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Plus d’innovation, moins d’emplois ?

Seddik Mouaffak

Seddik Mouaffak

Selon le classement publié tout  récemment par l’Organisation  mondiale de la propreté intellectuelle,  l’Université Cornell et l’Institut  européen d’administration des  affaires, le Maroc avance de huit places  dans le classement de l’indice mondial  de l’innovation: 78e sur 141 pays. Le  Royaume enregistre à ce titre un score  moyen de 33,19 points se classant avec  la Tunisie, premier en Afrique du Nord.  Un classement, certes, honorable, mais  qui est très loin des scores enregistrés  par les économies en pointe du progrès  technologique comme la Suisse,  les Pays-Bas, le Japon, les États-Unis, le  Royaume uni, la France, la Norvège, la  Chine ou même le Brésil. Des pays dont  les dépenses en Recherche & Développement  (R&D) représentent de 3,39%  du du PIB au Japon à 1,21% au Brésil.

Ces dépenses, qui servent à faciliter les  innovations dans tous les secteurs économiques  confondus, ont un impact  macroéconomique non négligeable en  termes de gains de productivité, de formation  et de croissance de nouvelles  industries et d’adoption de modèles  d’organisation novateurs favorisant de  nouvelles relations de travail. Plus globalement,  elles sont porteuses de progrès  économique et social.

Néanmoins, les innovations technologiques  émergentes, notamment  dans les nouvelles technologies de  l’information et de la communication  (TIC), sont souvent considérées par  certains analystes comme davantage  source de craintes que d’espoirs si l’on tient compte de leurs potentielles  conséquences négatives sur l’emploi.  Partant de l’hypothèse que l’humanité  est en train de vivre aujourd’hui une  troisième révolution industrielle sans  croissance. Hypothèse qui s’expliquerait  par la théorie de l’économiste autrichien  Joseph Schumpeter de la destruction  créatrice qui désigne un processus  continuellement à l’oeuvre dans les économies  modernes, selon lequel la disparition  de secteurs d’activité provoquée  par le progrès technique s’accompagne  de la création de nouvelles activités  économiques. Reste à savoir combien  cette période de transition va continuer  à correspondre à une phase de création  d’emplois qui tarde à remplacer celle de  la destruction?

Une destruction d’emplois qui touche,  notamment dans des pays en développement  comme le nôtre, les industries  fortes créatrices de main-d’oeuvre  comme le textile-habillement. Un secteur  dont la contribution au PIB a été  réduite de moitié durant ces dix dernières  années. Au moment où d’autres  secteurs comme l’automobile et l’aéronautique  ont doublé leur valeur ajoutée.  Soit autant de secteurs dont le contenu  technologique de leurs exportations  s’améliore de plus en plus, nous dit une  étude de la Commission des Nations  Unies pour le Commerce et le Développement  (CNUCED).

Est-ce à dire  que notre modèle de croissance, basé,  jusqu’ici, sur une agriculture créatrice  d’emplois mais dépendante des conditions  climatiques et d’une demande  intérieure grande consommatrice de  ressources financières, est en train de  changer à la suite de ce changement  dans la structure de nos exportations?  Une première dont il faut attendre la  suite.

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