du Maroc en Afrique; ainsi que la montée en puissance des investissements marocains sur le continent africain. Une réalité intangible qu’il ne pouvait occulter; mais une réalité qui lui est tout de même insupportable.

À défaut de déverser sa haine, s’il en était besoin, par une attaque frontale, à la régulière, sur le terrain, par l’action économique, il a préféré tirer aux flancs, en deux temps. Un. «Les banques marocaines déployées en Afrique, ce n’est que du blanchiment de l’argent du haschisch; et rien d’autre, ne vous y trompez pas». Deux. La RAM transporte autre chose que des passagers. M. Messahel pensait s’adresser à des Africains pas encore sevrés du tiers-mondisme pleureur des années 1960 et 70. Il s’est trompé d’époque.

Toujours est-il qu’avec son propos à l’encontre du Maroc, toutes les lignes parmi les plus rédhibitoires en diplomatie sont allégrement franchies, à l’algérienne. La réaction marocaine, par le biais du ministère des Affaires étrangères, est immédiate, fulgurante et sèche. Les déclarations du ministre algérien sont qualifiées «d’irresponsables», «d’enfantisme» et de «gravissimes». Comble de l’amateurisme, à ce niveau du moins, le parler de M. Messahel, lit-on dans le communiqué du ministère des Affaires étrangères marocain, «témoigne d’une ignorance, aussi profonde qu’irresponsable, des normes élémentaires du fonctionnement du système bancaire et de l’aviation civile ».

Les journalistes algériens n’en pensent pas moins de leur ministre, jugé «plus familier des âneries du sergent Garcia que des prestiges de Talleyrand…» À l’évidence, on touche au creux de la vague dans les relations entre les deux pays, à moins que l’on ne se réfère aux prémices annonciatrices de «la guerre des sables», en 1963. Justement, il se trouve que cette même référence risque d’être, de nouveau, sur le fronton d’une dualité menaçante. À chaque crise verbale, sur fond d’accusations diffamatoires à l’égard du Maroc, on évoquait régulièrement une volonté algérienne préméditée de diversion par rapport à ses problèmes intérieurs et à leur aggravation à vue d’oeil.

Cette fois-ci, on est dans la même configuration, si ce n’est de façon encore plus accentuée et plus explosive. La gravité de la situation est très justement relevée par Le Matin d’Algérie, où Mohamed Benchicou dénonce, de façon magistrale, «une guerre que les enfants du peuple feront par procuration à la place des autres». Il suffit d’une harangue enflammée pour les envoyer au front.

Quant aux enfants de Messahel et de ses amis, ils ne risquent rien: «Leur avenir est assuré dans les laboratoires secrets où se partage l’argent du pétrole. La guerre, c’est l’affaire des bouseux». C’est encore plus odieux lorsqu’il s’agit de jeunes que l’on conditionne par un bourrage de crâne trempé dans une culture de haine. Ces jeunes pourraient alors jouer les petits soldats à partir d’un immense bluff. Au Maroc, on ne parle pas de guerre, comme pour éviter de chatouiller le diable, pour ne pas se prêter à son jeu. Face à une éventualité qui se précise, il n’y a d’autre alternative que de s’y préparer. Et voilà une bonne part du budget public qui s’envole, en premier dans le matériel, au plus grand bonheur des marchands de canons de tout acabit, y compris les démarcheurs des États voyous qui en font un commerce juteux. Dans ce domaine, plus que jamais la demande dépasse l’offre. La mort a de l’avenir.

Cela dit, tout pousse à croire que l’Algérie veut sa guerre. Elle en a besoin. Les généraux et leurs obligés civils sont venus au pouvoir par les armes; ils n’imaginent pas qu’ils le quitteraient par les urnes. C’est trop minable pour leur grade. Une guerre constituerait pour eux l’unique sortie par le haut tout en étant assurés de garder à l’abri leur fabuleux pactole au profit de trois ou quatre générations de fratrie. Cela vaut bien une guerre, quitte à embraser toute la région

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