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Programme de lutte contre l’obscurantisme dans les prisons

Mohamed Saleh Tamek, délégué général de l’administration pénitentiaire.

L’éducation au juste milieu

La lutte contre l’obscurantisme. Voilà un thème qu’on ressasse éternellement dans les enceintes éducatives et religieuses. Mais, depuis quelque temps, ce thème n’est plus porté seulement par les institutions officielles religieuses. Il est devenu aussi l’apanage d’autres établissements publics comme l’administration pénitentiaire, qui entend lutter contre le fondamentalisme dans les prisons.

Un phénomène, à vrai dire, qui n’est pas nouveau dans les centres de détention, mais qui s’est développé, ces dernières années, à une vitesse incroyable. Pour le délégué général de l’administration pénitentiaire, Mohamed Saleh Tamek, «la lutte contre le fondamentalisme, porté par nombre de détenus extrémistes, nécessite de recourir à la culture, à la science et aux valeurs sociétales universelles en tant que référence principale dans l’interprétation des textes religieux».

Il s’agit, en réalité, d’un programme national initié par l’administration pénitentiaire et dont le coup d’envoi a été donné avec l’organisation, le jeudi 21 septembre 2017, à Fès, d’une université d’automne au profit des pensionnaires des établissements pénitentiaires à la prison de Ras El Ma. Cette université a pour but de jeter la lumière sur les tiraillements autour de l’approche de la chose religieuse dans la société et sur tout ce qui s’y rapporte en termes de relations sociales et humaines basées sur la différence constructive, la coexistence et la compréhension mutuelle.

Prendre son destin en main
Cette université d’automne reflète une dynamique renouvelée et un nouveau genre de programmes adoptés par l’administration pénitentiaire. Ce nouveau genre est axé sur une pédagogie d’approche par compétences dans les programmes d’insertion, aussi bien culturels que d’enseignement. L’administration pénitentiaire s’associe, dans cette initiative, à plusieurs institutions publiques, dont la Rabita Mohammedia des Oulémas et la fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, dirigée par Azzedine Belmahi. Ce dernier assure que la fondation apporte attention et conseils spirituels aux personnes, en combattant les idées négatives qu’ils portent et en les encourageant à prendre leur destin en main, estimant que ces idées naissent souvent d’un sentiment de rejet.

Il a appelé, à cet effet, les hommes de religion à jouer leur rôle de diffusion des idées de lumières et du juste milieu, notant que l’institution religieuse influe positivement sur la promotion des valeurs de modération et de diversité, loin de toute politisation.

La conjugaison des efforts de toutes les parties prenantes permettra ainsi de mieux faire face au surpeuplement dans les centres pénitenciaires et former de bons citoyens contribuant au développement de leur pays.

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