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PAR OÙ LA RENTRÉE?

Abdellatif Mansour

Entre vacances et vacances, il y a vacance

IL N’Y A PAS MIEUX, NOUS SUSSURE-TON, QU’UNE VIE POLITIQUE À ELECTROCARDIOGRAMME DÉSESPÉRÉMENT PLAT.

Partout dans les pays de l’hémisphère nord, on ne parle en ce moment que de rentrées. Le pluriel est de rigueur, vu qu’il y a plusieurs rentrées, à tous les niveaux d’activité d’une communauté nationale. Nous faisons partie, quant à nous, de cette moitié géographique du globe. À cette différence près que nous avons du mal à rentrer, après une multitude de sorties, pas toutes déclarées et assumées en tant que telles. Manque de chance par rapport à un calendrier lunaire, la fin du ramadan où tout fonctionne à l’économie d’énergie, est tombée fin juin. Autrement dit, le prélude aux grandes vacances d’été. La tête gorgée de soleil est déjà dans un futur immédiat du côté d’un cheptel qu’on a déjà commencé à vacciner.

Aujourd’hui, nous sommes vers la fin de cette série d’appels successifs et irrésistibles à la villégiature. En principe, nous devrions être à plein régime dans ces rentrées multiples, pour rattraper un tant soit peu de temps de farniente. Une observation à l’oeil nu donne à croire qu’il n’en est rien. La seule manifestation visible de reprise de la vie active, ce sont les colonnes d’enfants scolarisés qui rejoignent leurs écoles sans trop de conviction. La relève juvénile n’a qu’une idée confuse de ce qui l’attend dès le lendemain. C’est également confus pour les parents, voire pour la classe politique en place.

Justement, c’est la rentrée politique qui est la plus attendue, en raison de son impact direct sur tous les secteurs d’activité sociale et économique. Sur ces deux fronts décisifs, tout se passe comme si, quelque part, on se serait passé le mot pour qu’il n’y ait pas d’attente d’une quelconque reprise. Une manière d’admettre qu’entre vacances et vacances, il y a vacance. On s’y est tellement habitué qu’un fonctionnement normal des institutions, même dans leurs configurations actuelles, ne nous réussit pas. Là où tout se mijote en dehors des sessions parlementaires de figuration maladroite, le choix est tout fait.

C’est celui d’un surplace qui ne fait pas de vagues. Il n’y a pas mieux, nous Sussure-t-on en sourdine, qu’une vie politique à electro-cardiogramme désespérément plat. Revendiquer autre chose, c’est exposer le pays à l’inconnu. Ceci pour dire, dès lors qu’on fait sien ce postulat, qu’il n’y a plus lieu de rechercher une problématique rentrée politique, ou une éventuelle reprise économique. Encore moins mettre les deux à un niveau de communication digne de la place publique. Ce serait, assure-t-on, ni plus ni moins que du populisme de basse échelle.

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