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Le Polisario de nouveau en échec sur la question des ressources naturelles du Sahara

Des verbiages qui ne passent plus

Dernier stratagème trouvé pour attaquer le Royaume, la rhétorique séparatiste relative aux ressources naturelles ne convainc pas grand monde.

Plus d’un an plus tard, le phosphate marocain saisi le 1er mai 2017 par l’Afrique du Sud a regagné le Maroc. Pour un dollar symbolique, l’armateur grec A.M. Nomikos, propriétaire du vaquier qui devait livrer le phosphate à la coopérative néo-zélandaise Ballance Agri-Nutrients, l’a racheté aux enchères organisées par le tribunal maritime civil de Port Elizabeth, qui avait ordonné la saisie au prétexte qu’il s’agissait d’une «marchandise volée» au Sahara marocain.

Le vaquier en question, répondant au nom du NM Cherry Blossom et battant pavillon marshallais, a quitté les eaux territoriales sud-africaines le mardi 8 mai 2018 selon ce qu’a révélé le jour même, dans un communiqué, le groupe OCP, propriétaire original du phosphate. C’est le deuxième du genre du mouvement en moins d’une année, après que la cour maritime du Panama, qui reconnaît pourtant la pseudo «République arabe sahraouie démocratique» (RASD) autoproclamée par le Polisario, ait refusé le 7 juin 2017 de statuer sur une demande similaire: le mouvement avait demandé la saisie d’une cargaison de 55.000 tonnes de phosphate que le vaquier Ultra Innovation, appartenant à l’armateur danois Ultrabulk et battant pavillon panaméen, transportait en direction du Canada en passant par le canal de Panama.

«Une cour nationale n’est pas la juridiction compétente pour se prononcer au sujet d’une affaire politique internationale,» avait rétorqué la justice panaméenne. Le Polisario persiste cependant et signe. Dans un communiqué, il annonce prévoir des procédures judiciaires civiles similaires dans d’autres pays, en plus d’avancer des mesures contre la pêche côtière. Son objectif, explique-t-il, est de démontrer que la règle du droit international est aussi solide, selon lui, que celle récemment appliquée en Europe, en référence au jugement du 27 février 2018 de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) ayant exclu le Sahara marocain de l’accord de pêche avec l’Union européenne (UE). Le droit international donne cependant le droit au Maroc d’exploiter les ressources de son Sahara, quand bien même la région fait encore l’objet d’un contentieux au niveau de l’Organisation des Nations unies (ONU), du moment que la population en profite.

Règle du droit
Saisi en novembre 2001 par le Conseil de sécurité, le juriste suédois Hans Corell avait expliqué dans un avis rendu le 29 janvier 2002 que «si les ressources de territoires non autonomes sont exploitées au bénéfice des peuples de ces territoires, en leur nom, ou en consultation avec leurs représentants, cette exploitation est considérée comme compatible avec les obligations qui incombent aux puissances administrantes en vertu de la Charte et conforme aux résolutions de l’Assemblée générale, ainsi qu’au principe de la «souveraineté permanente sur les ressources naturelles» qui y est consacré».

S’agissant du phosphate, le groupe OCP réinvestit la totalité des bénéfices qu’il réalise au Sahara marocain dans la région même, en plus d’en être le premier employeur privé. Sa filiale, Phosboucraâ, emploie près de 2.200 collaborateurs, dont 76% de locaux. Le jugement de la CJUE que cite le Polisario ne s’inscrit d’ailleurs pas en faux contre l’exploitation par le Maroc des ressources de son Sahara, mais considère que la région doit être explicitement citée en raison dudit contentieux dont elle fait l’objet.

Voulant imposer sa lecture des jugements de la CJUE, le Polisario a essuyé camouflet sur camouflet, puisque les services de douane des différents pays européens ont toujours refusé de saisir les produits halieutiques provenant du Sahara marocain, à l’instar de l’huile de poisson que transportait le chimiquier gibraltarien Key Bay vers le port de Fécamp, en France, en janvier 2017.

Au passage, responsables marocains et européens sont d’accord que le prochain accord de pêche fera mention des provinces méridionales et permettra ainsi de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale du Royaume. Rappelons que depuis la récupération des régions de Sakia El Hamra en novembre 1975 et de Oued Ed Dahab en août 1979, le Maroc a investi sept fois plus d’argent qu’il n’en a gagné en exploitant ses ressources sahariennes. En novembre 2015, il avait lancé un ambitieux modèle de développement au Sahara marocain auquel l’Etat apportera quelque 77 milliards de dirhams d’ici 2025. Depuis la mise en place de la MINURSO en avril 1991, le Conseil de sécurité a toujours refusé de reprendre la rhétorique du Polisario sur la prétendue exploitation illégale des ressources de la région par le Maroc.

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