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Le PJD a-t-il islamisé la société ?

Élémentaire, mon cher Watson!

Driss Fahli

Driss Fahli

Y-a-t-il eu une islamisation  de la société et de  l’État? Le PJD a-t-il islamisé  la société? Etc. Autant  de questions crédules posées à la  suite de la manifestation montée à  Casablanca, dimanche 18 septembre  2016, contre Benkirane. C’est un  peu si comme on introduisait un loup  dans la bergerie et on se posait des  questions du style: Va-t-il manger les  brebis? La mission de base d’un parti  islamiste ou d’inspiration islamiste  est d’islamiser la société jusqu’à son  trognon.

Pour un tel parti, l’islamisation est  comme la soupe aux choux. Ça parfume,  ça fait du bien où qu’elle passe  dans les artères, ça tient l’esprit en  laisse pour marcher près de soi et  surtout ça bourre le ventre de l’urne.  Élémentaire, mon cher Watson, un  parti islamiste est là pour islamiser  la société. Que cela se fasse à doses  homéopathiques et opportunistes ou  à mesures éléphantesques et massives  la finalité est la même: Façonner  les cerveaux du populo et forger une  identité socioculturelle dégoulinante  de religiosité en mesure de phagocyter  l’identité nationale.

Le PJD, comme tout autre parti de  la même inspiration, a commencé à  islamiser la société en instillant des  petites choses, où l’impact médiatique  l’emporte sur la détermination  dévote, genre pas de publicité  pour les boissons alcoolisées ou  pour la loterie (nationale SVP) tout  en profitant de la manne rapportée par la Taxe Intérieur de Consommation  issue de la poche haram des  mécréants. Encore une singularité  islamo-nationale.

La portée de l’action islamiste au  Maroc est limitée par le Palais, qui  remet les pendules à l’heure, et  cernée par une mondialisation qui  exerce une influence pesante sur les  réformes à entreprendre qui doivent  réconcilier le global et le local, mais  aussi «le soi musulman» avec l’autre  qui ne l’est pas.

Malheureusement, le décalage d’aujourd’hui  est plus grave que celui  d’hier. Les moteurs de l’habitus de  la société actuelle ont manqué d’entretien  et provoquent maintenant des  grincements de dents. J’en veux pour  illustration l’histoire suivante:  Un ami fonctionnaire a eu l’idée de  créer un groupe What’s Up pour diffuser  les informations de son ministère  à ses relations professionnelles.  Les premiers posts étaient pertinents  et portaient des informations intéressantes.

Quelques jours après, les messages se sont défigurés au point  que l’initiateur du groupe a dû le  quitter. Il n’y en avait plus que pour la  religion et les vidéos débiles. Celui-là  envoie une pétition d’une campagne  ‘s’taghfirt Allah» (le repentir à Allah)  et sollicite les destinataires pour la  propager. Ils auront ainsi, dit-il, un  bon-point pour l’accès au paradis  éternel. L’autre formaté propose un  lien pour télécharger la dernière version  d’un coran expliqué et commenté  par les tenants du wahhabisme saoudien.

Un zigoto poste l’image d’un débile  buvant directement d’une théière,  un pain rond à la main et ce, sur fond  de deux moutons égorgés suspendus  au plafond de sa chambre. Un  nième propose d’entonner une prière  pour chasser le diable des maisons  des croyants. Et j’en passe… tout ce  monde de «moutons de Panurge»  réseaute des textes, des images et  des vidéos sur la religion tout en  étant complétement analphabète en  la matière.

Cette tournure de l’islamisation de  la société est des plus dangereuses.  C’est elle qui fait qu’un Marocain en  situation irrégulière, interpellé pour  apologie du terrorisme, se met à vociférer  «Je nique la France et la Belgique.  Vive Daech, je brûle les églises  (sic)» et ce, en pleine enceinte d’un  hôpital à Chesnay, près de Versailles.  Il est encore temps de changer d’algorithme

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