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Les prix des carburants continuent leur hausse

Pompe à fric

Sur le marché mondial, le prix du pétrole est toujours en berne.
Au Maroc, les tarifs à la pompe sont constamment à la hausse.
Mystère de la distribution.

Où donc est passée la baraka que bénissait Abdelilah Benkirane dès les premiers mois de sa gouvernance? La chute du prix du pétrole, aussi vertigineuse que celle de la hausse, quelque temps auparavant, était une sorte de “cadeau de gracieux avènement”. Le prix du baril avait fait un bond en arrière de 120 à moins de 50 dollars. Un cataclysme multidimensionnel pour les pays producteurs; une aubaine pour les importateurs, comme nous autres. Ce renversement de la situation n’est pas venu du tréfond de la terre; mais des grandes places boursières qui fixent des valeurs marchandes dans une économie plus que jamais mondialisée.

Le choc pétrolier à la baisse n’a pas varié. Le tarif du baril oscille toujours entre 50 et 56 dollars le baril. Par contre, chez nous, le prix à la pompe accuse un cumul graduel de hausses successives. Un jeu qui consiste à afficher une baisse de quelques misérables centimes, suivi d’un rattrapage empressé de gros sous qui lorgne sur l’horizon d’un dirham comme unité de hausse d’un seul coup. Une règle comptable en trompe l’oeil qui ne trompe personne, à chaque quinzaine de mois. Valeur jeudi 21 septembre 2017, le litre du gasoil n’était plus très loin des dix dirhams (9.85 Dh); alors que son équivalent d’essence s’apprête à franchir la barre des 11 dh (10.22 dh).

Comme chacun sait, depuis la libéralisation du secteur des hydrocarbures, les sociétés de distribution ont le monopole de la fixation des prix, ont-elles été à la hauteur d’une responsabilité infiniment stratégique à tout point de vue? Voire; si ce n’est, comme d’habitude, le règne du productivisme et du meilleur rendement pour la meilleure marge bénéficiaire possible. D’une compagnie à l’autre et d’une station à l’autre, les tarifs varient de quelques centièmes; mais pour la facture de plus en plus salée, c’est toujours le consommateur qui casque.

Avant, on s’adressait à l’État pour le prix d’un produit qui empiétait sur le quotidien et le niveau de vie de tout un chacun. L’État a rendu les clés pour se débarrasser d’une compensation qui pesait lourd sur le budget.
Le consommateur s’est alors retrouvé face à un ensemble diffus de patrons-distributeurs qui n’ont de matérialité perceptible que le ticket d’une pompe à essence devenue pompe à fric.

Fièvre haussière
L’évaluation de cette situation nous est venue de l’institution “Global petrol prices” où les spécialistes savent de quoi ils parlent. Il en ressort que le prix du pétrole distribué au Maroc est le plus cher des pays du Moyen Orient et du Maghreb. Nous avons la mauvaise habitude de ne croire que les études et les déductions des sources étrangères, alors pourquoi pas celle-ci?

Il semble que même le parlement y a été attentif. Une commission parlementaire de 13 membres a été constituée pour se pencher sur les causes de cette fièvre haussière des prix du pétrole en décalage total par rapport à la réalité du marché mondial. La commission en question devrait examiner la gestion de ce dossier par le gouvernement. Une commission, dit-on, est le meilleur moyen d’enterrer un problème indésirable. Espérons que celle-ci échappe à cette règle non écrite. Foi de Lahcen Daoudi, ministre des Affaires générales et de la gouvernance.

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