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Près de six mille entreprises ont déclaré faillite en 2015

La-Samir

On n’en finit pas de parler de  la Samir, actuellement en  phase qui précède l’étape de  la liquidation judiciaire. Le  raffineur et ses filiales dans les  domaines de la logistique, la distribution,  l’ingénierie, la formation et les GPL (ACAFE,  SDCC, TSPP, AfricBitumes, SalamGaz, Somas  et PSI Engeneering SA) ne coulent pas seuls.  Ils traînent, avec un effet dominos, une  série de petites et moyennes entreprises  vers la faillite. En cessant de payer leurs  fournisseurs, nombre de sociétés ont déposé  le bilan en 2015 et d’autres ont eu recours au  tribunal de commerce pour une procédure de  redressement judiciaire en vue de trouver une  solution de paiement des fournisseurs, sans  laquelle elles iront droit vers la faillite.

Le cas la Samir est très édifiant, dans ce sens où  les grandes entreprises contribuent directement  et indirectement à la défaillance d’entreprises  plus petites, en étalant sur plusieurs mois,  voire plus d’un an, les paiements qu’elles  leur doivent. Le cas la Samir est encore une  fois édifiant pour parler d’un laisser-aller de la  part des responsables dont les conséquences  économiques et sociales fâcheuses s’étalent  sur une longue période après la destruction de  l’empire protégé.

Le dernier recours
Pour parler enfin d’une situation plus  qu’alarmante qui prend de l’ampleur, jour  après jour, au fil des mois et des années: la  faillite des entreprises.
En 2015, 5.800 entreprises ont fermé boutique,  soit plus de 15,4% par rapport à 2014, et  135% comparativement aux défaillances de  l’année 2009, selon les dernières statistiques  de Inforisk, filiale du Groupe Finaccess et  spécialiste du renseignement commercial sur  les sociétés marocaines. Si cela n’est pas assez inquiétant, il faut ajouter à cela 120.000 sociétés  en veilleuse. Les chefs d’entreprises défaillantes  ont préféré les mettre en veilleuse plutôt que de  déposer le bilan. Mais c’est une faillite masquée.  Ce n’est pas tout. Dans la même année 2015, 61  PME sont déclarées en redressement judiciaire.  Que veut dire cela? En redressement judiciaire,  les entrepreneurs s’accrochent au dernier  recours du tribunal de commerce avant de jeter  l’éponge.
Du tribunal, ils attendent des arrangements avec  les créanciers, pourvu qu’ils n’abandonnent  définitivement les commandes d’un navire au  bord du naufrage.

La loi de jungle
Parmi ces 61 entreprises en redressement  judiciaire, on peut citer quelques unes qui  renseignent sur l’état de santé des secteurs où  elles évoluent. Koutem Immobilier Rifo Briques  (Nador), Briqueterie Anas et Tuilerie de l’Atlas  (Khénifra), les Moulins de Meknès (Meknès),  Maroc Couscous (Marrakech), Hôtel Club Al  Moggar (Agadir), Smart Pro (Casablanca),  Société Nouvelle d’élevage et de détail (Salé)…  La crise touche à tous les secteurs sans exception,  mais certains beaucoup plus que d’autres.

Selon le classement de Inforisk des entreprises  défaillantes par secteur, il en ressort que le  commerce et la réparation automobile arrive  en tête des secteurs les plus touchés (1.979  entreprises défaillantes), l’immobilier les  services aux entreprises (1.177 entreprises) et  le BTP (1.002), les industries manufacturières  (441)… Et la cause? Une fois encore, les retards  de paiement accaparent la part du lion sur la  liste des causes de défaillance des entreprises.  Il semble que la loi entrée en vigueur il y a près  de deux ans, n’est pas faite pour être appliquée  sur le terrain. Parce que autant les entreprises  privées que publiques, les administrations  aussi, l’enfreignent et prolongent les délais de  paiement à plus de 270 jours, voire un an.

Il est donc temps que les choses changent. Une  loi est faite pour chasser l’anarchie, pas pour la  renforcer. Dans le monde de l’entreprise, qui ne  se différencie pas beaucoup de celui de la jungle,  le plus grand impose sa loi au plus petit.  Cette réalité, malheureuse, profite aux  entreprises étrangères qui s’installent au Maroc  et affaiblit davantage les PME marocaines et  érode leur compétitivité. Donc avant de parler de  concurrence déloyale des entreprises étrangères  et des importateurs, il faudra d’abord assainir les  pratiques transactionnelles en interne.

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