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Premier périple dans la région de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara

Horst Köhler à la manœuvre

Installé officiellement le 8 septembre 2017, Horst Köhler a effectué, depuis le 15 octobre, une visite au Maroc puis dans la région pour relancer le processus de négociations dans un esprit nouveau.

Arrivé dans le Royaume dimanche 15 octobre 2017 au soir, le nouvel envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Horst Köhler, a été reçu en audience mardi 17 octobre par S.M. le Roi, au palais royal de Rabat. Auparavant, il avait eu un entretien avec le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani. Cette première tournée se distingue par sa discrétion –pas de déclarations à la presse ni de réactions,… Elle se présente comme une prise de contact du nouvel émissaire onusien avec les autorités marocaines pour prendre langue avec elles et arrêter avec elles les pistes de cadrage et la procédure devant permettre de relancer un cinquième cycle de négociations.

En l’état, comment se présente cette première tournée du nouveau médiateur de l’ONU? Les lignes ont-elles bougé depuis la fin avril dernier, avec la résolution 2351 du Conseil de sécurité? Ce que l’on peut observer, pour commencer, c’est que l’état d’esprit qui prévaut désormais du côté des Nations Unies tranche quelque peu avec celui entretenu durant des années par l’ancien Secrétaire général Ban Ki-moon et son envoyé personnel Christopher Ross. Tous deux, en effet, s’étaient distingués par une partialité qui avait conduit le Maroc à réagir et à les recadrer pour qu’ils respectent leurs mandats respectifs dans le dossier du Sahara marocain. Des paramètres de négociation avaient été définis avec précision par le Conseil de sécurité dès 2007 et il importait de s’y tenir.

Aujourd’hui, précisément, la résolution 2351, adoptée le 28 avril 2017 par le Conseil de sécurité, est bien le texte de référence. Qu’y trouve-t-on ? Que le mandat de la Minurso est prorogé pour une année et ce dans le cadre strict de ses activités actuelles telles que définies en septembre 1991 –il n’est pas question de l’extension du mandat de cette Mission au suivi des droits de l’Homme, comme le réclamaient en vain les séparatistes et leurs soutiens, l’Algérie à leur tête. Le processus politique accorde une place prééminente à l’Initiative marocaine d’autonomie, déposée le 11 avril 2007 devant le Conseil de sécurité, un projet dont le Conseil se félicite encore une fois et qui traduit les efforts “sérieux et crédibles” du Maroc. Depuis plus de dix ans aujourd’hui, c’est toujours cette proposition qui est sur la table. En face, il n’y a pratiquement rien de concret et de constructif sinon l’invocation d’un slogan réclamant un référendum qualifié depuis des années d’“irréaliste” et de caduc. Il y a plus encore. Ainsi, la résolution réitère la dimension régionale du différend artificiel créé autour de la marocanité du Sahara. Dans cette même ligne, elle souligne et précise la responsabilité des pays voisins, et particulièrement de l’Algérie. Le Conseil de sécurité reprend à son compte l’appel du secrétaire général de l’ONU contenu dans son rapport pour souligner que “l’Algérie et la Mauritanie peuvent et doivent prêter un important concours à ce processus”. La responsabilité de l’Algérie est davantage mise en cause à propos du recensement des populations des camps de Tindouf. Pour la sixième année consécutive, le Conseil rappelle l’importance du recensement et insiste –un fait nouveau– pour que “des efforts soient déployés à cet effet”.

Le référendum “irréaliste”
La haute instance onusienne affirme encore qu’une solution politique au conflit du Sahara, de même qu’une coopération renforcée entre les États de l’UMA, contribuerait à la stabilité et à la sécurité dans la région du Sahara. A cet égard, le Maroc et plusieurs pays ont attiré l’attention de la communauté internationale sur les risques liés au terrorisme et aux trafics en tous genres générés par le mouvement séparatiste dans la zone de Tindouf ainsi que dans la zone tampon. Ce qui s’est passé à Guerguerat précisément dans cette bande de la zone tampon a jeté une lumière crue sur les agissements du Polisario, qui a voulu entraver le trafic et le commerce et qui, au surplus, introduit des éléments armés en violation des accords de cessez-le-feu de 1991. Il a fallu la ferme détermination du Maroc pour mettre fin à cette situation. Horst Köhler entreprend un périple régional pour relancer les négociations. Sur quelles bases? Sans conditions préalables et de bonne foi, comme le précise la résolution 2351.

Pour arriver à quoi? À une “solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable”. Cela implique, pour poursuivre le processus de préparation d’un cinquième cycle de négociations, “réalisme et esprit de compromis”. Très rapidement, sa religion sera faite, il appréciera les positions respectives: qui bloque? Au service d’une cause perdue et illégitime, ni le Polisario ni Alger ne surmonteront leur rigidité et les slogans d’une époque révolue. En tout état de cause, le nouvel émissaire onusien a eu tout le loisir pour faire le point sur le dossier du Sahara en consultant tous les documents pertinents à ce sujet (résolutions du Conseil de sécurité, rapports du Secrétaire général de l’ONU et de son envoyé personnel Christopher Ross, correspondances…).

Sur place, il aura une séance de travail avec Kim Bolduc, représentante spéciale et chef de la Minurso. Une rencontre bien utile pour appréhender les multiples données qui ont entravé le travail de cette mission, notamment lors des évènements créés par les séparatistes à Guerguerat.

La position du Maroc confortée
Précisément, sur ce point particulier, le Maroc a tenu à inviter les Nations Unies à assumer leurs responsabilités pour mettre fin aux provocations du Polisario. Une attitude qui a porté ses fruits, le Maroc ayant fait la preuve de sa fermeté mais aussi de son respect des résolutions onusiennes.

De plus, le Maroc a vu, au cours de l’année écoulée, sa position diplomatique sensiblement confortée par des faits significatifs: le retour à l’UA, le bien-fondé des accords agricoles et de pêche avec l’UE consacré de nouveau par les juridictions communautaires, sa politique migratoire en faveur des Subsahariens, enfin sa contribution particulière et efficiente dans la lutte antiterroriste. Une valeur ajoutée nourrie par tous ces facteurs. En face, que trouve-t-on? Un mouvement séparatiste en déshérence accusant un fort repli à l’international et son allié, l’Algérie, enfoncée dans une crise de régime et qui n’est plus audible sur la scène internationale, que ce soit au Maghreb, en Afrique, au Moyen-Orient ou ailleurs…

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