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Quand le pouvoir monte à la tête de certains

Wissam El Bouzdaini

Les agissements d’un ou des éléments de l’administration du Siam ne minent en rien l’ampleur, le prestige et la respectabilité du salon.

Certains, dans notre cher pays  qu’est le Maroc, devraient  peut-être savoir que le fait  d’être préposé à une tâche  de responsabilité quelle  qu’elle soit ne leur accorde pour autant  pas une quelconque prééminence, ni leur  permet de s’arroger le droit de considérer  le reste de la population comme étant  d’une signifiance nulle.

Je m’adresse plus précisément ici à certains  éléments de l’administration du Salon  international de l’agriculture au Maroc  (Siam), à qui je crois vivement utile de  rappeler cette vérité essentielle et fondamentale  pour le besoin de notre vivre-ensemble.  Je commence d’abord par relater  le détail des faits qui me sont advenus au  troisième jour du salon, le 20 avril 2017,  avant d’en revenir à ce point.

Il se trouve que notre journal, Maroc Hebdo,  est partenaire, au même titre que de  nombreux médias nationaux, de certaines  institutions prenant part au Siam, à qui  nous remettons chaque année, pendant  la tenue du salon, des exemplaires du  numéro spécial que nous consacrons  à l’événement. Sans les citer, ces institutions  étaient, cette année 2017, au  nombre de dix. Mon confrère et rédacteur  en chef-adjoint de Maroc Hebdo, Aissa  Amourag, et moi-même nous sommes,  quand il nous est arrivé de couvrir le salon,  attelés à la tâche, sans pour cela rencontrer  la moindre difficulté, avec même la  précieuse aide du personnel chargé des  relations avec les médias, au fait de cette  pratique généralisée de nombreux titres  de presse écrite (je l’en remercie d’ailleurs,  au passage).

Ce 20 avril 2017, j’étais donc en train de  distribuer le numéro quand, arrivé au niveau  du pôle international, je fus «appréhendé  » -j’exagère ici à peine- par des éléments  de la société Alomra, engagée par  le comité d’organisation du Siam aux fins  de sécuriser le salon; lesquels éléments  saisirent les exemplaires que j’avais en  ma possession (l’administration les a gardés  en main) et m’interdirent de poursuivre  mon travail du fait que Maroc Hebdo ne  dispose pas de stand; ce que je ne savais  pas et que j’aurais accepté sans broncher  du moment qu’il s’agit d’un règlement, si  ce n’est la manière. En effet, j’ai eu droit  à un «Ramasse-moi ça» des plus rabaissants,  suivi carrément d’insultes à l’endroit  de la direction de Maroc Hebdo. Pis, je fus  conduit comme un vulgaire criminel à l’administration,  où la chargée de communication  du Siam, Dalal El Omari (dont je ne  sus le nom que bien plus tard), réitéra aux  éléments d’Alomra l’interdiction de distribuer  le journal dans le salon, sans me  regarder ni m’adresser la parole, comme  si j’étais invisible. Quand, en informant la  direction générale de Maroc Hebdo, je dis  que c’est «une certaine Dalal» qui m’avait  communiqué ladite décision, on prit cela  pour une insulte –ce qui était loin d’être le  cas; d’ailleurs je n’ai même pas réagi aux  menaces qui s’en suivirent– et on voulut  même m’enlever mon badge de journaliste.  J’ai bien sûr de suite quitté et le Siam  et la ville de Meknès, où se tenait le salon,  devant cette série d’humiliations que  de tout mon parcours professionnel je n’ai  jamais essuyées.

Par ce texte, chers lecteurs, je ne vous  apprends rien: au Maroc, nous vivons au  pays de la «hogra»; un terme tellement intraduisible  qu’il a été rendu tel quel dans  la langue française. Je fais bien sûr la part  des choses: les agissements d’un ou des  éléments de l’administration du Siam ne  minent en rien l’ampleur, le prestige et la  respectabilité du salon.  Ceci étant, il est bien regrettable de voir  associées à un tel événement des personnes  qui, en plus de ne pas lui rendre  service, se permettent d’user du minimum  de pouvoir qu’on leur a accordé pour donner  lieu à leurs pulsions méprisantes à  l’endroit de leur vis-à-vis. J’ose espérer  que mon message ne tombe pas dans  l’oreille d’un sourd.

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