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Présence remarquable du Royaume à la COP23

Le modèle marocain s’impose

Alors que le climat n’était pas à l’optimisme à Bonn pour la COP23, le Maroc, représenté par la princesse Lalla Hasna, est un des rares pays à faire l’unanimité des dirigeants mondiaux.

Cette année 2017 n’était décidément pas l’année du climat. Alors que la 22ème Conférence des parties de la convention- cadre des Nations sur les changements climatiques COP22, qu’avait organisée le Maroc dans la ville de Marrakech en novembre de l’année passée, pouvait laisser croire par son esprit particulièrement consensuel à un saut qualitatif en matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, c’est bien l’inverse vers lequel nous semblons bon an mal an nous acheminer.

Optimistes pourtant une année plus tôt, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) doutent désormais sérieusement du fait que les pays de la planète parviennent à leur objectif de limiter la hausse de la température terrestre à 2°C.

Les intérêts de l’Oncle Sam
La concentration de CO2 dans l’atmosphère a même largement dépassé 400 ppm (parties par million de molécules d’air) en 2016, s’alarmait fin octobre la deuxième citée. Soit du jamais-vu depuis… 3 à 5 millions d’années! Et comme si cela ne suffisait pas, les États-Unis, qui sont rien de moins que les premiers pollueurs de la planète (17% des gaz à effet de serre), avaient notifié début août dernier leur intention de se retirer de l’accord de Paris, qui justement a trait à la réduction des émissions de CO2. En effet, ledit accord irait, d’après la nouvelle administration américaine -entrée en fonction le 20 janvier dernier-, contre les intérêts de l’industrie du pays de l’Oncle Sam, en ce sens que toute action envers l’environnement conduirait à entraver le complexe industriel local (un argument que la Chine, deuxième plus gros pollueur juste derrière, pourrait également à l’avenir être tentée d’utiliser). C’est peu dire donc que l’ambiance n’était pas des plus joyeuses à l’ouverture, le 6 novembre dernier à Bonn (Allemagne), de la COP23 sous la présidence de Fidji. C’était même, derrière les sourires de circonstance, franchement morose. «Nous devons faire davantage,» déclarait, à cette occasion, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Le Maroc, qui donc avait organisé la précédente COP, était particulièrement sous les feux des projecteurs, surtout qu’en plus d’avoir continué à présider la conférence tout au long de l’exercice écoulé (jusqu’à sa transmission à Fidji, qui a présidé celle de Bonn), il fait figure désormais d’exemple en matière de climat. Avec le Bhoutan, l’Ethiopie et le Costa Rica, il est même un des seuls quatre pays du monde véritablement écolos à en croire l’analyse climatique Climate Action Tracker (CTA).

Efficacité énergétique
À cet égard, il s’apprête à baisser sa dépendance aux énergies fossiles, fortement dommageables pour l’environnement, à 48% seulement à l’horizon 2030, dont 58% dès 2020. L’Alliance de l’efficacité énergétique (ASE) ne s’y était sans doute, de ce point de vue, pas trompée en remettant en mai dernier son prestigieux prix annuel au roi Mohammed VI. «Le Maroc a été en mesure de mettre en place une stratégie globale ayant permis une amélioration significative de l’efficacité énergétique dans le Royaume, sur la voie de la concrétisation des objectifs spécifiés dans l’accord de Paris sur le climat», relevait, à cette occasion, l’organisme. Des propos repris presque mot à mot par les différents responsables mondiaux présents à la COP23. «Je remercie le Maroc qui a joué le rôle de chef de file de l’action climatique,» a notamment déclaré le président de l’Assemblée générale des Nations unies, Miroslav Lajcak. Le président français Emmanuel Macron, qui a donné un discours à l’occasion de la conférence, a, lui, particulièrement salué «l’engagement du Maroc».

«[Le Maroc] continue à oeuvrer sur le plan international en faveur du climat,» a-t-il affirmé. Son homologue nigérien, Issoufou Mahamadou, a pour sa part mis en exergue les efforts du Royaume en Afrique, qui s’était notamment traduit en marge de la COP22 par le sommet africain de l’action, organisé à l’initiative de Mohammed VI. La chancelière allemande, Angela Merkel, a, elle, mis l’accent sur le partenariat NDC que son pays préside avec le Maroc et qui vise à mettre en oeuvre les plans d’actions climat nationaux. Ce dernier jouera notamment un rôle clé en matière de mobilisation des ressources financières en faveur des pays en voie de développement pour réussir leur transition vers les énergies propres, et qui d’après les estimations des Nations unies s’évaluent à 100 milliards de dollars.

Au cours de la COP23, Mohammed VI a été représenté par la princesse Lalla Hasna. La soeur du Roi, qui était notamment accompagnée par le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, celui de l’Énergie, Aziz Rabbah, et la secrétaire d’État chargée du développement durable, Nezha El Ouafi, en a profité pour présenter son action à la tête de la Fondation Mohammed- VI pour la protection de l’environnement, dont elle est la présidente, et qui est à l’initiative de plusieurs expériences novatrices en matière d’éducation au changement climatique au Maroc.

Expériences novatrices
Ainsi, la fondation a mis en place, en partenariat avec le ministère de l’Education nationale, le programme éco-écoles, qui vise à permettre aux écoliers de 4 à 12 ans de travailler sur les questions liées au changement climatique et de comprendre ses impacts. Quelque 1.636 écoles sont, pour l’instant, concernées, en attendant que d’autres encore viennent également à l’avenir les rejoindre. Par ailleurs, la Fondation Mohammed-VI a, dans le cadre de son programme de compensation volontaire carbone, électrifié 412 écoles rurales et planté plus de 12.000 jeunes palmiers à Marrakech.

Priorités du Royaume
Un mémorandum d’entente a, au cours de la COP23, été signé par la fondation avec le secrétariat exécutif de la convention- cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Le texte prévoit notamment une coopération entre les deux parties pour la mise en oeuvre de l’article 6 de la CCNUCC relatif à l’éducation, la formation, la sensibilisation du public, l’accès du public à l’information et la coopération internationale. «Le mémorandum d’entente permettra à la fondation de continuer à perfectionner son système et d’acquérir un certain nombre d’outils en matière d’éducation relative à la lutte contre le changement climatique,» a déclaré son président délégué, Lahoucine Tijani.

Lalla Hasna a pour sa part indiqué, dans un discours qu’elle a prononcé à la session de haut niveau de la COP23 dédiée à la journée de l’éducation, que les questions environnementales en général et celle du climat en particulier figuraient parmi les priorités de l’engagement et de l’action du Royaume au sein du cadre multilatéral. Elle a à cet égard rappelé l’inscription en 2011 dans la Constitution du droit à un environnement sain et au développement durable, suivie de l’adoption, en août de l’année d’après, de la charte nationale de l’environnement et du développement durable. La suite, si d’autres pays se décidaient à emboîter le pas au Maroc, serait sans doute bien plus heureuse…

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