Dépêche
Accueil » Culture » Portrait de Bilal Marmid, critique cinéma

Portrait de Bilal Marmid, critique cinéma

L’homme à casquette

Bilal Marmid, né le 27 février 1980, est un critique de cinéma marocain natif de Séfrou. Le mordant dont il fait exercice à l’encontre de ses invités le distingue d’un béni-oui-oui .

À l’instar d’Obelix, Bilal Marmid est tombé dans la marmite tout petit tout frais. … Plutôt le natif de Séfrou que de la Gaulle, c’est au pied du Moyen Atlas qu’il s’est ferré de tout le cinéma qu’il trouvait. D’abord, pris d’une bonne charge de mémoire, il nous dit tout bon: «Je me rappelle des cassettes VHS qu’on louait et des amis…». L’on pouvait aisément deviner que c’est là que le diable de l’écran le prit. Le flux de mémoire de l’enfant de 10 ans est allé irriguer deux zones lointaines. Deux bonnes salles de cinéma aujourd’hui en ruine.

D’abord Les cerises et El maghrib el Arabi il y allait et des amis. «A l’époque, c’était les westerns», tonne-t-il. Il rajoute que le cinéma était souvent un lieu de récompense qui suivait naturellement une bonne note obtenue en cours. Le critique du cinéma marocain ne laisse pas de s’indigner sur la marche de cette enfance nouvelle, celle du temps présent, qui, souvent cloisonnée chez elle, ignore jusqu’au monde du dehors…une bonne vie qu’il lui souhaite, mais une mauvaise fortune qu’il lui excuse. L’insécurité du dehors et le protectionnisme à l’excès mais légitime des parents fait d’elle une enfance de l’intérieur.

Né du cinéma
L’homme à la casquette, cinéma en tête, bac en main, fait ses valises pour Rabat. C’est à l’ISIC (Institut Supérieur de l’Information et de la Communication) qu’il se forma au journalisme. Mais pour oser un Master en Analyse d’image, et ceci n’est pas du cinéma, il fallut avoir du cran…et du cran il en avait. «Mais, Bilal, que vaudrait un Master en Analyse d’image ici au Maroc?», lui signifient les siens sur un ton de reproche. Encouragé par son Prof, c’est en Belgique qu’il obtint ce même Master.

Revenu sur terre, au Maroc, cumulant en tête films et critiques, il sait quoi faire. Comme disent les nôtres de marocains subjugués par une chose dont ils veulent faire choix unique: «C’est de cette chose que je veux naître», effectivement, d’un engouement tel, on l’imaginait mal naître d’ailleurs… D’abord, il y eut le CBM (Chronique Bilal Marmid) sur Médi 1 radio. Une diffusion de 8 ans déjà, et qui vit toujours. Une chronique dédiée au film marocain, à l’acteur et ce qui suit.

4 ans après, il y eut le FBM (Face à Bilal Marmid). Un face-à-face avec un acteur, réalisateur, homme ou femme de théâtre… Notons que depuis deux ans, la diffusion se fait aussi à l’antenne. Qui ne connait pas le mordant de Marmid? A cela il répond sans attendre: «si c’est inviter quelqu’un pour le glorifier, je fais autre chose… une critique n’est pas du registre de la pub, le cinéma marocain a besoin de débats…» Pour ce qui est du Mordant de l’affaire, le cinéphile pense que les Marocains ont un nouvel oeil là-dessus, comme une maturité nouvelle qui appellerait à plus de raison, car c’est finalement l’oeuvre que l’on critique et non pas l’auteur.

Arrivé au moteur de l’affaire, le cinéma marocain, Marmid nous dit: «Vous avez les rêveurs détachés de tout, puis ceux qui reflètent le réel sans cinéma . Un bon cinéma est celui qui fait réfléchir», puis rajoute, comme rattrapé par le cinéaste danois Lars von Trier: «Un film doit être comme un caillou dans une chaussure»

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !