Dépêche
Accueil » Politique » Peut-on vraiment compter sur la Russie?

Peut-on vraiment compter sur la Russie?

Tenue à Moscou de la sixième session de la commission mixte maroco-russe

Malgré le partenariat stratégique approfondi que le Maroc avait mis en place début 2016 avec elle, la Russie semble toujours continuer de balancer du côté du voisin algérien s’agissant du conflit territorial du Sahara.

C’est le moins que l’on puisse dire, le partenariat stratégique approfondi que le Maroc et la Russie avaient mis en place début 2016 n’a pas vraiment été suivi d’effets. Ou du moins ceux-ci n’ont-ils pas été tels qu’on les escomptait. Côté marocain, on espérait sans doute un soutien plus franc dans le conflit du Sahara.

Revendiquée par l’organisation séparatiste du Front Polisario et dont la reconnaissance de la marocanité par la communauté internationale est pour les officiels nationaux “la première cause nationale”, la région est au centre des préoccupations de la diplomatie du Royaume, et c’est à l’aune des positions à son sujet que celui-ci décide de ses amis et de ses ennemis. Et à cet égard, on ne peut pas dire que l’attitude de la Russie ait été vraiment claire. Ainsi, s’il est vrai que l’héritière de l’Union soviétique tient “dûment compte” de la position du Maroc concernant le règlement du problème dixit le président Vladimir Poutine “himself”, force est de constater qu’elle continue néanmoins de balancer du côté du voisin algérien, principal soutien du Polisario et qui est son premier partenaire arabe et africain, du fait de ses achats réguliers d’armement russe.

Le Royaume, bien qu’il arrive directement deuxième, en est forcément affecté. Ainsi, au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), qui supervise le dossier du Sahara et dont elle est membre permanent, la Russie a plutôt été cinglante envers le Royaume. Son représentant permanent, Vladimir Safronkov, jugeait à cet égard début 2016, au moment de la prise de décision annuelle au sujet du prolongement de la mission de paix de la Minurso dans la région, que le Maroc ne faisait pas assez d’efforts. De même, en avril 2017, la Russie était avec l’Uruguay la plus ardente à couvrir le Polisario, qui occupait alors, en violation de l’accord de cessez-le-feu de 1991, la zone tampon de Guergarat, malgré la condamnation personnelle du secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

Nouvelles perspectives
Le Maroc ne peut cependant se passer de la Russie, sachant l’influence du pays sur la scène internationale et la qualité d’homme le plus puissant de la planète de M. Poutine à en croire l’hebdomadaire américain Time. Il semble même qu’elle continue de faire partie, aux côtés de la Chine et de l’Inde, des priorités diplomatiques du Royaume, qui tend de plus en plus à diversifier ses partenaires, après des décennies d’ancrage à l’Occident. Le voeu en avait du moins été formulé par le roi Mohammed VI dans le discours qu’il avait prononcé début 2016 au sommet Maroc- Pays du Golfe dans la capitale de l’Arabie saoudite, Riyad.

Présent le 13 juillet 2017 dans la capitale de la Russie, Moscou, à la 6ème session de la commission mixte maroco-russe de coopération économique, scientifique et technique, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a ainsi fait part de l’ambition marocaine de transformer et d’améliorer la forme du partenariat de début 2016. “Le Maroc peut constituer la porte d’entrée de la Russie vers l’Afrique et lui permettre de nouvelles perspectives pour aller ensemble vers d’autres régions”, a-t-il notamment déclaré. Moscou sera-t-elle sensible à l’offre du Royaume? En tout état de cause, son intérêt est certain. Le premier ministre russe, Dimitri Medvedev, devrait d’ailleurs se rendre en octobre 2017 au Maroc, à en croire M. Bourita. Il ne faudrait pour autant pas nécessairement y voir un acquis. Autrement, le Royaume pourrait vite déchanter.

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !