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Une nouvelle vision pour l’Afrique

S.M. Mohammed VI au 5ème Sommet Afrique-Europe à Abidjan

Avec la participation du Maroc au 5ème sommet UE-UA, à Abidjan, les 29 et 30 novembre 2017, c’est une nouvelle étape dans un processus d’optimisation des retrouvailles du Royaume dans la famille africaine. S.M. Mohammed VI est l’un des chefs d’État qui ont marqué, par leur présence, les travaux du Sommet. Il bénéficie d’un capital personnel, d’un bilan et d’une vision. Après sa réadmission à l’UA, à la fin janvier 2017, Rabat retrouve et promet une présence, une visibilité, une influence aussi dans le continent. L’appartenance africaine du Maroc a une longue histoire et à cet égard le Sahara a occupé une place centrale par suite des mouvements de migration humaine et d’échanges entre le Nord et le Sud –le commerce caravanier… L’espace politique, culturel et civilisationnel, centré sur le Maroc, s’est étendu jusqu’au fleuve Sénégal, au Niger et même au-delà. Depuis l’indépendance, le Maroc a été solidaire des mouvements de libération et il a constamment oeuvré pour la promotion d’une coopération étroite avec les pays africains.

Un rôle actif
Le nouveau règne de S.M. Mohammed VI a pris en charge ce capital et il l’a valorisé sur la base d’une nouvelle vision plaçant l’Afrique au coeur de la politique étrangère. Ainsi, le Maroc est membre de la Communauté des États Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) depuis 2001 et il y joue un rôle actif; trois réunions du Conseil exécutif de cette organisation se sont tenues à Rabat. Ainsi encore, le Royaume a pris l’initiative de la Conférence ministérielle des États africains riverains de l’Atlantique; celle-ci vise à renforcer la sécurité et le développement économique tout en se préoccupant de la promotion d’une identité atlantique africaine. Il faut ajouter l’intérêt particulier pour l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) avec laquelle ont été conclus des accords commerciaux et d’investissement préférentiel. Enfin, avec la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Maroc est devenu membre observateur en 2005 avant d’y adhérer officiellement en janvier 2017 et de participer au prochain sommet de Lomé.

Le cadre de coopération est large, il se distingue par une évolution qui témoigne de la forte impulsion qui lui est donnée. Quelque 700 accords ont été signés avec plus de 40 pays. Si le volet économique est important, il faut relever aussi des dimensions structurantes dans les relations économiques: aide au développement, dimension spirituelle, accueil de 17.000 étudiants africains, dont 8.000 boursiers.

Sur un autre plan, le Royaume contribue activement au renforcement de la paix et de la stabilité dans le continent; de même, c’est le seul pays qui a arrêté et mis en oeuvre une stratégie d’immigration fondée sur une approche humanitaire et les droits de l’Homme.

Capacités compétitives
Cela dit, quels sont les enjeux pour le Maroc en Afrique? La vision royale se fonde sur des leviers de renforcement des relations. Le premier d’entre eux est de réunir les conditions pour un développement durable. Comment? A travers le renforcement des capacités compétitives de l’offre exportable marocaine, la diversification à l’international des groupes marocains et le choix des modes d’insertion appropriés au tissu économique de l’Afrique. Le deuxième regarde la rénovation et le renforcement des instruments de promotion économique. De quelle manière? Par le développement des moyens directs de transport terrestre, maritime et aérien mais aussi par le rôle des missions économiques des ambassades avec des moyens conséquents.

Quant au troisième, il intéresse la promotion et la consolidation du Maroc en tant que hub régional dans les domaines de la finance, des transports et de la formation universitaire et professionnelle. Le souci qui doit primer dans ce chapitre a trait à l’édification de chaînes de valeur entre l’Europe et l’Afrique et ce en approfondissant la coopération triangulaire dans les secteurs socio-économiques à fort impact sur le développement et l’emploi. Il n’y a pas une Afrique mais des Afriques en vérité. D’où la nécessité d’une déclinaison particulière en direction de l’axe Afrique de l’Ouest et de l’axe Afrique australe et Afrique de l’Est. Dans le premier, l’intensification de la coopération sécuritaire s’impose à l’évidence. Il s’agit de contenir la prolifération et les dangers de la menace terroriste et criminelle en Afrique de l’Ouest. Une réponse commune est nécessaire.

Elle requiert le renforcement des capacités des pays vulnérables sur la base de mécanismes de financement appropriés dans le cadre de la coopération régionale et internationale; elle commande également un transfert de compétences pour l’amélioration de la gouvernance sécuritaire. Au-delà de la façade atlantique, il importe que cette coopération cible également des zones limitrophes constituant des foyers de tensions, notamment dans la région sahélo-saharienne.

Transfert de compétences
La coopération avec les pays d’Afrique de l’Ouest devrait s’élargir aux pays d’Afrique australe riverains de l’Atlantique. A ce titre, une nouvelle logique devrait imprimer et associer la dynamique des investissements, le développement des échanges commerciaux ainsi que le renforcement des capacités de développement des partenaires africains.

Une priorité devrait ainsi être donnée à des domaines structurants tels la sécurité alimentaire, les énergies renouvelables et les infrastructures portuaires. A cette dimension interétatique, il convient de promouvoir la contribution des acteurs non gouvernementaux et ce pour créer des relais de coopération durable dans la partie sud de l’Atlantique: réseau de chambres de commerce et d’industrie, plateforme d’ONG, échanges humains et culturels.

La question nationale
Quant à l’axe Afrique australe et Afrique de l’Est, cet espace est devenu tout aussi prioritaire, comme l’attestent les multiples visites de S.M. le Roi (Éthiopie, Tanzanie, Madagascar, …). Les exigences de la défense de la question nationale pèsent de tout leur poids à cet égard mais aussi le besoin de mobiliser le potentiel de coopération avec les pays de cette région. Une nouvelle approche de coopération a été ainsi définie, adaptée aux spécificités de cet espace. Elle cible des partenaires devant constituer des clés d’entrée et elle élargit ainsi le champ des intérêts économiques entre les opérateurs marocains et africains dans un cadre multilatéral.

Au total, le Maroc de 2017 bénéficie de grands atouts dans sa politique africaine. Son projet de société et ses réformes fondées sur la démocratie, le pluralisme, la justice sociale et la solidarité en font un modèle, sa vision de la coopération Sud-Sud est novatrice, attractive et mobilisatrice: un capital–ressources servi et valorisé par le leadership moral et politique du Souverain.

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