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Ould Abdel Aziz refait des siennes

Mohamed Ould Abdelaziz recevant le chef du Polisario Brahim Ghali.

Crise en vue entre Rabat et Nouakchott

Ce n’est pas demain la veille que Rabat et Nouakchott semblent prêtes à déposer les armes.

Décidément, les positions de la Mauritanie vis-à-vis du Maroc feront toujours figure de mystère! Alors que les deux pays semblaient s’acheminer vers une détente dans leurs relations, après plusieurs années de crispation où la voisine du Sud n’avait même plus eu, pendant plus de cinq ans, d’ambassadeur à Rabat -de septembre 2012 à décembre 2017-, les voilà qui pourraient se retrouver de nouveau en froid, avec les déclarations pour le moins à charge de responsables mauritaniens à l’encontre du Royaume.

Sur Twitter le 6 juin 2018, Sidi Mohamed Ould Maham, le président de l’Union pour la République (UPR), qui n’est autre que le parti du président Mohamed Ould Abdel Aziz, a accusé «certains frères» d’être méprisants envers son pays et de le boycotter «sans bonne raison ou sans raison déclarée du moins», alors qu’il devrait selon lui être considéré comme «une partie de la solution et non une partie du différend».

Le différend? Celui vraisemblablement du Sahara marocain, dans lequel la Mauritanie dit tenir une position de «neutralité positive» depuis qu’elle s’était retirée du sud de la région en août 1979, et le boycott qu’évoque le dirigeant mauritanien semble faire référence à l’absence de S.M. le Roi Mohammed VI du dernier sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA), tenu les 1er et 2 juillet 2018 à Nouakchott. M. Ould Maham exprime même le refus de son parti et aussi sans doute, par là même, de M. Ould Abdel Aziz que la présence de son pays sur la scène internationale et son existence en tant que pays pleinement souverain et indépendant ne soit pas respecté. Pourtant, ce discours avait été tenu par S.M le Roi Mohammed VI lui-même en décembre 2016, après la mini crise ayant fait suite aux déclarations du secrétaire général de l’époque du Parti de l’Istiqlal (PI), Hamid Chabat, qui avait qualifié la Mauritanie de «province marocaine».

“Frères méprisants”
Lors d’un appel téléphonique avec M. Ould Abdel Aziz, le Roi avait réitéré «son soutien et son amitié indéfectibles, ainsi que son attachement à la relation de bon voisinage et de solidarité entre les deux pays, fondée sur les liens séculaires et familiaux qui ont toujours existé entre les deux peuples,» selon les propos rapportés à l’époque par le Cabinet royal. Mais il semble que le président mauritanien tenait coûte que coûte à compter S.M. le Roi Mohammed VI parmi les convives de son sommet de l’UA.

En signe de «représailles», M. Ould Abdel Aziz a réservé un somptueux accueil, à la veille du sommet de l’UA le 30 juin, au secrétaire général du mouvement séparatiste du Front Polisario, Brahim Ghali, venu en tant que «président» de la pseudo «République arabe sahraouie démocratique» (RASD). Les drapeau de l’entité fantomatique ont, en grande pompe, été déployés dans les artères de Nouakchott. À noter que déjà, en juillet 2016, S.M. le Roi Mohammed VI ne s’était pas rendu au sommet de la Ligue des États arabes qui s’était tenu dans la capitale mauritanienne.

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