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Pour en finir avec l’insécurité alimentaire

Seddik Mouaffak

Seddik Mouaffak

S’il y a un enseignement  à tirer du  message adressé, il  y a plus d’un mois,  par S.M. le Roi  Mohammed VI à l’Exposition  universelle “Expo Milan 2015”,  et dont lecture a été donnée,  le 23 mai 2015, par son Altesse  Royale Lalla Hasnaa, c’est que  si la guerre contre l’insécurité  alimentaire dans un monde toujours  plus peuplé est si difficile,  c’est qu’elle doit se mener sur  tous les fronts. Il faut à la fois  renforcer la coopération internationale  solidaire aussi bien  Nord-Sud que Sud-Sud, mettre  en place des politiques favorables  notamment aux petits  agriculteurs et opter, par ces  temps de changements climatiques,  des modèles productifs  écologiquement soutenables.  L’insécurité alimentaire touche  non seulement les petits paysans,  notamment dans les pays  en développement, mais aussi  les consommateurs urbains les  plus vulnérables.

S’attaquer à l’insécurité alimentaire  suppose alors qu’on puisse  s’intéresser non pas seulement  aux producteurs les plus compétitifs  qui ont pu bénéficier de  la libéralisation commerciale en  matière agricole, mais aussi et  en premier lieu, à ces paysans des pays en développement.  Leurs productions, faiblement  compétitives, sont concurrencées  par des importations de  pays qui subventionnent leur  agriculture ou qui bénéficient  de conditions plus avantageuses.

La libéralisation des  échanges, à l’oeuvre depuis le  milieu des années 1990, a en  effet privé les petits paysans du  Sud de débouchés et les a empêchés  de retirer de leurs activités  les ressources nécessaires pour  moderniser leurs exploitations.  Et même quand le rapport de  forces leur est plus favorable,  notamment pour cause de prix  mondiaux des produits alimentaires  importés plus élevés, ils  parviennent rarement à en tirer  parti. Faute d’accès au crédit,  à la terre et à des moyens de  production plus efficients que la  seule force de leur bras, il leur  est difficile d’accroître l’offre  locale afin de satisfaire les besoins  des ménages, notamment urbains, les plus vulnérables.  Côté modèles productifs, il  est plus que jamais admis que  l’agriculture productiviste est  non seulement socialement  mais écologiquement insoutenable.  Or, pour refondre ces  modèles agricoles, il faut opter  pour une autre alternative:  celle qu’on appelle l’agroécologie.  Une agriculture seule à  même de répondre aux besoins  présents et futurs de l’humanité  sans détruire la planète ni  appauvrir les paysans.

Face aux impasses agro-industrielles  actuelles, les systèmes  de production agroécologiques,  longtemps délaissés au nom du  progrès, sont des alternatives  crédibles. Les maître mots  de cette agroécologie sont  diversifier et complexifier. Il  s’agit, pour ne prendre que  deux exemples, tout d’abord,  de sélectionner une plus  grande diversité de races ou  de variétés, adaptées chacune  à leur écosystème d’accueil,  et de réassocier agriculture et  élevage. L’agroforesterie, autre  exemple, permet de combiner  diverses cultures sur les mêmes  parcelles avec des haies et  des arbres de plein champ qui  apportent de l’ombre et de la  matière organique pour fertiliser  les sols.

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