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Paul Pascon, un été dans le Haouz de Marrakech

Arrêts sur images

Trois décennies se sont écoulées depuis la mort de Paul Pascon. Son oeuvre reste toujours d’une extrême actualité.

Mort en 1985, Paul Pascon reste jusqu’à aujourd’hui, une icône de la sociologie marocaine. Voire un mythe. Ses livres, dont le plus célèbre, Le Haouz de Marrakech, publié en 1977, constituent pour les chercheurs un matériau essentiel pour comprendre la nature du monde rural marocain et surtout le mode agraire et les pistes de son développement.

Quarante ans après la publication de cet ouvrage fondateur d’une certaine conception de la sociologie marocaine, les éditions La Croisée des Chemins ont choisi d’éditer, en décembre 2017, un livre de 252 pages intitulé Paul Pascon, un été dans la Haouz de Marrakech. Un ouvrage assez intéressant et d’un genre comme on en fait rarement au Maroc puisqu’il s’agit d’un travail conçu et présenté par l’ethnologue Abdelmajid Arrif, sur la base des photographies prises par Paul Pascon en plus de dizaines de fiches, cartes, croquis et notes de la main de ce dernier. Le tout remontant aux années soixante du siècle dernier.

Dans un texte de présentation, M. Arrif écrit: «La présentation de ces photographies aux lecteurs révélera sûrement des horizons de réception divers. Leur requalification en objets mémoriels, en archives, en étayage photographique de temps révolus ou de sentiments de nostalgie les inscriront dans des usages patrimoniaux inédits. C’est toute la puissance de la photographie qui s’exprime dans le débordement renouvelé de son cadre et de son auteur. Orpheline de son cadre, la photographie ouvre un territoire sensible pour l’émotion –autre forme d’intelligence du réel-, l’échange, l’apparition, l’écriture … et non seulement pour l’indiciel.»

Près de 120 pages de cet ouvrage sont consacrées aux photographies, dont le thème est celui de la rencontre du jeune sociologue de l’époque Paul Pascon, avec les moissonneurs du Haouz. Images en noir et blanc mais d’une clarté de message saisissante. C’est tout le Maroc d’une certaine époque qui est ainsi revisité. Et immortalisé.

Clés de lecture
Le livre donne à lire également un extrait de «la photographie documentaire» de Paul Pascon, ses études sur la maind’oeuvre et l’emploi dans le secteur traditionnel, et les méthodes de calcul du sous-emploi apparent. Le livre vient souligner l’importance de la préservation et de la transmission des archives de la recherche scientifique dans des conditions maîtrisées, des archives qui représentent la part vivante de la recherche sur le terrain et qui invitent à de nouvelles appropriations faisant revivre ce patrimoine, souligne l’éditeur. Mohamed Tozy, professeur universitaire de sciences politiques, a contribué à la réalisation de ce livre. Son texte permet de donner certaines clés de lecture et de situer certains faits dans leur contexte sociopolitique. Il relève également que la double formation de biologiste et de sociologue de Paul Pascon «explique en partie sa singularité, son attachement à l’observation du détail, sa pratique du dessin et de la représentation graphique et surtout sa préférence pour l’action et l’expérimentation sur le terrain.»

Le terrain, c’est en fait le sujet de prédilection de M. Pascon. Il en a fait sa raison d’être de chercheur. D’ailleurs, sa mort au Sud du Maroc, victime d’un accident de la circulation, montre à quel point il privilégiait le travail de terrain quelles que soient les conditions topographiques et climatiques.

Editions La Croisée des Chemins,
prix : 75 Dh

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