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Plainte du Maroc contre Eric Laurent et Catherine Graciet

Catherine Graciet & Éric Laurent

Après la forme, place aux plaidoiries sur le fond

Tout porte à croire que les deux journalistes seront condamnés. L’affaire servira d’exemple pour tout le monde.

« C’est une très grande victoire, il n’y a désormais plus d’obstacle à la poursuite puis à la condamnation de ceux qui ont voulu faire chanter le roi du Maroc », a déclaré Patrice Spinosi, l’un des avocats du royaume après que la Cour de cassation française ait rendu son verdict validant les enregistrements à l’origine de la mise en examen de deux journalistes français, Eric Laurent et Catherine Graciet dans ce qui est désormais connu comme une tentative de chantage visant le Roi du Maroc.

D’abord un bref rappel des faits. Le 27 août 2015, les deux journalistes ont été interpellés à leur sortie d’un hôtel chic à Paris. Ils étaient en possession de 80000 euros en petites coupures. Ils venaient de conclure un accord avec l’avocat marocain Hicham Naciri, et en vertu duquel ils s’engageaient à ne rien publier sur le Maroc, notamment un livre qu’ils présentaient comme étant explosif et pouvant ternir l’image du Roi. En contrepartie, ils percevraient quelque trois millions d’euros. Or, les échanges qu’ils ont eus avec Me Naciri, émissaire du Maroc, ont tout simplement été enregistrés par ce dernier et à leur insu. Catherine Graciet avait relevé après l’éclatement de l’affaire qu’elle « avait douté de quelque chose lorsque Me Naciri avait déposé son téléphone portable sur la table. »

Me Naciri avait en effet avisé les autorités judiciaires françaises comme quoi SM le Roi faisait l’objet d’une opération d’extorsion des fonds et de chantage de la part des deux journalistes qui le menaçaient de publier leur soi-disant brulot. Ce n’est donc pas par hasard que des policiers étaient attendaient les deux journalistes à leur sortie après avoir conclu un accord avec Me Naciri, signant pour cela un engagement écrit à la main. Placés en garde à vue, ils ont été libérés et poursuivis pour des chefs d’accusation : chantage et extorsion de fonds… La défense du Maroc est depuis assurée par les avocats Patrice Spinosi et Dupont Moretti.

Or, depuis le début de la procédure judiciaire on est toujours dans ce que les avocats des deux journalistes appellent les vices de forme devant conduire à l’annulation du procès. Le principal vice sur lequel étaient fondés leurs espoirs étant la légalité ou non des deux enregistrements pouvant confondre les deux journalistes. En effet, les avocats de ces derniers avancent que l’émissaire marocain n’avait pas la qualité, encore moins une autorisation formelle du parquet parisien compétent pour procéder à un tel enregistrement. Autrement, ce qu’il a fait est considéré comme illégal.

La première audience a validé les enregistrements et la cour de cassation dans un premier jugement les a invalidés avant que le deuxième jugement ne tombe ce vendredi 10 novembre mettant fin à plus d’un an de procédure sur les vices de forme. Reste maintenant à attendre les plaidoiries sur le fond. La défense du Maroc est convaincue de bien fondé de la plainte et de la démarche, que peut ressortir maintenant les avocats des mis en cause ? Éric Moutet, l’avocat de Catherine Graciet a même déclaré qu’il compte porter l’affaire devant les juridictions européennes.

Les pièces à conviction sont là, les milliers d’euros saisis au moment de leur interpellation, les enregistrements les confondant dans une large mesure, leurs avocats peuvent toujours dire que les propos ne sont pas vraiment clairs, leurs déclarations après l’éclatement de l’affaire, notamment M. Laurent qui avait dit être dans des difficultés financières ou Mme Graciet qui voulait financer sa petite ferme avec des chevaux…

Tout porte à croire que les deux journalistes seront condamnés. L’affaire servira d’exemple pour tout le monde.

N.J

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