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Projection du documentaire « Tinghir-Jérusalem. Les échos du Mellah »

Aïcha et Hannah à Yavnè, au sud de Tel Aviv, en Israël.

Aïcha et Hannah à Yavnè, au sud de Tel Aviv, en Israël.

Pour ceux qui n’ont pas  encore eu l’occasion de  voir le documentaire  Tinghir-Jérusalem. Les  échos du Mellah, de  Kamal Hachkar, le cinéma ABC, à  Casablanca, propose une projection  de ce film le 11 juillet 2015. Elle sera  suivie d’un débat avec le réalisateur,  animé par cinéaste Saâd Chraïbi.

Le grand public a pu découvrir ce  documentaire le 8 avril 2012 sur la  chaîne 2M. S’en sont suivies des  projections à l’intérieur du Maroc  ainsi que dans différents pays du  monde. Tinghir-Jérusalem. Les échos  du Mellah a été globalement bien  accueilli, sauf par ceux qui y ont vu  une tentative de normalisation avec  l’Etat d’Israël et qui ont, partant,  appelé à l’interdire au Maroc.  Pour le reste, ce documentaire relève  de la quête identitaire puisqu’il  revient sur l’histoire commune des  musulmans et des juifs de Tinghir.  Kamal Hachkar, justement originaire  de ce petit village niché au pied du  Haut-Atlas, qu’il a quitté à l’âge de  6 mois pour partir en France, n’a  jamais soupçonné l’existence de  Berbères de confession autre que  musulmane.

Kamal passait ses vacances au bled  et voyait, sans trop de poser des  questions, les maisons abandonnées  de ses voisins. A 16 ans, il pose la question à son grand-père qui lui  apprit que les habitants de ces ruines  étaient de confession juive et qu’ils  ont plié bagage pour s’établir en  Israël.  Pourquoi sont-il partis alors qu’ils  y ont vécu plus de 2.000 ans?, se  demanda le jeune homme.

Une histoire commune
Pour répondre à cette question,  l’historien qu’il est devenu, entre  temps, entreprend de réaliser un  documentaire dédié à cette quête.  Il lui consacre 4 ans de sa vie pour  l’écrire et ficeler son financement.  Il commence d’abord par se rendre  sur les terres de ses ancêtres,  Tinghir, pour chercher ce qui reste du  passage de ces exilés. Il s’entretient  avec son grand père et recueille les  témoignages des vieux du village  qui racontent leur cohabitation  pacifique avec les juifs. C’est là qu’il  s’interroge sur les raisons qui ont  poussé cette population à partir  sous de nouveaux cieux et de tout  abandonner derrière elle. Tout sauf  son identité qui est restée gravée  dans sa peau et dans son ADN. Le  seul moyen de tout comprendre  était de partir sur les traces de  cette diaspora pour recueillir son  témoignage. En lui donnant la parole,  Kamal se renseigne également sur  ses racines et retrace les fragments  d’une identité composée. Celle d’une  population judéo berbère ayant  évolué au Maroc, terre d’Islam.

Les témoignages, rapportés dans son film,  sont ainsi si touchants et si attendrissants par  la sincérité et la nostalgie qui s’en dégagent.  Quand Hannah, émigrée à Yavné, aux traits  typiquement berbères, qu’on aurait prise  pour une Fadma ou une Rkiya, acclame haut  fort qu’elle est 100% berbère et marocaine,  on ne peut qu’avoir la chair de poule devant  un tel attachement aux racines.

Récits d’un exil
Au fil des déclarations, le spectateur se  retrouve alors face à des personnes qui lui  ressemblent et qui partagent tant de choses  avec lui. Pétris de culture marocaine, et  imprégnés de ses codes, ces Marocains  ont en commun, avec ceux de confession  musulmane, le même patrimoine et la  même histoire qu’ils tentent de transmettre  à leurs enfants pour qu’ils gardent toujours  en mémoire la terre de leurs ancêtres.  Une terre qu’ils ont quittée dans les années  50/60 pour s’installer en Israël fraîchement  constituée et la peupler. Une séparation qui a  été vécue comme un arrachement. Pleurs et  souffrances ont ponctué les départs massifs  de milliers de personnes de tous les âges  vers leur “terre promise”. Un départ motivé  par des raisons plutôt religieuses, comme le  précise dans le documentaire Youssef Chétrit,  historien originaire de Taroudant.

De Tinghir à Jerusalem, la mémoire des juifs  marocains est restée intacte. L’héritage  culturel et artistique marocain a bien été  relayé par les séniors aux jeunes à des milliers  de kilomètres de ses origines. Aujourd’hui,  la jeune génération veille au grain. De  jeunes artistes oeuvrent pour sauvegarder  l’héritage culturel judéo-marocain. Et c’est  sur cette relève que Kamal Hachkar met  toute la lumière pour réaliser son prochain  documentaire. Il les suit là où ils sont pour  transmettre leurs voix et communiquer leurs  messages.

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