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Nouvelle tournée royale en Afrique

La visite de la confiance

S.M. Mohammed VI et Le président sénégalais Macky Sall . Dakar, le 15 mars 2013. - © Ph : AFP

S.M. Mohammed VI et Le président sénégalais Macky Sall . Dakar, le 15 mars 2013. – © Ph : AFP

[quote font= »1″]COOPÉRATION. La tournée du roi Mohammed VI en Afrique,  prévue ce mois d’avril 2015, devrait mettre l’accent sur les  relations économiques avec le continent. L’agriculture, l’industrie,  la science, la technologie et les infrastructures font partie des  principaux secteurs où le Maroc pourrait répondre à la demande  des pays africains en investissements et en savoir-faire.[/quote]

C’en est presque  devenu un rituel.  Un exercice auquel  d’année en année  le roi Mohammed  VI ne manque plus de consentir.  Comme en 2013 et début 2014, le  Souverain devrait effectuer une  tournée sur le continent africain. La  presse nationale et internationale  l’annonce depuis plusieurs  semaines. L’information n’a cela  dit pas (encore) été confirmée par  le Cabinet royal. Mais la tournée est  prévue, dit-on, pour ce mois d’avril  2015.
Quels pays devraient figurer à  l’agenda? Là encore les spéculations  vont bon train. Ici l’accent est mis  sur les inclinations économiques de  la tournée. En conséquence c’est en  Afrique francophone, principalement  dans l’ouest et le centre du  continent, là où le Maroc investit  le plus d’après les statistiques des  échanges extérieurs de l’Office des  changes (OC) et sphère avec laquelle  le Royaume entretient le plus de  relations commerciales que le Roi  devrait se rendre. Sont évoqués le  Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire et  le Gabon, où le ministre des Affaires  étrangères et de la Coopération,  Salaheddine Mezouar, et le ministre  de l’Economie et des Finances,  Mohamed Boussaïd, s’était rendus  en février-début mars 2015 pour soidisant  (déjà) préparer la tournée.

Caractère politique
Là l’on souligne le caractère  foncièrement politique de la  tournée. En priorité l’affirmation du  rôle de messager de la paix auquel  aspire le Maroc dans le continent,  principalement au Sahel et au Sahara (lire par ailleurs). Voilà donc  mis en évidence les principaux axes  de la tournée. La question se pose  néanmoins: dans quelle imbrication  vont s’insérer les ambitions du  Maroc en Afrique?
Cela va sans dire que le Maroc  n’a pas les moyens de la France,  l’ancienne puissance coloniale,  encore moins ceux de la Chine, la  puissance émergente du moment,  et ne peut donc s’évertuer à les  concurrencer au risque de s’y casser  les dents. Ses ambitions dans le  continent s’inscrivent plutôt dans  un schéma plus en accord avec sa  mesure.
D’une part à travers les accords de  libre-échange (ALE) qui lui ouvrent  les marchés de 55 pays selon nos  informations auprès de l’Agence  marocaine de développement des  investissements (AMDI), il aspire  à jouer un rôle de plateforme  d’investissements en Afrique. C’est  dans ce sens que le Maroc avait  mis en place en 2010 dans la ville  de Casablanca la “Casablanca  Finance City Authority” (CFCA),  anciennement “Morocco Financial  Board” (MFBoard).

Casablanca finance city
Un grand nombre d’entreprises  étrangères ont fait montre de leur  intérêt pour le statut Casablanca  Finance City (CFC), qui au titre  de la loi 44-10 offre un éventail  d’avantages en matière fiscale aux  investisseurs.
Mais il ne s’agit pas uniquement  de jouer un rôle de «hub». Les  entreprises marocaines investissent  également beaucoup dans le  continent. D’après un document,  datant de septembre 2014, de la  direction des études et des prévisions  financières (DEPF), relevant du  ministère de l’Economie et des  Finances, au sujet des “Relations  Maroc-Afrique”, les investissements  directs à l’étranger (IDE) marocains  en Afrique subsaharienne  notamment ont en moyenne atteint entre 2003 et 2013 plus de la moitié  des investissements marocains à  l’étranger. Ces chiffres s’expliquent  en partie par le relèvement en 2010  par l’OC du montant transférable au  titre des IDE sur le continent à 100  millions de dirhams (MDH).

Opérateurs privés
Si les entreprises publiques ont au  départ, surtout dans la foulée de  l’intronisation de Mohammed VI  en 1999, joué un rôle de locomotive  dans les investissements marocains  en Afrique notamment dans  les secteurs de l’agriculture, de  l’industrie, de la science, de la  technologie et des infrastructures,  les opérateurs privés ne sont plus en  reste et plusieurs dizaines d’hommes  d’affaires nationaux ont fait partie  de la délégation ayant accompagné  le Souverain lors de la tournée qu’il  avait effectuée début 2014 au Mali,  en Guinée, en Côte d’Ivoire et au  Gabon. Le monarque avait par ailleurs  exhorté dans son discours du Trône  de 2013 les opérateurs nationaux  à accompagner la demande des  pays africains en investissements et  en savoir-faire et avait plaidé dans  son discours dans la ville d’Abidjan  en Côte d’Ivoire lors de sa tournée  en 2014 pour que «l’Afrique fasse  confiance à l’Afrique».
Il n’en demeure pas moins que  souvent les échanges avec les  pays africains, principalement subsahariens, ne sont pas à la  hauteur. Déjà que sur les quatorze  pays où investissent les entreprises  marocaines en Afrique, douze sont  francophones.
La majeure partie des accords  commerciaux signés avec des  pays africains par le Maroc le sont  d’ailleurs avec des pays ayant pour  langue ou pour une des langues  officielles le français. Cela témoigne  de relations peu diversifiées sur le  plan commercial. Mais en plus les  deux-tiers du commerce extérieur  marocain en Afrique se font dans le  nord du continent, principalement  avec l’Algérie.

Efforts supplémentaires
Si les accords signés avec l’Union  économique et monétaire ouestafricaine  (UEMOA) voire les  négociations en cours avec la  Communauté économique et  monétaire de l’Afrique centrale  (CEMAC) devraient certainement  ouvrir de nouveaux marchés au  Maroc, des efforts supplémentaires  devront être fournis par les  opérateurs nationaux; les tournées  royales n’étant qu’un prétexte  pour s’intéresser au seul continent  qui sans doute peut à en croire  les sociétés d’investissement  européennes et américaines réaliser  une croissance du produit intérieur  brut (PIB) égale ou supérieure à  deux chiffres.

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