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Parlons foot

Abdellatif Mansour

Abdellatif Mansour

Il y a eu comme un branlebas  de combat dans les  milieux du foot, au plus  haut des directoires de  décision. On a sonné le  ralliement de toutes les forces  vives du pays. L’honneur footballistique  de la nation est en  jeu. Les pages sportives de la  presse se sont mises à puiser  dans un lexique inquiétant, si  ce n’est totalement guerrier. En  somme, l’heure était grave.

C’était à se demander si on était  toujours dans cette pratique ludique  qu’est le foot et la communication  spécifique qui va avec.  Si nous étions en guerre sans le  savoir contre un pays que nous  devions affronter sur l’aire de  jeu? Serait-ce l’un des membres  de ce G8 qui régit le monde et  décide même du climat de la  planète? Renseignement pris,  c’est de Sao Tomé et Principe  qu’il était question et que nous  devions rencontrer le samedi  5 septembre 2015, en déplacement,  pour le compte de la 2ème  journée des éliminatoires du  groupe F de la CAN 2017.

Le respect de l’adversaire étant  de rigueur dans la morale sportive,  on n’est pas allé jusqu’à  verser dans le questionnement  stalinien genre “combien de  divisions?”. C’était tout de  même l’occasion de faire un peu  de géographie. Le pays hôte est  un archipel à hauteur du golfe  de Guinée, sur l’Atlantique, où  vivent près de 200.000 âmes sur  un territoire de 964 Km2.

Plus que la charte sportive,  l’expérience nous renseigne que  la valeur des équipes de foot, tout  comme dans le sport individuel,  ne se mesure pas en superficie  ou en nombre d’habitants. Pour  preuve, l’Uruguay, le Paraguay,  la Colombie, l’Equateur, entre  autres. En théorie, il en va de  même pour Sao Tomé et Principe  que Badou Zaki, notre sélectionneur  national, nous invite à ne  pas sous-estimer. «Nous sommes  déterminés à rapporter les trois  points de la victoire dans notre  escarcelle», nous a-t-il promis.  Étions-nous pour autant rassurés?  Pas vraiment.

On était  plutôt étonnés et passablement  inquiets par son propos, lors de  sa conférence de presse du lundi  31 août 2015 à Agadir. Le ton était alarmiste comme si nous  avions à résister à la machine  implacable de l’Allemagne  d’hier et d’aujourd’hui, ou la  samba envoûtante du Brésil  d’avant-hier. À l’évidence, ce  n’était ni l’un ni l’autre. Aux  dernières nouvelles, l’équipe  de Sao Tomé Principe avait  encaissé 7 buts contre 1, lors  de sa précédente prestation  face au Cap Vert. Autrement  dit, nous devrions d’ores et  déjà trembler à la perspective  de notre prochaine rencontre  avec cet autre modeste archipel.

En fait, s’il y avait à craindre,  c’était plutôt par rapport à  nos propres rangs. La technique  et le système de jeu  sont toujours perfectibles. Ce  qui nous manque le plus, c’est  l’esprit de la gagne, exprimé  par une envie visible dans le  jeu, par une agressivité de  bon aloi et sans merci. Par  ailleurs, il est bon de rappeler  que Sao Tomé et Principe,  pays indépendant depuis  1975, l’année de la Marche  Verte, appuie l’offre marocaine  d’autonomie élargie  pour le Sahara. Adversaire  respectable, il était, néanmoins,  à notre portée, en  termes de jeu, sans autre  forme de langage ou de posture  extra-sportive

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